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Un avant-goût des Jeux paralympiques pour les jeunes de Seine-Saint-Denis

JO 2024 : « Le moteur, c'est l'athlète », un avant-goût des Jeux paralympiques pour les jeunes de Seine-Saint-Denis

Partez !A La Courneuve, enfants et ados ont découvert le para-athlétisme, le foot mal-marchant ou le basket-fauteuil avec des sportifs handicapés
Emilie Jehanno

Emilie Jehanno

L'essentiel

  • Para-athlétisme, foot mal-marchant, basket-fauteuil : le 7 août, le Parc des Jeux à La Courneuve a fait découvrir des parasports aux jeunes de Seine-Saint-Denis.
  • Une occasion de « parler du handicap autrement » pour Bacou Dambakaté, athlète malvoyant qui a animé une session de sa discipline, l’athlétisme.

«On your Marks. Get Set. Go. » En anglais, comme dans les vrais jeux, le départ est donné par l’athlète malvoyant, Bacou Dambakaté, qui anime cette session du 7 août. Sur la piste d’athlétisme du parc Georges-Valbon à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), une dizaine d’enfants et d’ados (très) enthousiastes s’élancent tous en même temps pour une course de relais en situation de handicap visuel.

Amusé, Bacou Dambakaté les arrête et répète les consignes : « Un binôme, l’athlète et son guide, doit partir chacun son tour, puis donner le relais. Le moteur, c’est l’athlète, s’il va vite, le guide va vite, s’il ralentit, le guide ralentit aussi. Ce n’est pas un chariot, c’est un être humain. »

Après ce faux départ, chacun se remet en file, les bandeaux sont réajustés sur les yeux pour ceux mis en situation de déficience visuelle, quand celui qui joue le guide tient bien son lien, un petit ruban élastique maintenant la main de l’athlète du jour à celle du guide.

« Faire la promo des Jeux paralympiques »

Avec curiosité, Feryel, 16 ans, et sa sœur, Selma, 14 ans se sont prêtées à l’expérience. « C’est dur de courir sans rien voir, ils sont forts », s’exclame Selma, qui retient aussi qu’il faut avoir confiance en son guide pour bien courir. « J’avais peur de me prendre quelque chose ou de ne pas aller dans le bon sens », avoue Feryel. Cette fan d’athlétisme, et des Américains Noah Lyles ou Sha’Carri Richardson, explique maintenant avoir envie de s’intéresser aux Jeux paralympiques, qui se déroulent du 28 août au 8 septembre, et de regarder les épreuves de para-athlétisme.

Objectif accompli donc pour Bacou Dambakaté qui « veut faire la promo des Jeux paralympiques, généralement moins mis en lumière » avec ces activités de découverte d’un handisport. Celui qui participé aux Jeux de Tokyo en 2021 en profite pour « parler du handicap autrement », de manière ludique.

Sensibiliser sur l’inclusion

Malvoyant depuis ses six ans, il voit dans ces ateliers un moyen de sensibiliser sur l’inclusion aussi : « Ça n’a pas été facile à l’école pour moi avec les autres enfants, dit-il, certainement parce qu’ils n’ont pas été sensibilisés. Ces ateliers peuvent, peut-être, donner une meilleure connaissance du handicap et faire qu’un enfant handicapé soit moins rejeté. »

Le para-athlétisme n’est pas la seule discipline mise en avant : les jeunes de Seine-Saint-Denis ont pu découvrir le foot mal-marchant ou le basket-fauteuil lors de cette journée dédiée aux sports paralympiques au Parc des Jeux. Pour les JO, une partie du parc de 410 hectares a été transformée et fait vivre gratuitement les épreuves, avec des dizaines d'animations. Environ 150.000 personnes ont fréquenté le lieu depuis son ouverture le 25 juillet, « c’est plus qu’espéré » se félicite le département.

A La Courneuve, des enfants ont pu découvrir le basket fauteuil le 7 août 2024.
A La Courneuve, des enfants ont pu découvrir le basket fauteuil le 7 août 2024. - E. Jehanno/20 Minutes

Sur le terrain de basket-fauteuil, des enfants entre 6 et 14 ans de plusieurs centres de loisirs de Seine-Saint-Denis s’affrontent en équipes de trois lors de petits matchs. Là, les gradins ne désemplissent pas et il faut attendre une dizaine de minutes avant de se lancer et d’apprendre de nouvelles règles, après un court échauffement. Le ballon de basket en main, le joueur en fauteuil n’a le droit qu’à deux tours de roue, avant de tirer ou de passer à un coéquipier.

« Je ne savais pas que ça existait »

Pour Feriel, 11 ans, ou Adem, 12 ans, qui viennent d’un centre de loisirs d’Epinay-sur-Seine, l’activité a aussi été une découverte ludique. « Je ne savais pas que ça existait le basket en fauteuil, explique Adem, qui regarde beaucoup les Jeux olympiques. Ça donne envie de voir comment ça se passe » pour les paralympiques.

Comme d’autres collectivités, le département de Seine-Saint-Denis offre 25.000 places à des enfants pour qu’ils puissent assister à des épreuves paralympiques à la rentrée. Si le Parc des Jeux referme ses portes le 11 août, il sera possible d’y retourner pour le week-end du 6 au 8 septembre. Avec d’autres parasports à découvrir.