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JO 2024 – Escrime : C’est quoi ces sauts de cabri de Sébastien Patrice, qui ont aidé les Bleus à gagner le bronze ?
Marseillais bondissant•Les sabreurs français ont remporté la médaille de bronze dans l’épreuve par équipe, ce mercredi, en disposant de l’IranAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- L’équipe de France de sabre a remporté une belle médaille de bronze, ce mercredi au Grand Palais, en battant l’Iran (45-25).
- Les Bleus ont été menés par un grand Sébastien Patrice, auteur de quelques coups d’éclat et de sauts de cabri qui ont enflammé la piste.
- Le public accompagnait chaque ruade du Marseillais par de grosses ovations.
Au Grand Palais,
Toutes nos excuses à Boladé Apithy, Maxime Pianfetti et Jean-Philippe Patrice. Oui, parler que d’un seul homme après une médaille obtenue en équipe, ce n’est pas mettre en avant le travail de ces trois « malades » qui ont enflammé, une nouvelle fois, la piste du Grand Palais, ce mercredi, lors de la petite finale du sabre par équipe face à l’Iran, et permis à la France de remporter le bronze.
Mais les trois gaillards ne nous en voudront pas (bon, si, un peu) de mettre l’accent sur Sébastien Patrice, le leadeur de cette équipe, qui a conclu en beauté le match d’un dunk sur Ali Pakdaman. Un dunk, en escrime, vous avez bien lu. Le Marseillais a réalisé un énorme saut, quasiment collé à son adversaire, et à la fin de l’envoi a mis la touche finale de la pointe de son sabre. « C’est un grand ami, je l’adore et c’est un super escrimeur, nous a expliqué Pakdaman avant de filer aux vestiaires. Et oui [ses sauts], c’est difficile à défendre. »
« Un saut de kangourou »
Car cette touche finale de Sébastien Patrice (à ne pas confondre avec l’entertainer des cabarets) illustre bien la folie du sabreur, dont les petits sauts de cabri – des « sauts de kangourou », selon Boladé Apithy, la « technique de l’oiseau », selon le chef de ce vénéré service des sports –, ont rythmé les assauts des Français. « Il n’y a pas de nom particulièrement, mais c’est quelque chose qu’on travaille, quelque chose qu’il fait assez naturellement », explique Vincent Anstett, coach de l’Egypte, que la France a battue en quarts de finale, et de Sébastien Patrice.
C’est bien beau, un saut comme ça, mais est-ce vraiment efficace, à la manière de la petite envolée de Jorginho lorsqu’il tire un penalty ? « Ça permet de gagner la distance, développe Anstett. Ça déstabilise aussi un petit peu l’autre, ça permet de l’emmener jusqu’au bout de la piste. » Car cette technique du guépard qui se jette sur sa proie ne peut pas être réalisée à n’importe quel moment. Sabre oblige, avec ses règles parfois incompréhensibles, Sébastien Patrice ne l’effectue que lorsqu’il a la priorité après une attaque non concluante de son adversaire.
Vue l’efficacité de la technique, certains tireurs s’y essaient également et on se croirait parfois dans une ferme où des petits chevreaux font leur vie bondissante. On a ainsi vu l’Iranien Mohammad Rahbari se lancer, lui et son corps pataud, dans une série de petits bonds pas vraiment gracieux, pas vraiment concluants. Il repassera. Comme les adversaires, qui n’arrivent pas à trouver la parade.
« Tant que c’est efficace »
« Sébastien a gagné la dernière coupe du monde de la saison, donc ils ont encore un peu de travail [pour contrer les sauts], je pense, les adversaires, note Vincent Anstett. C’est quelque chose qui sort bien, qui fonctionne, il est plutôt à l’aise avec ça. Il faut alterner, pour que ça ne soit pas toujours la même action et que ça perturbe un peu l’adversaire, mais tant que c’est efficace… »
C’est non seulement efficace sur la piste, mais également en tribunes. Le grand public du Grand Palais avait découvert cette petite facétie lors de la compétition individuelle. Il l’a complètement adoptée pour le par équipe. A tel point que les spectateurs accompagnent ce skill du Français avec un énorme brouhaha qui monte pendant quelques secondes avant d’exploser au moment de la touche.
« La vidéo [publiée sur X par Eurosport] a fait deux millions de vues, je suis tagué sur tous les trucs, je savais que ça n’allait pas passer inaperçu », en a rigolé l’intéressé en zone mixte, juste après avoir conquis cette belle médaille de bronze, qui va peut-être devoir faire breveter sa technique signature. Après, promis, on n’en parlera plus. C’est Boladé Apithy, Jean-Philippe Patrice et Maxime Pianfetti qui soufflent un coup.


















