Coupe Davis France-Croatie: Le miracle n'a pas eu lieu (et en vrai, on n'y a jamais cru)

TENNIS La France s'est inclinée dimanche à domicile face à la Croatie en finale de la coupe Davis (1-3)

François Launay
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La déception de l'équipe de France après sa défaite en finale de la coupe Davis
La déception de l'équipe de France après sa défaite en finale de la coupe Davis — PHILIPPE HUGUEN / AFP
  • Les Français n’ont pas existé en finale de la coupe Davis face à la Croatie.
  • Le niveau actuel du tennis hexagonal n’aide pas à réaliser de grosses performances.
  • Et la relève tarde à arriver derrière Lucas Pouille.

Pas un seul set décroché, même pas un seul break remporté sur les trois simples disputés durant le week-end. Le constat est froid, clinique, glacial et est même inédit depuis 1990. « On s'est fait défoncer. On n'a pas été bons. On n'a pas fait un break. La barre était trop haute», avoue simplement Yannick Noah, le capitaine français. 

Battus en finale de la coupe Davis par la Croatie, les Français n’ont jamais pu espérer un minimum à l’exploit. A l’exception du samedi et de la jolie victoire du double, le public aura eu très peu d’occasions de s’emballer.


Si la victoire croate n’est pas une immense surprise, il aura manqué le parfum de l’exploit tout le week-end au stade Pierre Mauroy. La marche était bien trop haute pour cette équipe de France

« On a joué contre deux joueurs : Marin Cilic (7e mondial) qui est dans le top 10 depuis longtemps et Borna Coric (12e) qui est tout proche d’y entrer. Et de notre côté, si on regarde notre année 2018, on n’a pas fait de grosses performances individuelles. Il y a parfois la magie de la coupe Davis mais là, il fallait le faire sur chaque match. Ça paraît plus compliqué. C’est la réalité de notre niveau actuel. Pour le moment, ils sont bien meilleurs que nous », reconnaît sans ambages Thierry Champion, le directeur du haut niveau à la Fédération Française de Tennis (FFT).

Les Bleus n’ont battu personne ou presque depuis quatre ans

Et il n’est même pas sûr qu’avec ses trois premiers joueurs classés à l’ATP comme Gasquet (26e et blessé), Monfils (29e) et Simon (30e) non sélectionnés, la donne aurait véritablement changé. Car le tennis français va mal depuis plusieurs années. Si certains diront que les Bleus ont remporté le saladier d’argent l’an passé, les plus réalistes répliqueront qu’ils n’avaient battu personne (le joueur battu le mieux classé était l’Anglais Daniel Evans alors 44e mondial).

Un trou générationnel

En coupe Davis, la dernière grosse performance remonte à déjà quatre ans avec la victoire de Monfils sur Federer lors de la finale (perdue) face aux Suisses. En grand chelem, le dernier exploit remonte quant à lui à 2016 avec la victoire de Pouille sur Nadal en huitièmes de finale de l’US Open. Difficile d’espérer quelque chose avec aussi peu de coups d’éclats. La faute à un trou générationnel.

« Il y a une génération qui nous a entretenus pendant dix-douze ans (Tsonga, Gasquet, Monfils, Simon). Il y a une relève qui tarde à arriver. Lucas (Pouille) est un peu esseulé. Il est encore jeune (24 ans). On s’attache à essayer de reconstruire avec les plus jeunes », explique Thierry Champion.

« Etre inquiet, ça va changer quoi ? »

Mais pas question pour autant de tirer la sonnette d’alarme du côté des responsables du tennis français. « Etre inquiet, ça va changer quoi ? Ça ne va rien changer. J’ai envie d’amener les jeunes dans une autre approche. Il ne faut pas se dire qu’on a battu personne. Il faut juste gagner. Peu importe qui on bat. Si je me couche en me disant que je suis inquiet, je ne vais pas faire avancer le tennis français », se défend Pierre Cherret, le directeur technique national.

Pour ne pas déprimer, le DTN insiste sur les bons résultats des jeunes français âgés de 14 à 20 ans. L’horizon fixé aux JO de 2024 semble encore lointain avant de vibrer à nouveau. D’autant plus qu’avec le changement de format de la coupe Davis, il ne restera plus grand chose pour se voiler la face. Espérons juste que le tennis français ne mange pas trop longtemps son pain noir.