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Karabatic gratte un nouveau record à l’Euro et force l’admiration de tous

Euro de handball : « Ma mère m’a mis la pression »… Niko Karabatic gratte un nouveau record et force l’admiration

handballL’inoxydable patron des Bleus, bientôt 40 ans, est devenu le meilleur buteur de l’histoire de l’Euro jeudi soir lors de la victoire contre la Croatie
Nicolas Camus

N.C.

«En même temps, qu’est-ce qui peut encore nous étonner de sa part ? », interroge Guillaume Gille. La question est rhétorique, bien sûr, quand on parle de Nikola Karabatic. A bientôt 40 ans (en avril), l’inoxydable patron du hand français continue de faire profiter les Bleus de sa science et de son aura, toujours affamé même après avoir tout gagné - et plutôt trois fois qu’une.

Jeudi soir, grâce à ses quatre buts inscrits lors de la victoire contre la Croatie (34-32), l'arrière gauche (ou demi-centre) de l’équipe de France a encore ajouté une ligne à son palmarès de monarque en devenant le meilleur réalisateur de l’histoire de l’Euro, avec 289 réalisations. Une marque symbolique qui sera très certainement effacée par Mikkel Hansen (276 buts pour le sniper danois), mais qui fera au moins plaisir à… la maman du joueur. « Il y a deux matchs, ma mère m’a mis la pression. "Il faut que tu mettes 8 buts", elle m’a dit. "Tu peux être le meilleur buteur" », a raconté l’intéressé en souriant après la rencontre, au micro de beIN Sports.

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En bon fils obéissant, Karabatic s’est donc exécuté sous les yeux de sa maman, qui était en tribunes. Il a même fait un peu mieux, avec respectivement quatre et cinq buts contre l’Allemagne puis la Croatie - pas n’importe qui, au passage. Le voilà au sommet de la hiérarchie, quelques jours après avoir fêté sa 350e sélection avec les Bleus, depuis ses grands débuts il y a maintenant plus de vingt ans (octobre 2002).

« L’autre jour, on a un peu passé ça sous silence, fait remarquer Guillaume Gille. Mais il y a tellement de choses autour de sa carrière ! » Le sélectionneur ne sait plus quel mot utiliser pour parler de son leader, avec qui il a conquis deux titres olympiques, une couronne mondiale et deux sacres européens lorsqu’il était encore joueur. Belle petite moisson, à laquelle Karabatic a encore ajouté quatre trophées majeurs depuis (Euro 2014, Mondiaux 2015 et 2017, JO 2021). « Nikola a écrit son nom en haut de toutes les listes. Mais quand on s’arrête dessus, quand on s’aperçoit le nombre d’Euros qu’il a déjà disputés [11], le nombre de matchs à l’Euro [75], c’est inhumain. Inhumain », insiste Gille.

« Cette année, c’est le plaisir du terrain »

Quitte à parler chiffres, Karabatic a une requête à formuler pour qui veut s’en emparer : « J’aime les stats, j’aurais bien aimé savoir sur combien de tirs, j’aurais bien aimé savoir mes passes décisives, plein de trucs », a lancé le joueur, même si pour cette dernière saison avant la quille, l’essentiel est ailleurs. « Toute ma carrière, bien évidemment, j’ai joué pour les records. Mais cette année, ce n’est pas ça que j’ai en tête, c’est le plaisir sur le terrain. Je sais que ça peut s’arrêter à tout moment et ça me permet vraiment d’être dans le moment. »

Ce dernier tour de piste est censé l’amener jusqu’aux JO de Paris l’été prochain, avec la perspective de donner à ses adieux tout l’éclat qu’ils méritent. On n’en est pas encore là. Pour l’instant, c’est l’Euro qui compte et rien d’autre. Les Bleus, qui affrontent l’Islande samedi (15h30), ont toutes les cartes pour rallier les demi-finales et tenter de décrocher un titre qui leur échappe depuis dix ans. Une vraie disette à l’échelle de l’équipe de France de hand.