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Qui est Renars Uscins, le bourreau des Bleus au visage d’enfant ?

JO 2024 - Hand : « Nikola Karabatic m’a remercié »… Qui est Renars Uscins, bourreau des Bleus au visage d’enfant ?

Briseur de rêvesLe jeune arrière droit allemand, auteur de 14 buts ce mercredi, a livré une partition étincelante et fatale à l’équipe de France (35-34 a.p.)
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • Championne olympique en titre, l’équipe de France de handball a connu une énorme désillusion ce mercredi au stade Pierre-Mauroy, éliminée par l’Allemagne dès les quarts de finale (35-34 a. p.).
  • Le jeune Allemand Renars Uscins (22 ans) a marqué 14 buts, dont celui de l’incroyable égalisation à la fin du temps réglementaire, puis le but vainqueur.
  • Le Letton de naissance a tenu à venir saluer Nikola Karabatic à la fin du match. Il n’était pas encore né quand la légende du handball, désormais retraitée, a commencé à jouer chez les professionnels.

A Villeneuve-d’Ascq,

Comme symbole du temps qui passe, on a trouvé mieux que le sablier, trop convenu, ou la fleur fanée, un peu glauque. Ce mercredi dans les entrailles du stade Pierre-Mauroy, le symbole en question trimballait une mine réjouie sur sa bouille enfantine, qui lui faisait paraître encore moins que ses 22 ans. Renars Uscins est né dix mois après le premier match disputé par Nikola Karabatic chez les pros avec Montpellier, le 23 juin 2001 en demi-finale de Coupe de France contre Nîmes.

Ce mercredi à Villeneuve-d’Ascq, au terme d’un match renversant (35-34 a.p.), l’arrière droit allemand a expédié presque à lui tout seul la légende quadragénaire des Bleus à la retraite, en même temps que Vincent Gérard (37 ans) et Valentin Porte (33 ans), qui continuera tout de même à trottiner en club, au MHB. Tempus fugit, comme on ne dit pas à Hanovre où évolue le prodige, hormis dans les cours de latin du collège Lothar Matthäus.

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Révélation de ces Jeux olympiques, alors qu’il n’avait que peu joué en janvier lors de l’Euro organisé dans son pays, Uscins a planté 14 buts (sur 21 tirs) à un Gérard pourtant stratosphérique (24 arrêts). Et pas n’importe lesquels : les trois derniers de la Mannschaft dans le temps réglementaire, plus quatre des six marqués par son équipe en prolongations, dont l’ultime pour s’offrir un ticket en demi-finale, vendredi contre l’Espagne. Ebouriffant, tout simplement.

Le cauchemar de Mem

Son but favori ? Le tout dernier, assure le capitaine de l’équipe allemande championne du monde des moins de 21 ans, en 2023. Mais on a préféré bien sûr lui faire raconter cette improbable égalisation tout au bout du temps réglementaire, dont le souvenir hantera longtemps les nuits de Dika Mem et des Bleus.

« J’ai essayé de mettre la pression quand il [Mem] avait la balle, détaille celui qui avait planté 28 buts lors des cinq matchs de poule. J’ai regardé derrière moi, j’ai vu qu’on l’avait récupérée [grâce à Julian Koester], j’ai juste essayé de courir vers le but et de marquer. »

Cet accrochage entre Dika Mem et Renars Uscins vaudra aux deux joueurs deux minutes de frigo..
Cet accrochage entre Dika Mem et Renars Uscins vaudra aux deux joueurs deux minutes de frigo.. - Imago / SIPA

Dit comme cela, ça a l’air aussi simple que d’enfiler ses pantoufles au réveil. « Je savais que ce serait dur d’arracher le nul à ce moment-là, mais nous croyons en nous-même. Nous méritions ce nul parce que nous avons été combatifs, Parfois, il faut un peu de chance, nous l’avons eue. ».

Et les 27.000 spectateurs du chaudron nordiste alors ? Tous ces gosiers vociférant pour tenter en vain de déstabiliser Uscins, lorsqu’il a pris le relais sur pénalty d’un autre gamin, Marko Grgic (20 ans), dans la tête duquel Vincent Gérard avait loué une coquette studette ? « J’ai tenté de me concentrer sur moi-même, de profiter de l’atmosphère, mais pas trop. »

Né en Lettonie, formé en Allemagne

Ce fan de F1, de cyclisme mais aussi de fléchettes concède bien « deux erreurs » (on n’a pas tout revisionné, on veut bien le croire), quelques « montées d’adrénaline » et une poussée de « colère » quand il s’est embrouillé avec Mem en première mi-temps, ce qui a valu aux deux protagonistes de prendre deux minutes.

Mais, toujours dans le genre symbolique dont le journaliste raffole et parfois abuse, reconnaissons-le, on vous garde le meilleur pour la fin. Une fois la rencontre terminée, la qualification entérinée et les espoirs français enterrés, Uscins est allé voir Nikola Karabatic, salué par le public et toute l’équipe allemande dans un émouvant tableau.

« Je le regardais quand j’étais petit à la télé, explique le bourreau des Bleus. Je lui ai dit qu’il était l’une des plus grandes idoles du handball. Il m’a remercié. J’ai essayé de choisir le bon moment parce que je connaissais les sentiments qu’éprouvaient les Français et je voulais aussi le respecter. Mais c’était important pour moi de lui parler. »

Même si approcher le richissime palmarès de l’aîné des Karabatic semble compliqué, Uscins est peut-être la star qui permettra à la Mannschaft de retrouver les podiums désertés depuis le titre européen de 2016 et le bronze olympique à Rio, la même année.

Le pays peut bénir papa Armands, ex-handballeur international letton, qui a choisi de rejoindre l’Allemagne en 2005 avec Renars, trois ans, dans les bagages. L’histoire rappelle celle, près de 40 ans plus tôt, d’un certain Branko Karabatic, recruté par le club alsacien de l’ASL Robertsau (D2) avant de faire venir le petit Nikola, né à Nis en Serbie. Cela commence à faire beaucoup trop de symboles pour un seul article, donc on va s’arrêter là, merci d’avoir lu jusqu’au bout.