OL-OM : « C’est une honte »… Le fiasco dans l’Olympico peut-il plomber la saison lyonnaise ?
FOOTBALL•En supériorité numérique durant toute la rencontre, l’Olympique Lyonnais s’est crashé de manière folle contre son rival marseillais dimanche (2-3). Un couac qui pourrait laisser des tracesJérémy Laugier
L'essentiel
- L’OL a été battu dimanche soir par des Marseillais (2-3) évoluant pourtant à dix dès la 5e minute de jeu, après l’expulsion de Leonardo Balerdi.
- Ce revers pourrait faire très mal aux Lyonnais (14es), déjà largués en Ligue 1 à neuf points du trio de tête PSG-OM-AS Monaco.
Au Parc OL,
Les supporteurs lyonnais auront-ils le courage de regarder le documentaire Au cœur d’une folle saison, ce lundi (21h05) sur la chaîne L’Equipe ce lundi ? Spoiler alert : on y retrouvera une équipe de morts vivants (18e) subitement devenue insubmersible (et européenne), avec un novice ulta inspiré sur le banc (Pierre Sage), un buteur en état de grâce (Alexandre Lacazette) et un groupe sortant systématiquement vainqueur de scénarios de matchs plus irréels les uns que les autres sur la phase retour de Ligue 1.
Ironie du calendrier, l’enthousiasme accompagnant la première diffusion de ce projet a en partie été douché dimanche soir par un Olympico aux antipodes du printemps 2024 de l’OL. Face au déroutant coaching de Roberto De Zerbi à la tête d’une équipe en infériorité numérique durant toute la rencontre (expulsion de Leonardo Balerdi à la 5e), Pierre Sage a souvent semblé avoir un coup de retard dans ses choix. Toujours en quête de son premier but de la saison, Alexandre Lacazette a manqué un penalty crucial en fin de première période (0-0, 45e + 7).
« On savait qu’ils étaient fébriles »
Et surtout, après avoir mené grâce à Duje Caleta-Car (1-0, 53e) puis égalisé par Rayan Cherki (2-2, 90e + 3), Lyon a trouvé le moyen de se faire définitivement renverser au bout du temps additionnel par Jonathan Rowe (2-3, 90e + 5). Au vu de l’enchaînement de lose, on était clairement plus sur un scénario digne de l’Olympico d’avril 2023, ponctué par un invraisemblable but contre son camp de Malo Gusto sur le gong (1-2, 90e + 2), pour le premier succès marseillais à Lyon depuis 2007.
« Même quand les Lyonnais ont égalisé à la fin, on savait qu’ils étaient fébriles », glisse ainsi avec malice le nouvel attaquant de l’OM Neal Maupay, ancien joueur de l’ASSE. Niveau fébrilité, l’OL n’a en effet pas fait semblant, entre le placement désastreux de Nicolas Tagliafico sur l’égalisation de Pol Lirola (1-1, 69e), l'apathie défensive générale sur le but d’Ulisses Garcia (1-2, 82e) et la boulette en relance de Lucas Perri sur le coup de grâce de Jonathan Rowe. Ajoutez à cela le côté offensif de la malchance (retourné sur la transversale de Gift Orban) et une criante maladresse (Orban, Lacazette et le joker Mikautadze en tête), et vous tenez une disasterclass lyonnaise, malgré la touche résolument spectaculaire de cet Olympico.
« On mène et on ne fait que reculer »
Ce lundi matin, cet OM à dix la veille devrait logiquement être à trois points au classement de son rival lyonnais, sauf qu’il y a à présent neuf points d’écart entre le solide dauphin du PSG et un OL de nouveau embourbé en fin de championnat (14e) après un sabordage qui fera date. Pour résumer la rage lyonnaise à l’issue de cette giga clim, on a simplement eu à écouter l’interview tranchante sur DAZN de Rayan Cherki, buteur pour sa première apparition de la saison en Ligue 1.
« C’est une honte. Ils sont à dix depuis la 5e minute. Ça fait des années et des années qu’ici, on mène et qu’on ne fait que reculer. Le match passe, on a 3.500 occasions, ça doit finir à 3, 4 ou 5-0, mais malgré ça on ne fait que reculer. Au bout d’un moment, si on veut être une grande équipe, il va falloir enterrer nos adversaires quand on mène. Il n’y avait rien pour eux aujourd’hui, mais ils repartent avec les trois points et ils font les beaux. »
Après avoir presque autant perdu en un mois de Ligue 1 cette saison que de janvier à mai dernier (3 défaites contre 4), Pierre Sage pourrait vite se retrouver sous pression. Surtout que cette défaite dans l’Olympico, surtout au vu du déroulé du match, a des airs de match bascule ayant très mal tourné. « Honte, c’est un mot fort, mais c’est invraisemblable et cruel de perdre ce soir, confie l’entraîneur lyonnais. C’est dû au fait qu’on ait laissé notre adversaire en vie en ne concrétisant pas nos actions. Il y avait peut-être 1 % de chance que ça se passe comme ça, mais Marseille a saisi cette chance-là. Oui, c’est un gros coup au moral. »
« C’est une erreur professionnelle »
A trois jours de son entrée en lice en Ligue Europa contre l’Olympiakos, on se doute que tout l’OL est sonné ce lundi, et que cette déconvenue pourrait avoir des conséquences sur la suite d’une saison à peine mieux engagée que la précédente. Malgré 63 % de possession de balle, et 22 tirs à 9 contre l’OM, Lyon manque de repères, de cohérence d’effectif (cinq attaquants et un seul défenseur sur le banc), et surtout de cette flamme qui lui a permis de renverser des montagnes sur la phase retour 2023-2024.
« Je suis à la fois déçu, frustré et en colère, résume Ainsley Maitland-Niles. On aurait dû gagner ce match. On s’est créé plus d’occasions mais ça nous a coûté cher de ne pas parvenir à mieux défendre. » Pour sa première titularisation de la saison, face à son précédent club, Jordan Veretout est allé encore plus loin dimanche : « On n’a pas le droit de perdre ce match. Quand on joue à 11 contre 10 tout le long du match et qu’on a la chance de mener au score, il faut savoir tuer. C’est une erreur professionnelle et une défaite qui va faire un peu mal à la tête ce soir. » Seulement dimanche soir, vraiment ?


















