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« Une belle clim »… Ils ont pris des places pour les demies sans Bleus

JO 2024 – Handball : « Une belle clim »… Ces fans français ont pris leurs places pour les demies, mais pas les Bleus

Mauvaise piocheLes demi-finales masculines ce vendredi se déroulent sans l’équipe de France au stade Pierre-Mauroy
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • Deux jours après avoir éliminé la France en quart de finale de « ses » Jeux olympiques (35-34 a.p.), l’Allemagne a enchaîné ce vendredi contre l’Espagne (25-24) au stade Pierre-Mauroy. L’autre demi-finale oppose le Danemark à la Slovénie.
  • De nombreux sièges sont restés vides pour ce match sans les Bleus.
  • Des supporteurs français, persuadés que leur équipe intégrerait le dernier carré, avaient acheté des places. Ils oscillent entre résignation et philosophie.

A Villeneuve-d’Ascq,

Un quart d’heure avant le coup d’envoi d’Allemagne-Espagne, fixé ce vendredi à 16h30, il restait des places à tous les prix, de 70 à 280 euros, dans l’auguste stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq. Et effectivement, après les guichets fermés quasi-systématiques des jours précédents, l’enceinte nordiste de 27.000 places en configuration olympique était bien dégarnie (22.745 spectateurs recensés mais visuellement bien moins) au moment d’accueillir la première demi-finale olympique de handball masculin.

Le constat devrait être identique pour la seconde, à 21h30, entre le Danemark et la Slovénie. L’évidence s’étale sous nos yeux : de nombreux supporteurs français ont frénétiquement cliqué – sans forcément trouver preneur – sur le bouton « Revendre » de l’appli billetterie de Paris 2024 mercredi en fin d’après-midi, une fois les Bleus éjectés du tournoi par la Mannschaft (34-35 a.p.).

De la Corrèze au parvis du stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d'Ascq.
De la Corrèze au parvis du stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d'Ascq. - N. Stival / 20 Minutes

« Une belle clim », synthétise Philippe sur le parvis de l’enceinte habituelle du Losc, à Villeneuve-d’Ascq. « Oui, il n’y avait pas besoin de la mettre dans le stade », ajoute près de lui Ringo, rigolard. Avec Carine, Ella, Pierre et Patrice, ils forment un groupe amicalo-familial venu dans la banlieue lilloise s’infuser une semaine de hand, le sport qu’ils pratiquent ou ont pratiqué du côté d’Objat (Corrèze).

Quarts de finale, demies et finale du tournoi masculin au menu. Pas de bol. Alors que les filles viseront le doublé samedi contre la Norvège, ils n’auront eu droit qu’aux adieux prématurés de Nikola Karabatic, Vincent Gérard et Valentin Porte pour faire vibrer leur fibre patriotique. Ce qui ne les a pas empêchés d’enfiler leurs maillots de l’équipe de France ce vendredi, à l’image de nombreux autres spectateurs croisés aux abords du stade.

L’erreur de Mem fait débat

La passe interceptée de Dika Mem, dont on parlera encore lors des Jeux 2064 ? « On ne peut pas lui en vouloir, tranche Pierre. Si on ne l’a pas le reste du match… Ce dernier temps mort est chaotique, je pense qu’on a un sélectionneur [Guillaume Gille] qui devrait partir à la retraite. Il doit parler aux joueurs et ça a été un bordel sans nom pendant ce temps mort. C’est là où, selon moi, on perd le match. »

Croisé un peu plus tôt en compagnie de son jeune frère Benjamin, à la sortie de la station de métro 4 Cantons – Stade Pierre-Mauroy, Xabi n’est pas du tout du même avis. « C’était improbable, il suffisait de balancer une balle en cloche, regrette le trentenaire venu d’Urrugne, près de Saint-Jean-de-Luz, maillot bleu et ikurriña sur les épaules. J’entraîne une équipe de jeunes, cette situation m’est déjà arrivée. Dans ce cas, je pose un temps mort et la première chose que je dis aux gamins, c’est : "on ne perd pas le ballon, au pire, on le jette en l’air si on n’a pas de solution." A ce niveau, c’est une grosse, grosse erreur. »

Les frères basques Benjamin et Xabi, sur la route du stade.
Les frères basques Benjamin et Xabi, sur la route du stade. - N. Stival / 20 Minutes

Son frère avoue que des pensées pas très jolies, jolies lui ont traversé l’esprit lorsque Mem s’est troué. Après avoir assisté à l’étouffant France-Egypte (27-27) en poule à Paris, le duo basque a mis le cap au Nord pour voir les demi-finales hommes ainsi que les finales féminine (ouf…) et masculine.

« On espère que les filles vont répondre présent, mais on est déçus pour les garçons, que l’on espérait au moins en demi-finale », reprend Xabi. « On va voir les voisins », sourit (jaune) Benjamin avant cet Allemagne – Espagne. Après tout, dans les rangs des « Hispanos », on trouve les dénommés Imanol Garciandia et Kauldi Odriozola.

Des places pour la finale féminine achetées la veille

Pour les quinquas Isabelle et Alain, originaires de Loudéac (Côtes-d’Armor) où ils sont investis dans le club local, la pilule est un peu plus difficile à avaler, puisqu’ils n’ont pris des billets que pour les deux demi-finales du jour. Car pour le couple, comme pour leurs filles Chloé, Charline et Sophie (et des centaines de milliers d’autres personnes), la présence des champions olympiques en titre dans le dernier carré ne faisait aucun doute. Ils avaient même acheté des places pour les deux matchs de ce vendredi afin d’assurer le coup. On n’est jamais trop prudent…

« Juste avant le quart, on a senti que ça sentait mauvais, témoigne Isabelle. On est très déçus, forcément, mais on va aller voir de beaux matchs. » Chloé écoute dubitative les propos de sa mère. Le sourire reviendra quand l’une de ses sœurs annoncera en direct avoir trouvé sur l’appli officielle des tickets à vendre pour aller soutenir Estelle Nze Minko et ses collègues lors de la finale féminine, samedi.

Revenons à nos Corréziens qui, comme la plupart des Français n’ayant pas « boycotté » les demies du jour en l’absence des Bleus, ont le handball en cathéter. Philippe, en esthète de la petite balle qui pègue, relativise ainsi le désagrément de cette fête tronquée. « Quand la France joue, on est vachement dans l’émotion. Le stade est à 90 % français, c’est magnifique, mais en même temps, on ne profite pas du jeu de la même façon. On a davantage profité lors des autres matchs, notamment avec les Danois. »

Ou même avec les Allemands qui, après avoir bouté les hommes de Guillaume Gille hors du tournoi se sont qualifiés pour la finale à l’issue d’une nouvelle rencontre à suspense (25-24).