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C’est quoi cet imbroglio autour de la diffusion du match Le Havre-Brest ?

Handball féminin : Amende, tracé unique… Mais c’est quoi cet imbroglio autour de la diffusion du match Le Havre-Brest ?

droits TVProgrammé le 1er octobre, la rencontre de Ligue féminine de handball entre Le Havre et Brest ne devait pas être diffusée… Mais le club breton va faire fi des règlements
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Le Brest Bretagne Handball (BBH) a proposé de diffuser via la chaîne régionale Tébéo son match contre Le Havre du 1er octobre, mais la Ligue féminine de handball (LFH) a refusé car la salle havraise ne dispose pas d’un « tracé unique ».
  • La LFH justifie cette exigence en expliquant que « l’instauration du tracé unique pour les terrains de D1F est au cœur du projet de professionnalisation et d’harmonisation du championnat, car elle garantit une image homogène et professionnelle des rencontres.
  • Malgré une amende de 5.000 euros prévue en cas de diffusion non autorisée, le BBH a décidé de maintenir la retransmission pour « la visibilité du handball féminin, pour attirer du monde, pour attirer des sponsors, pour attirer de l’argent, pour faire vivre tout l’écosystème ».

Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas parlé des droits TV. Alors que la Ligue 1 a enfin trouvé son rythme de croisière avec la création et le développement de sa propre chaîne, voilà que la Ligue féminine de handball (la Ligue Butagaz Energie pour les intimes), nous offre un petit hors d’œuvre qui se mange sans faim. La raison : la (non) retransmission du match entre Le Havre et le Brest Bretagne Handball (BBH), le 1er octobre, pour le compte de la quatrième journée du championnat.

Sur le papier, tout est très clair : beIN Sports diffuse la meilleure affiche de chaque journée, alors que HandballTV, la chaîne OTT commune pour tout le handball tricolore, diffuse les autres principaux matchs. La rencontre entre les Normandes, promues dans l’élite cette saison, et les Bretonnes, candidates au titre, n’entrant dans aucune des deux cases, le BBH s’est proposé, en assurant les coûts techniques et humains, d’assurer la retransmission de la rencontre via la chaîne régionale Tébéo.

Pas de tracé unique, pas de diffusion télé

Refus total de la Ligue féminine de handball (LFH), ce qui a poussé le club vice-champion de France la saison dernière a publié un communiqué mardi pour dénoncer cette décision. « On nous a dit que ce n’était pas possible, parce que la salle du Havre ne dispose pas d’un tracé unique, nous explique Nicolas Roué, directeur sportif du club breton, qui porte le dossier. Un tracé unique, c’est-à-dire avec uniquement les lignes de hand et pas d’autres sports. Et donc, ils ont décrété que s’il n’y avait pas de tracé unique, on ne pouvait pas diffuser le match. »

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Le dirigeant enrage d’autant plus que toutes les salles des clubs de l’élite doivent posséder un tracé unique… sauf les promus qui ont six mois pour se conformer à la règle. Si, au bout de cette période, le terrain n’est toujours pas aux normes, les clubs devront s’acquitter d’une amende de 2.000 euros par match. Mais, alors, pourquoi est que la présence d’un tracé unique est-elle indispensable pour la diffusion d’une rencontre ? Contactée, la LFH nous a répondu par un communiqué ce mercredi :

« L’instauration du tracé unique pour les terrains de D1F est au cœur du projet de professionnalisation et d’harmonisation du championnat, car elle garantit une image homogène et professionnelle des rencontres, condition indispensable pour développer la valeur médiatique et économique de la compétition. Cette règle [votée par les clubs] vise à préserver la crédibilité de nos diffusions auprès des diffuseurs et du public. »

Une amende pour diffuser le match

Pour garantir « cette qualité uniforme », cela revient donc à ne diffuser aucun match du HAC, qui a soutenu l’initiative brestoise sur les réseaux sociaux, lorsque les Normandes évolueront dans leur salle des Docks Océane jusqu’à ce que le terrain soit en règle. « Le terrain du Havre, on a vérifié, il y a juste un tracé de basket en plus, on voit très bien la différence entre les deux terrains, reprend Nicolas Roué. Je pense que c’est surtout pour avoir un truc plus propre à l’écran qu’ils refusent ces diffusions-là. »

La saison dernière, le BBH avait déjà diffusé une rencontre contre l’avis de la LFH. C’était contre Sambre Avesnois Handball, dont la salle ne disposait pas d’un tracé unique avec, en plus, des problèmes de LED. « Il n’y avait alors pas de sanction prévue au règlement pour ça, donc on a juste reçu un rappel à l’ordre comme quoi on ne devait pas le faire », développe le directeur sportif breton qui, cette année, devra s’acquitter d’une amende de 5.000 euros en cas de diffusion.

La visibilité du handball féminin en jeu ?

« On prend ce parti-là en pensant d’abord égoïstement à nous, à nos partenaires, à nos supporteurs, reprend Nicolas Roué. Il faut qu’il y ait ce lien, cette visibilité permanente entre l’équipe et tous les gens qui la suivent. Et puis, on est à fond pour la visibilité du handball féminin, pour attirer du monde, pour attirer des sponsors, pour attirer de l’argent, pour faire vivre tout l’écosystème. »

Quitte à se faire amender par la LFH, Brest diffusera avec ses propres moyens la rencontre face au Havre. Ce qui ne laisse pas de marbre Nodjialem Myaro, la présidente de la Ligue, citée dans le communiqué : « Ce débat ne se limite pas à une sanction ponctuelle : il touche directement l’image, la structuration et l’avenir du handball féminin professionnel français. »

L’ancienne internationale tricolore espère « trouver des solutions qui concilient nos objectifs communs ». On peut demander à Nicolas de Tavernost, le dirigeant de LFP Médias, de venir faire le conciliateur entre Brest et la LFH. Avec la réussite immédiate de Ligue 1 +, c’est la personne idéale à contacter en ce moment.