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Entre nous, ne faut-il pas arrêter de jouer nos finales à Pierre-Mauroy ?

JO 2024 – Handball : Après la déroute des Bleues, ne faut-il pas arrêter de jouer nos finales à Villeneuve-d’Ascq ?

mauvaise foi ? Quelle mauvaise foi ?Les Bleues du handball ont coulé en finale olympique ce dimanche contre la Norvège, au stade Pierre-Mauroy (21-29). Comme bien d’autres Tricolores avant elles
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • Patatras. Surclassées par les Norvégiennes, les Françaises du handball ont lourdement chuté ce samedi en finale du tournoi olympique (21-29) à Villeneuve-d’Ascq.
  • Comme les garçons, elles n’ont pas réussi à conserver leur titre remporté aux Jeux de Tokyo, malgré le formidable soutien de 27.000 supporteurs.
  • Décidément, les finales des Bleu(e) s au stade Pierre-Mauroy se suivent et se ressemblent.

A Villeneuve-d’Ascq, sur le tournage d’un énième remake d'« Illusions perdues »,

Les équipes de France de handball avaient marqué l’histoire lors des Jeux olympiques de Tokyo, en 2021. Toutes les deux avaient décroché le titre olympique dans une enceinte sans vie pour cause de restrictions sanitaires liées au Covid.

Trois ans plus tard, on allait donc voir ce qu’on allait voir. Les 27.000 personnes présentes à chaque rencontre de phase finale des Bleu(e) s au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq devaient conduire les bandes à Niko Karabatic et à Tamara Horacek vers le doublé que le peuple réclamait. « Emporté(e) s par la foule », comme le chantait Édith Piaf, dont la voix puissante a si souvent résonné pendant ces Jeux…

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Ben non, en fait. L’équipe de Guillaume Gille a trébuché dès les quarts de finale, mercredi contre l’Allemagne (34-35 a.p.), dans des conditions que l’on préfère ne pas rappeler. Et la formation d’Olivier Krumbholz, après un superbe tournoi, a explosé sur la dernière marche, torpillée par des Norvégiennes injouables ce samedi (21-29).

Encore une fois, comme depuis le début de la quinzaine, le handball ayant succédé au basket en seconde semaine des Jeux, le rôle moteur des tribunes bleu-blanc-rouge a été souligné en zone mixte. « 27.000 personnes sont là depuis trois matchs, il faut leur rendre hommage, a insisté la jeune Léna Grandveau. Elles nous ont poussées jusqu’au bout, et on a tout donné. »

La fête malgré la défaite

« L’attitude du public a été extraordinaire de bout en bout, s’est réjoui de son côté Olivier Krumbholz. Quand je suis revenu pour la cérémonie des médailles, personne n’était parti. Cela restera un souvenir inoubliable pour nous. » L’entraîneur aux 15 médailles olympiques, européennes et mondiales – qui n’a pas voulu officialiser son départ pourtant quasi-certain devant la presse – a été acclamé, après avoir été « poussé » sur le devant de la scène par sa capitaine Estelle Nze Minko.

Les médaillées d’argent, avec leurs collègues de podium, ont orchestré un clapping géant plein d’enthousiasme malgré la défaite, couverte par les « Allez les Bleues » d’une foule magnanime. Mais en attendant, ce sont les Norvégiennes qui sont reparties avec le pompon malgré le soutien de 99 % des fans présents ce samedi à leurs adversaires malheureuses.

Parce que Pierre, 45 ans et un maillot « Lacrabère 64 » sur le dos, a eu beau s’user les cordes vocales pendant 60 minutes, ce n’est pas lui qui pouvait arrêter la diabolique Henny Reistad et ses copines, même s’il a gardé une licence, au cas où, pour filer un coup de main à l’équipe réserve de son club béarnais.

Formidable outil (surtout lorsqu’on est habitué au Stadium de Toulouse bâti sous la IIIe République), l’habituel antre du Losc s’est toutefois systématiquement transformé en cimetière des illusions françaises dans les matchs qui comptent vraiment, depuis son inauguration en 2012.

Jugez plutôt :

  • Finale de la Coupe Davis 2014 : Gaël Monfils qui colle trois sets secs à Roger Federer (6-1, 6-4, 6-3) pour remettre la France à égalité après la défaite de Tsonga devant Wawrinka, c’est tout simplement inoubliable. Le problème, c’est que ce fabuleux succès n’a pas fait de petits. Triomphe helvète 3-1 avec le dernier point amené par un Rodgeur sans pitié pour Richard Gasquet au moment de conquérir son premier (et unique) saladier d’argent.
  • Phases finales du championnat d’Europe de basket masculin 2015 : plus de 200.000 personnes en une semaine dans la banlieue lilloise. Avec une apothéose attendue par tout un peuple : le « back-to-back » de l’équipe de Tony Parker, deux ans après son sacre en Slovénie. Mais la finale remportée par l’Espagne s’est jouée sans les Bleus, victimes de la plus grosse désillusion de leur histoire de la part des Espagnols (75-80) conduits par un Pau Gasol surnaturel (40 points), et bien revanchards après leur défaite au même stade en 2013.
  • Tour final de la Ligue des Nations 2018 de volley : vainqueurs de la Ligue mondiale l’année précédente, Earvin Ngapeth et ses potes gagnent leurs trois premiers matchs, dont une demie bien compliquée contre les Etats-Unis au tie-break avec le soutien d’un public incandescent. La finale ? Une piquette face à la Russie (0-3).
  • Finale de la Coupe Davis 2018 : France – Croatie ? 1-3. Malgré la victoire à l’arraché de la paire Herbert-Mahut, les Bleus mordent la poussière. Chardy contre Coric, Tsonga face à Cilic et Chardy devant le même Cilic prennent le même tarif : trois sets à zéro.
  • Finale du handball féminin aux Jeux olympiques 2024 : pas la peine d’en rajouter, non ?

Alors, on voit les plus connaisseurs d’entre nos lecteurs s’insurger : la France a quand même gagné la finale de la Coupe Davis 2017 à Villeneuve-d’Ascq. C’est vrai. Mais faut-il rappeler que Lucas Pouille puis Jo-Wilfried Tsonga ont chacun pris une valise contre David Goffin, le numéro 1 des voisins ? Et que les Bleus ne se sont imposés qu’en matant deux fois un Steve Darcis spectral en simples (dix jeux marqués en deux matchs) et en écartant en double, grâce au duo Gasquet-Herbert, la menace assez relative représentée par la paire Bemelmans – De Loore.

Allez, soyons honnêtes et redevons sérieux, après avoir tenté d’exorciser comme on le pouvait cet après-midi encore davantage refroidi par la Norvège que par la clim. On reviendra avec plaisir dans cette sublime enceinte de Pierre-Mauroy. Mais pour un concert, ou à la rigueur pour un Losc – TFC.