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PSG - Liverpool : « Nous étions en mode survie »… Les Reds ont-ils fait honte à leur histoire en jouant comme Stoke City ?
Shame•En quart de finale aller de Ligue des champions, Liverpool s’est incliné plus que logiquement à Paris, mercredi soir, en ne montrant rien, ou presqueAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- En quart de finale aller de la Ligue des champions, le PSG s’est imposé assez facilement face à Liverpool (2-0), mercredi soir.
- Si Paris a été, une nouvelle fois, très entreprenant et convaincant, les Reds, eux, ont été insipides, avec une compo d’équipe très défensive et peu d’allant offensif.
- Arne Slot avait choisi de mettre Mohamed Salah sur le banc. L’Egyptien n’est même pas entré sur le terrain, malgré la prestation infâme de ses coéquipiers.
Au Parc des Princes,
Rendons à César ce qui appartient à César. En 2022, au moment de l’annonce de l’arrivée de Christophe Galtier comme entraîneur du Paris Saint-Germain, notre confrère Eric Blanc, sur La chaîne L’Equipe, avait sorti une tirade digne des meilleurs tribuns de notre civilisation : « Le PSG, on peut le comparer à la Paramount, on m’annonce Mission Impossible, le retour avec Daniel Craig, Tom Cruise et Brad Pitt et là, j’arrive, c’est Dany Boon. »
Remplacez donc le PSG par le Liverpool d’Arne Slot et la diatribe serait toute aussi efficace quatre ans plus tard. Oui, car le match sorti par les Reds en quart de finale aller de Ligue des champions, mercredi contre le PSG (défaite 2-0) avait tout d’une mauvaise comédie. Pire même que Bad Buzz, la bouse pondue par Eric et Quentin en 2017, créditée de la pire note sur Allo Ciné (0,85/5). C’est dire le match cataclysmique réalisé par Hugo Ekitike, pourtant étincelant en sélection, et ses petits copains.
Pas de magique système
Sur le papier, le nom de Liverpool, troisième club le plus titré de la compétition, ferait trembler les guiboles de n’importe quel acteur sur la scène européenne, au bon souvenir des Kenny Dalglish, Ian Rush, Graeme Souness, Steven Gerrard ou Fernando Torres. Que nenni. A croire que, un an après son dernier titre de champion d’Angleterre, les Reds sont devenus tout pâlots, à jouer les victimes expiatoires face à une équipe auréolée de son premier titre européen l’année dernière.
Perdre face à la machine parisienne n’a rien d’infamant, surtout au moment où le pollen chatouille les narines, mais se faire fesser de la sorte, en évoluant tel un relégable de Ligue 1 qui met le bus à impériale dans sa surface en attendant que le temps passe, n’est pas digne de l’histoire du club de la Mersey. L’année dernière, déjà, Liverpool avait souffert le martyre en huitième de finale, avant de s’imposer miraculeusement avec un but dans les dernières minutes (0-1).
Cette fois, de miracle, il n’y en a pas eu. La faute notamment à un inhabituel système à cinq défenseurs troué avant même le quart d’heure de jeu, dans lequel aucun joueur des Reds n’a semblé à l’aise. Arne Slot, l’entraîneur des champions d’Angleterre en titre, a tenté de se justifier en conférence de presse :
« Avez-vous déjà vu une équipe adopter ici une tactique qui n’ait pas permis au PSG de dominer constamment et de se créer occasion après occasion ? Si nous avions essayé de jouer avec de vrais ailiers, à quoi cela aurait-il ressemblé face à Hakimi et Nuno Mendes, qui sont des menaces offensives incroyables ? J’ai regardé de nombreux matchs et le schéma était toujours le même. Ils ont dominé presque tous les adversaires qu’ils ont affrontés ici. »
Pas une minute de jeu pour Salah
« Presque », ce qui suppose que certains ont quand même réussi à le faire. Mais, pour inquiéter le PSG, il aurait fallu mettre d’autres choses en place que des touches longues à la Rory Delap époque Stoke City ou des coups franc sur la ligne médiane tirés directement dans la surface pour essayer de toucher par miracle Virgil Van Dijk ou Ibrahima Konaté… Hormis une volée non cadrée de Jeremie Frimpong, Paris n’a jamais vraiment serré les fesses sur les rares « incursions » anglaises.
Pas évident, en même temps, de faire planer une menace sur le Parc quand deux de vos principales forces offensives (Cody Gakpo et Mohamed Salah) sont sur le banc. Si le Néerlandais, avec Alexander Isak, est rentré à un petit quart d’heure de la fin, l’Egyptien, lui, n’a pas joué une seule minute face au PSG. Et aucune blessure ou problème de comportement à son actif. Une simple décision technique d’Arne Slot, qui s’en est expliqué après le match, sans réussir à trop convaincre l’assistance :
« Je pense qu’en fin de match, on était plus en mode survie que d’avoir une chance de marquer. Mo a tellement de qualités et le faire défendre dans sa propre surface pendant vingt ou vingt-cinq minutes… Je pense qu’il vaut mieux qu’il économise son énergie pour les nombreux matchs qui nous attendent dans les semaines à venir. »
A la peine en championnat, avec cinq points de retard sur la quatrième place et talonés par plusieurs équipes, les Reds assument donc avoir la tête, déjà, au match de Premier League ce week-end, symbole de ce déclassement total. « Il faut vite se remettre en selle, et Fulham nous attend aussi », soulignait ainsi le capitaine Virgil Van Dijk en zone mixte.
Les Parisiens aveugles ?
Interrogés sur le niveau des Reds affiché lors de ce quart de finale aller, les Parisiens se sont montrés presque compatissants, à l’image de Warren Zaïre-Emery, encore auteur d’une prestation majuscule au milieu : « Vous savez, c’est assez dur de venir au Parc et de jouer avec notre pressing. » Luis Enrique, lui, était même dithyrambique sur son adversaire du soir : « Je pense qu’on a fait un très bon match face à un adversaire de très haut niveau. Ça a été très difficile contre la meilleure équipe d’Europe. Ils ont montré que physiquement et techniquement, ils sont une équipe très forte. »
Toute l'actu de la Ligue des championsOn n’imaginait évidemment pas l’ancien coach du Barça dire du mal des Reds, mais assurer qu’il s’agit là de la « meilleure équipe d’Europe », on n’aurait pas poussé le bouchon aussi loin. A moins que Luis Enrique vive dans le passé, comme un peu tout le monde lorsqu’il s’agit d’évoquer Liverpool. Présent au Parc des Princes en tant que consultant pour TNT Sports, la légende Steven Gerrard a dû ainsi se dire à plusieurs reprises que « oui, c’était mieux avant ». Reste à savoir si, pour une fois, ça pourra l’être aussi un peu après, dans une semaine par exemple. Pire, ça sera compliqué



















