Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
A Marseille, athlètes et organisateurs redoutent la présence d’Ofni

JO 2024 – Voile : « Si vous prenez un sac plastique… », la crainte des Ofni qui chambarderaient les épreuves à foils

VOILELes épreuves de voile des JO de Paris 2024 débutent ce dimanche à Marseille, une attention toute particulière est portée sur les objets flottants non identifiés que pourraient rencontrer les athlètes sur leur route
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • Les épreuves de voiles des Jeux olympiques de Paris 2024 débutent ce dimanche à la Marine de Marseille.
  • Parmi les inquiétudes des athlètes et des organisateurs, la présence d’objets flottants non identifiés que les concurrents pourraient heurter.
  • L’Organisation des JO de Paris 2024 est responsable de la sécurité et de l’équité, et veille à ce que ces Ofni ne perturbent pas les épreuves en partenariat avec la métropole d’Aix-Marseille et la préfecture maritime.

A la Marina olympique de Marseille,

La chance d’apercevoir l’Ovni en ville, ou le risque de croiser des objets flottants non identifiés (Ofni) en mer ? Les athlètes présents à la Marina olympique de Marseille pour les épreuves de voile des JO de Paris 2024, qui débutent ce dimanche, redoutent beaucoup de percuter des Ofni, que d’apercevoir la légende locale, le rappeur Jul. Et pour cause, heurter un Ofni sur l’un des quatre « ronds » réservés aux compétitions dans la rade de Marseille pourrait leur coûter cher.

Au point de voir Hélène Noesmoen, la participante française de l’IQ Foil, la planche à voile à foil, ne pas oser sortir son matériel JO lors des dernières semaines d’entraînement. Tout simplement par crainte de l’abîmer devant la quantité de déchets en mer. « Vendredi, il y avait pas mal de choses dans l’eau. Donc, ça veut dire qu’il faut aussi qu’on regarde ce qu’il y a devant nous, alors que ça va être tellement dense, avec la proximité des adversaires. On ne peut pas regarder partout. Malheureusement, si on prend un gros truc dans le foil, on tombe, sinon ça nous freine et ça peut rester toute une course », redoute-t-elle.

Risque de sécurité, et d’équité

« Une réalité », pour le directeur de l’équipe de France de voile, Philippe Moirac, d’autant plus présente avec la multiplication des foils. « On a cinq des dix médailles décernées sur des séries à foil. On a multiplié les vitesses par trois, quatre, des fois plus. Ils sont tous entre 50 cm et 1 mètre au-dessus de l’eau, s’il y a un obstacle au milieu, quel que soit l’obstacle, ça va poser problème », plante-t-il.

Cette menace est forcément prise très au sérieux par les organisateurs, à commencer par Cédric Dufoix, le directeur des sites Sud de Paris 2024. « Le risque de sécurité est bien sûr primordial, mais il y a aussi les risques d’équité. Si vous prenez un sac plastique et que ça vous ralentit, il y a une plainte, des jurys qui se réunissent, c’est un cauchemar pour les organisateurs », prévient-il.

La crainte d’un orage ou d’un épisode cévenol

Un « épisode cévenol important » est particulièrement redouté, à l’image de l’orage qui a frappé Marseille dimanche dernier et qui avait entraîné la fermeture de plusieurs plages du littoral marseillais le lendemain. La métropole, en charge de la propreté, « a beaucoup nettoyé les fleuves », prévient Cédric Dufoix, et notamment « l’Huveaune, le fleuve de la rade sud de Marseille ».

Selon nos informations, la métropole a mis en place deux types de systèmes pour remédier à ce risque d’Ofni : un premier dispositif pour lutter contre les macrodéchets, et un second pour les plus petits déchets. « Contre les macros déchets, ce sont des barrages flottants qui sont mis à la sortie de l’Huveaune. Et pour les autres déchets, plus de 5.000 capteurs sont installés dans les puits des avaloirs, qui ont été renforcés par un curage préventif. Un bassin de stockage de plus de 1.000 m3 a aussi été créé sous la Marina pour faciliter le traitement des eaux pluviales en cas de fortes pluies », détaille le vice-président de la Métropole Aix-Marseille, David Galtier.

Et comme la prévention n’endigue pas tous les risques, la Préfecture Maritime viendra en renfort des organisateurs et de la métropole, afin d’intervenir rapidement en cas d’Ofni repéré sur le plan d’eau. « On aura en permanence des moyens de dépollution pré-positionnés à Marseille. On a par exemple les moyens du Drassm [Département des recherches subaquatiques et sous-marines], qui aura son patrouilleur avec ses rovers, capables d’aller voir s’il y a des objets flottants. On aura aussi les moyens de la marine nationale avec des plongeurs démineurs, et des capacités de ramassage avec des bateaux spécifiques », liste le préfet maritime de Méditerranée, Gilles Boidevezi.

Bout de bois, plastiques, mais aussi algues

Des déchets naturels comme les bouts de bois charriés par les rivières, mais aussi « la crainte des déchets non naturels en cas d’orages » pour Hélène Noesmoen, qui espère aussi que les spectateurs seront « respectueux ». Elle a de toute façon prévu de demander à son entraîneur de faire un petit repérage d’éventuels obstacles avant les courses.

Fort heureusement, le directeur de l’équipe de France ne se souvient pas de compétition impactée par ces Ofni. Mais au-delà de la présence de bout de bois, ou de sacs plastiques, de simples algues pourraient également perturber la compétition. « L’algue ne va pas faire tomber l’athlète, mais elle peut clairement le ralentir et le déstabiliser. Mais tous développent des façons d’enlever les algues, en faisant des sauts par exemple. Ils sont vraiment capables de faire ce qu’ils veulent avec leur planche. S’ils aperçoivent un rondin, même tardivement, ils peuvent faire un crochet », rappelle Philippe Mouriac.

Ils devraient d’ailleurs avoir beaucoup plus de mal à éviter qu’un son de l’Ovni ne leur rentre dans la tête durant leur séjour à Marseille, que d’éviter une éventuelle bouée à son effigie malencontreusement égarée par un vacancier.