OL-Besiktas : « C’est choquant de perdre ce match »… Après l’invraisemblable couac de l’Olympico, Lyon a remis ça
FOOTBALL•Après avoir totalisé 22 tirs dans sa défaite quasiment inexplicable contre l’OM (2-3) il y a un mois, l'Olympique Lyonnais a trouvé le moyen de faire encore plus fort jeudi, en s’inclinant face à Besiktas (0-1) en Ligue Europa malgré 30 tirs tentésJérémy Laugier
L'essentiel
- L'Olympique Lyonnais s'est incliné pour la première fois cette saison en Ligue Europa, jeudi face à Besiktas (0-1).
- Cette défaite pourrait laisser des traces car elle est peut-être encore plus ahurissante que celle contre l'OM (2-3) il y a un mois, à 11 contre 10 pendant quasiment tout le match. Cette fois-ci, la bande à Pierre Sage a tiré au but à 30 reprises sans parvenir à tromper Destanoglu.
- « C’est choquant de perdre ce match », reconnaît le défenseur sénégalais de l'OL Moussa Niakhaté, sonné comme tous ses coéquipiers.
Au Parc OL,
L’OL s’est créé en un mois sa version bien à lui du poncif « la peste ou le choléra ». On vous conseille de vite tester ça avec votre meilleur ami lyonnais en lui demandant innocemment : « Tu préfères perdre à 11 contre 10 contre l’OM à la dernière seconde en ayant mené 1-0 et raté un penalty ou face à Besiktas après avoir tenté 30 tirs et touché la transversale ? ». On vous laissera apprécier la décomposition du visage de votre interlocuteur face à ce dilemme diabolique.
N’oubliez pas qu’il s’est tapé la tête contre tous les murs jeudi soir devant les maladresses de Lacazette, Benrahma et toute la clique avant de se manger du gaz lacrymo pour accompagner sa demi-heure d’attente afin de grimper dans son interminable navette depuis Décines.
« Le mot "frustrant" est très très faible »
Ainsi va la vie d’un supporteur lyonnais, qui a certes vibré devant une série de cinq succès consécutifs entre ces deux scénarios improbables. Mais à bien y regarder, il est déjà rare de laisser filer dans une saison un seul match qu’on a autant en main que le récent Olympico (2-3) ou ce remake maudit (0-1) du chaotique OL-Besiktas en quart de finale de Ligue Europa 2017. Alors imaginez que ça se produise deux fois dans le même mois, il y a de quoi sacrément péter un boulon, n’est-ce pas Moussa Niakhaté ?
« C’est impressionnant qu’on n’arrive pas à remporter ce match ce soir. Est-ce frustrant ? Je pense que le mot « frustrant » est faible, très très faible. C’est choquant de perdre ce match. De même, quand on concède si peu d’occasions, on n’a pas le droit de prendre un but. C’est sûr que ce soir, la tête est lourde. C’est une ultra-domination de notre part, je ne sais pas combien on a eu d’occasions, de tirs cadrés et d’opportunités… »
On veut bien t’aider pour le décompte, Moussa : 30 tirs à 12 (mieux que le 22 à 9 face à l'OM) dont 9 cadrés à 5, plus 21 occasions à 9 ! Histoire de, voici notre Top 5 des actions à plus gros regrets dans ce match.
- 7e : Galette royale de Saïd Benrahma pour Ernest Nuamah. Lancé plein axe, à bout portant, le Ghanéen claque une tête piquée que Destanoglu repousse d’un étonnant réflexe.
- 24e : Rayan « passement de jambes sur le beat je flambe » Cherki régale Corentin Tolisso, dont le centre en retrait trouve son poto Alexandre Lacazette pour une ouverture du score de rêve fêtée comme elle se doit. Souci : Tolisso avait un demi-bras d’avance sur son défenseur avec le ralenti de ce cher VAR.
- 45e + 5 : Légèrement décalé côté droit après un nouveau caviar de Cherki, Lacazette s’en va défier Destanoglu pour une situation dans laquelle il a inscrit environ 478 buts dans sa carrière. Mais là non, sa mine file sur le petit filet extérieur. Rebelote d’ailleurs pour lui à la 53e, avec cette fois un petit arrêt miracle des jambes de Destanoglu.
- 55e : Rush de Nuamah qui sert Benrahma. Après avoir scandaleusement vendangé une offrande de Cherki trois minutes plus tôt, l’international algérien fracasse cette fois la transversale de Destanoglu.
- 90e + 4 : Autant avant, il y avait 0-0, autant là, un but est crucial pour égaliser. Lyon pousse de nouveau et Wilfried Zaha va se muer en improbable sauveur en trompant enfin Destanoglu… sauf que son défenseur Uduokhal repousse héroïquement sur sa ligne.
« On pensait qu’ils allaient craquer tôt ou tard »
OK, il n’y a pas de penalty manqué par Alexandre Lacazette comme face à Geronimo Rulli ou d’expulsion cadeau type Leonardo Balerdi après moins de 5 minutes. Mais il faut savoir apprécier cette disasterclass côté efficacité, qui tranche avec la finition clinique de Gedson Fernandes (0-1, 71e).
Au micro de Canal +, Corentin Tolisso n’en revenait pas plus que Moussa Niakhaté : « On pensait qu’on maîtrisait le match, qu’ils allaient craquer tôt ou tard. En première mi-temps on a poussé, en début de deuxième mi-temps on a encore poussé… Ça n’est pas possible de ne pas marquer de but en tirant 30 fois, ça n’est pas possible ! ».
Un scénario inédit en Europe pour l’OL depuis 2000 !
Tellement pas possible que ça n’était plus arrivé à l’OL sur la scène européenne depuis… l’année 2000, comme l’indique le compte Stats Foot sur X. Heureusement que le flegme légendaire de « Stone Wise » est là pour éviter toute forme d’abattement après cette première défaite en Ligue Europa cette saison, premier revers lyonnais à domicile en phase de groupe d’une Coupe d'Europe depuis plus de huit ans au passage.
Notre dossier sur l'OL« La note de style, même si elle est présente dans le football, ne remplacera jamais le résultat final, et on se doit de valoriser notre jeu par des buts », philosophe l’entraîneur de l'OL, qui a réussi la prouesse de donner du temps de jeu aux huit éléments offensifs de son groupe professionnel jeudi soir. Vivement l’ouverture du mercato hivernal, qu’il puisse leur ajouter trois-quatre concurrents supplémentaires, mais garantis avec efficacité.


















