PSG – Nice : Mbappé dans la poche de Todibo, les ratés… Ce qu’on retient de ce triste match

FOOTBALL Le PSG et Nice se sont neutralisés au terme d'un match désespérément neutre malgré deux ou trois grosses occasions

William Pereira
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PSG - Nice : Soirée vendanges au Parc (0-0) — 20 Minutes

Au Parc des Princes,

Des feux d’artifice, des discours, une photo et Auteuil qui gronde. Mercredi soir, sur la pelouse du Parc, l’emballage était plus beau que le contenu. Car derrière les hommages en grande pompe à Gigio Donnarumma – meilleur gardien du monde – et Lionel Messi – Ballon d'Or pour la 7e fois – se cachait un PSG-Nice au mieux décevant, au pire indigne d’une affiche entre un leader et le 3e de Ligue 1 entraîné par un coach comme Christophe Galtier. De grosses occasions, certes, de beaux gardiens, oui, des blocs-équipes, mais aucun but et surtout trop peu d’intensité pour une rencontre de celles qui devraient servir de vitrine pour la Ligue des talents. Analysons donc ce qu’il y a à retenir sans le moindre enthousiasme.

Les Gardiens de la galaxie

Le match nul de mercredi est avant tout celui de Walter Benitez et Gigio Donnarumma. Les deux gardiens, peut-être un peu plus le premier que le second, ont dégoûté tour à tour les audacieux qui venaient s’attaquer à leurs buts. Du premier, on retiendra les deux arrêts en 30 secondes chrono devant Angel Di Maria (qui s’était présenté seul face à lui) et Nuno Mendes. Du second, on se souviendra de la sensation de puissance dégagée par ce bras venu contrer une tête pourtant déjà pas tendre d’Andy Delort. Pas trophée Lev Yachine pour rien, Gigio.

Les Niçois heureux du nul

Pince-sans-rire, Morgan Schneiderlin, accompagné de l’attaché de presse de l’OGC Nice, est passé sous le nez de tous les journalistes, feignant de refuser de s’arrêter, avant de faire volte-face. « On rigole ». Bonne ambiance au Gym, où l’on éprouve une certaine satisfaction à repartir de Paris avec un point quand bien même les trois auraient été jouables si Kasper Dolberg n’avait pas été victime d’un bug Fifa à trois mètres de la cage de Donnarumma en seconde période, comme quoi, rêver plus grand n’est pas donné à tout le monde. Idée plutôt bien résumée par tous les Niçois passés devant la presse.

Dante : « On sait qu’on est passé à côté d’un gros coup, mais malgré tout on sort d’ici la tête haute ».

Schneiderlin : « On peut avoir un ou deux regrets, mais Paris s’est aussi créé des occasions. On ne va pas faire la fine bouche. Prendre un point au Parc, c’est bien. On s’est créé des occasions, on aurait aimé les convertir pour avoir les trois points. Mais garder une clean sheet au Parc, c’est quelque chose de rare. C’est très bien pour nous. »

Delort : « Face à une équipe comme celle-là, on est contents de ramener un point chez nous. C’est sûr qu’on a eu deux occasions vraiment franches, on aurait pu repartir avec les trois points, mais on est déjà contents. »

Pochettino voit du mieux

Pour défendre (un peu) les Niçois en mettant de côté que ce PSG n’a jamais été aussi prenable en dépit de ses 90 points d’avance sur le 2e alors que décembre pointe à peine le bout de son nez, reconnaissons que ce Paris est presque le plus cohérent qui nous ait été donné de voir depuis une éternité. Comprendre que, sans être brillant, il avait un bloc et une idée directrice : balayer le terrain en largeur pour contourner le bloc et, quand ça ne marchait pas, essayer par l’axe. Bon, pas de bol, rien n’a marché malgré les 70 % de possession. Mais il fallait voir la gueule du bloc niçois et la manière dont celui-ci coulissait. A vous faire passer le ballet du Bolchoï pour du pipi de chat.

Du coup et au risque de se faire taper dessus pour manque d’ambition, Mauricio Pochettino s’est montré plutôt satisfait de la prestation de fond de ses hommes.

« Nous jouons comme nous le devons, avec les outils que nous avons en ce moment, a-t-il déclaré en conférence de presse. Je suis satisfait de l’évolution. On s’améliore petit à petit, nous sommes premiers en Ligue 1 et qualifiés en Ligue des champions, nous continuons à travailler pour être prêts. »

Todibo a mis Mbappé dans sa poche

Peut-il y avoir un perdant sans vainqueur ? Kylian Mbappé est une des réponses à la question. Son duel avec Jean-Clair Todibo s’est soldé par un échec total, si bien que l’attaquant s’est souvent retrouvé hors des circuits de passe préférentiels de Lionel Messi, qui s’est plus tourné vers Di Maria et Hakimi. Présent à l’impact, intelligent sur les duels et toujours vigilant, le défenseur central niçois a livré une performance de haut vol et confirme sa progression sous le commandement de Christophe Galtier. L’entraîneur niçois n’a évidemment pas manqué de saluer la performance en conférence de presse. « Il avait un des meilleurs joueurs du monde [sur lui]. Quand Kylian Mbappé reste muet, c’est que le défenseur dans sa zone a fait un gros match. » En espérant tout de même que Jean-Clair n’a pas oublié de sortir le Parisien de sa poche à la fin de la soirée.