Toulouse: «Champion de France des pauvres», le Fenix handball vise désormais l'Europe

HANDBALL Toulouse débute le championnat de D1 par la réception de Chambéry, ce mercredi. Malgré des moyens limités, le Fenix et son manager général Philippe Gardent veulent accrocher une qualification européenne…

Nicolas Stival

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Philippe Gardent, le manager général du Fenix handball, et son adjoint Danijel Andjelkovic.
Philippe Gardent, le manager général du Fenix handball, et son adjoint Danijel Andjelkovic. — I. Harsin / Sipa
  • Pour sa quatrième saison à la tête du Fenix Toulouse handball, Philippe Gardent veut passer à la vitesse supérieure.
  • Loin des budgets des cadors du hand français, le club doit recruter malin, souvent à l’étranger.

En Ligue 1, il y a le Paris Saint-Germain et les autres. En D1 de handball (Lidl Starligue pardon…), il y a également le PSG, quadruple champion de France en titre, mais aussi Montpellier, vainqueur de la dernière Ligue des champions, devant des outsiders comme Nantes, Aix ou Chambéry. Pour l’ouverture de la saison, le club savoyard rendra visite mercredi au Fenix Toulouse, septième du championnat ces deux dernières saisons.

« On a décroché notre premier titre, celui de champion de France des pauvres », s’amuse le manager général Philippe Gardent (54 ans). Selon les chiffres de la Ligue nationale de handball, le club affiche le neuvième budget de l’élite (3,6 millions d’euros) et la huitième masse salariale (deux millions d’euros). A des années-lumière du PSG (respectivement 17 et 10,1 millions d’euros), qui écrase la concurrence.

Pourtant le Fenix entend bien une nouvelle fois « surperformer », comme on dit en école de commerce. A distance des cadors : « Je vois bien un podium Montpellier – PSG – Nantes », tente l’ancien Barjot.

Des vues sur l’Europe

« Quand on finit septième, pourquoi pas cinquième ? Je sais que la marche est importante, c’est un objectif extrêmement ambitieux. » Pas complexé pour un sou, Philippe Gardent vise une place dans le Top 5, synonyme de Coupe d’Europe. Une compétition perdue de vue au Palais des sports depuis quatre ans.

« Il faut déjà finir premier de notre catégorie et puis taper une équipe qui nous est supérieure », analyse le champion du monde 1995. Une telle performance validerait la régularité du Fenix au haut niveau dans un hand français de plus en plus relevé. Finaliste de la Coupe de la Ligue au printemps, Toulouse reste sur trois participations au Final four de l’épreuve lors des quatre dernières éditions.

Un recrutement international, par la force des choses

Les arrières gauche Markus Olsson (Suède), qui devrait emballer le public du Palais, et Milan Jovanovic (Serbie), ainsi que le pivot Henrik Jakobsen (Norvège) ont débarqué à l’intersaison. Ils accompagnent le gardien français Kévin Bonnefoi (Cesson-Rennes), prêté par Montpellier qu’il rejoindra à l’été 2019. Comme d’habitude, le Fenix a essentiellement pioché hors des frontières nationales pour se renforcer.

« Les Français ? C’est plus cher et plus rare, remarque Gardent. Les meilleurs sont pris. Des clubs comme le nôtre s’orientent plus vers l’étranger car ça coûte moins cher. » Et quand la pêche est bonne, il faut vite en profiter.

Après deux petites saisons à Toulouse, le pivot suédois Fredric Pettersson a ainsi rejoint Montpellier cet été, comme avant lui Valentin Porte ou Miha Zvizej. « C’est la loi du plus fort », constate le patron sportif, qui s’appuiera aussi sur les jeunes, comme la révélation Gaël Tribillon, un ailier gauche de 20 ans.

Composer avec la concurrence des autres sports

Foot, rugby à XV et à XIII, volley… Les amateurs toulousains de sport sont gâtés, au moins en quantité. Le Fenix doit aussi composer avec cette concurrence, même si les matchs de Starligue sont programmés en milieu de semaine, et non le week-end.

« C’est compliqué mais il y a la place, assure Gardent. On parle quand même de la quatrième ville française. Ceci dit, je ne suis pas Toulousain mais je n’ai pas l’impression que ce soit une ville qui, malgré la multiplication de clubs de haut niveau, ait une âme vraiment sportive. On ne sent pas véritablement de ferveur. »

L’ancien entraîneur de Chambéry et du PSG, triple champion de France, regrette ainsi que pour la venue du champion d’Europe montpelliérain [le 12 septembre], le Palais des sports n’affiche pas encore complet. « J’invite tous les Toulousains à venir nous voir ! »

Trouver de nouvelles ressources

Depuis son arrivée en 2015, Philippe Gardent a participé à la stabilisation du club, avec le président Philippe Dallard. « Depuis trois ans, on est pas mal. Chaque saison, on est dans le même registre : se sécuriser pour ne pas descendre, et après, lever la tête », résume le manager général.

Pour voir plus haut, justement, une hausse du budget serait bienvenue. Seulement… « Le tissu économique est assez monstrueux à Toulouse. Je remercie nos partenaires, mais je trouve qu’il y a beaucoup de boîtes assez frileuses alors qu’elles pourraient aider le sport local. » En attendant, le Fenix s’adapte. « On a plein d’idées mais parfois on manque de moyens pour les mettre en place, regrette Gardent. Peu à peu, on y arrive. Mais ce n’est pas facile. »