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Real Sociedad-PSG : « Les démons peuvent revenir »...Paris est-il mieux armé pour gérer une avance en coupe d'Europe ?
Football•Grâce à sa victoire 2-0 au match aller, le PSG aborde le huitième de finale retour de Ligue des champions face à la Real Sociedad ce mardi (21 heures), avec sérénité. Mais attention aux fantômes du passéAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Vainqueur 2-0 de la Real Sociedad à l’aller, le PSG n’a plus qu’à conclure au Pays basque, ce mardi, pour valider son billet pour les quarts de finale de la Ligue des champions.
- Mais les fantômes de la remontada à Barcelone en 2017 et de l’humiliation contre les bébés de Manchester United, deux ans plus tard, planent encore sur le club de la capitale.
- Le psychologue du sport Cédric Quignon-Fleuret, l’entraîneur Claude Puel et Alex, un supporteur du PSG, évoquent les possibilités de Paris d’éviter de revivre pareil traumatisme.
De notre envoyé spécial,
Il ne faut pas être un expert de l’émission « Pyramide », jeu légendaire présenté par Patrice Lafont jusqu’au début des années 2000 sur France 2, pour lancer à la cantonade, en un temps record, « remontada » lorsque vous sont sortis les deux mots indice PSG et Ligue des champions. Oui, car le tragique épisode européen vécu, il y a déjà sept ans, par les Parisiens en Catalogne est encore, et pour longtemps, dans les mémoires.
A tel point qu’il faudrait presque une victoire en C1 pour que ce traumatisme, comme celui infligé par Manchester United en 2019 ou la dernière demi-heure de film d’horreur à bernabeu en 2022, soit oubliés. Traumatisme, oui, car même avec une avance de deux buts face à une Real Sociedad qui ne met plus un pied devant l’autre depuis quelques mois et creuse le trou de la Sécu espagnole avec tous ses joueurs blessés, le PSG est capable de tout, ce mardi à la Reale Arena (21 heures), en huitième de finale retour. Alors, doit-on vraiment trembler ?
Le point de vue du psychologue
De l’équipe qui est partie en fumée au Camp Nou en 2017, seul Marquinhos est encore dans l’effectif parisien. Le capitaine brésilien avait aussi vécu la pathétique sortie de route face aux Anglais deux ans plus tard, comme Mbappé, et symbolise la fragilité mentale du club de la capitale au moment où les montagnes se dressent face à lui.
« Il y a deux niveaux de traumatisme, indique Cédric Quignon-Fleuret, psychologue du sport passé par l’AS Monaco et l’Insep. Il y a la dimension collective, où dans l’inconscient des joueurs, ils savent que c’est une équipe qui est friable, qui a souvent failli. Et une dimension individuelle, pour les joueurs qui ont été les plus marqués. En espérant qu’ils aient fait ce travail personnel d’analyse et de remise en question pour arriver à avoir un positionnement fort afin de ne pas avoir l’impression qu’il reste quelconque malédiction.” »
Contre la Real Sociedad, dans une Reale Arena qui devrait être bouillante, existe-t-il un risque pour Paris de sombrer mentalement si les cartes s’effondrent les unes après les autres ? Oui, malheureusement. « Les démons peuvent venir pendant le match s’il y a une remontée au score, mais pas au coup d’envoi, reprend Cédric Quignon-Fleuret. S’il y a un but, que vous le vouliez ou non, le psychisme va se rappeler, c’est le principe du trauma. Et, si ça n’a pas été travaillé, ça peut vous faire paniquer. »
Nul doute que, avec Joaquin Valdes, psychologue du sport auprès de Luis Enrique dans le staff du PSG, Paris a voulu cicatriser certaines plaies restées longtemps ouvertes. « Il est toujours avec nous, indiquait Danilo Pereira à France Bleu. C’est quelqu’un qui canalise beaucoup de choses, pas seulement sur le terrain, mais en dehors. Il cherche à comprendre, à analyser chaque comportement de chaque joueur, chaque individualité pour nous donner des conseils. Ici, les jeunes doivent être mentalement forts, et Joaquin est une bonne aide. »
Le point de vue du technicien
Le PSG a déjà eu, lors de la première période au Parc des Princes, un aperçu de ce qui l’attend ce mardi à la Reale Arena, la furie du peuple basque en moins. Une grosse pression d’entrée, les lignes de passes coupées, un bloc haut… Kylian Mbappé et ses partenaires avaient eu toutes les peines du monde à se défaire du pressing txuri urdin. Le scénario devrait être le même pour ce match retour, avec la titularisation en sus de l’idole du pays Mikel Oyarzabal.
« La première des choses est de faire très attention au gros pressing qui va être mis d’entrée par la Real Sociedad, indique Claude Puel, l’ancien coach de Nice et Saint-Etienne. La clé, c’est d’être bon dans les premières relances. S’ils arrivent à être propres dans la ressortie du ballon, comme lors de la seconde période à l’aller avec Vitinha devant la défense, où les ballons ressortaient beaucoup plus proprement, alors ça se passera bien. De là, les Parisiens avaient su desserrer l’étreinte des joueurs de la Real. » »
Et profiter des trois flèches devant (Mbappé, Barcola et Dembélé) pour mettre à mal la défense basque lors de phases de transition éclair. « Même si l’entraîneur aime le jeu de possession, la préparation des attaques et le jeu haut chez l’adversaire, cette équipe parisienne, de la manière dont elle est constituée, est plus à l’aise sur les attaques rapides, reprend Claude Puel. Paris a l’équipe pour jouer ces bons coups, avec trois joueurs qui savent prendre les espaces et qui peuvent faire la différence. »
Souvent critiqué, le milieu de terrain parisien n’est pas, pour l’ancien coach de Southampton le point faible de l’équipe. Au contraire : « Il y a de très bons joueurs, comme Vitinha ou Ugarte, qui sont différents dans leur profil. Mais ils ont tout ce qu’il faut pour ressortir proprement les ballons, bien jouer au foot. Donc s’il y a bonne relance, il y aura la possibilité de faire des différences et de se mettre à l’abri. Avec tout le respect qu’on doit à cette équipe, qui est très valeureuse et collectivement performante, Paris est au-dessus de la Real Sociedad, et il ne s’agit pas de parler de remontada. »
Le point de vue du supporteur
Près de 2.000 supporteurs des Rouge et Bleu seront présents à Saint-Sébastien ce mardi soir pour pousser derrière leur équipe et espérer vivre un quart de finale de C1 au printemps. Alex, 31 ans, a préféré, lui, ne pas se déplacer au Pays basque. Même s’il est plutôt confiant quant à la qualification des siens mardi soir, les problèmes défensifs de l’équipe et le cirque Mbappé, sortis en cours de jeu lors des derniers matchs, pourraient compliquer l’avenir européen du PSG
Danilo Pereira et Marquinhos forfaits à Monaco, en plus de Skriniar, et voilà une défense privée de tous ses centraux ou presque. « Même si Beraldo avait montré de belles choses au match aller, ça reste un jeune joueur. La charnière devrait être inédite, et pas sûr qu’on ait besoin de ça pour résister à une grosse pression », confie Alex.
Et quid de l’attitude de Kylian Mbappé, sorti à la mi-temps contre son ancien club vendredi, et acteur d’un des plus beaux dramas que la télévision ait vue depuis les vingt dernières années, avec son passage devant le parcage parisien, le selfie avec des fans, son installation en tribunes auprès de sa mère. « S’il y a un perdant dans tout ça, ce n’est ni Kylian Mbappé, ni Luis Enrique, mais le PSG. Les petites guerres d’ego avant un gros match comme ça, c’est vraiment se tirer une balle dans le pied, une de nos spécialités, alors qu’on avait tout pour arriver en confiance face à une équipe qui n’avance pas. » Et qui n’a pas le dixième du pedigree des tourmenteurs habituels du PSG à ces hauteurs. Pour ce qu’on en pense ? Si ça devait mal tourner mardi soir, il n’y aurait plus rien à sauver : on rase tout et on recommence Football manager avec le Paris FC.


















