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Espagne - France : Après sa masterclass, Rayan Cherki ne doit plus jamais quitter les Bleus (ok, Didier ?)
CHERKIF•Entré en jeu à une demi-heure de la fin, alors que les Bleus étaient menés 4-1 par l’Espagne, Rayan Cherki a livré une performance proprement époustouflante pour sa grande première sous le maillot des BleusAymeric Le Gall
L'essentiel
- Appelé pour la toute première fois en Bleu par Didier Deschamps, Rayan Cherki a honoré sa première cape jeudi soir, contre l’Espagne, en demi-finale de la Ligue des nations.
- Entré en jeu à la 63e minute, le jeune lyonnais a illuminé le jeu de l’équipe de France, concluant sa masterclass par un but sublime et une passe décisive.
- Si les Bleus sont parvenus à revenir de 1-5 à 4-5, ils le doivent en grande partie au génie de l’OL, qui ne devrait plus quitter le groupe France de sitôt.
De notre envoyé spécial à Stuttgart,
Honorer sa première cape en Bleu dans un contexte aussi merdique, quand votre équipe est menée 4-1, et poser une masterclass pareille, ce n’est pas donné à tout le monde. A presque personne même, serait-on tenté de dire. Sauf à Rayan Cherki, donc, qui a mis autant de paillettes dans les yeux que des papillons dans le ventre à 67 millions de Français, le tout en l’espace d’une petite demi-heure, signant par là l’une des plus belles premières apparitions de toute l’histoire d’un joueur sous le maillot de l’équipe de France.
On se souviendra longtemps (toujours) du premier match en Bleu du futur ex-Lyonnais, comme on se souvient encore de celui de Zinédine Zidane ou de Franck Ribéry, preuve que le joueur appartient déjà à une catégorie à part, celle des joueurs pour lesquels on est prêt à claquer un gros bif pour aller les voir au stade. Lancé dans le grand bain par Deschamps alors que l’équipe venait d’en prendre quatre dans la tirelire, Cherki a fait comme si de rien n’était, jouant le plus simplement du monde avec ses coéquipiers et apportant immédiatement une plus-value sur le front de l’attaque.
Cherki, j’y suis, j’y reste
Du jeu en une touche de balle, du mouvement, des passes lasers comme sur cette ouverture hallucinante pour Dembélé, qui touchera le poteau sur cette action, et un but d’anthologie - contrôle du droit pour se lever le ballon, volée du gauche catapultée dans le petit filet d’Unai Simon - Cherki a ébloui Stuttgart de son immense talent, comme Désiré Doué l’avait fait avec le PSG, quelques jours avant lui, du côté de Munich. A croire que l’air allemand va bien au teint de nos pépites de demain.
Buteur pour redonner un brin d’espoirs aux Bleus, Cherki a ensuite délivré une magnifique ouverture pour Malo Gusto sur le côté droit, qui verra son centre contré dans ses propres filets par Vivian, avant de terminer son récital par une galette déposée sur la tête de Kolo Muani pour le but du 5 à 4. Il ne lui aura manqué qu’une dernière ultime occase pour parachever cette performance surréaliste mais, déjà, le garçon vient de réaliser une entrée fracassante dans une équipe en manque de créateurs depuis la retraite anticipée d’Antoine Griezmann.
On se demande même, au vu de ce match de cochon sauvage, comment Deschamps a-t-il fait pour attendre si longtemps avant d’appeler cet esthète du foot sous les drapeaux. Ce n’est pas comme si ça faisait un moment que tout le monde avait compris que Cherki, aussi nonchalant puisse-t-il être par moments, était aussi et surtout un joueur à part, loin du commun des mortels, qui finirait quoi qu’il arrive par faire les beaux jours de l’équipe de France.
Et si le sélectionneur, qui n’avait déjà pas paru des plus jovial au moment d’accueillir Cherki à Clairefontaine en début de semaine, n’a pas manqué de lui passer une soufflante juste après son entrée en jeu pour avoir trop porté le ballon, il a bien dû se rendre à l’évidence en conférence de presse. Mais toujours à demi-mot, comme si Cherki était condamné avec DD à devoir faire toujours plus pour obtenir un minimum de gratitude : « Il est là pour ça. Il a de la qualité, il est plein de bonnes intentions. Tant mieux pour lui, a-t-il déclaré. Il fait partie de ces joueurs dans le registre offensif. Je ne vais pas pouvoir tous les mettre ensemble mais c’est très intéressant pour le futur. »
La bourde l’équipementier et les courses chez Adidas
Quant au joueur, il n’a pas dérogé à sa manière d’être ni de s’exprimer, au micro de TF1, après la rencontre. Calme, serein et sûr de lui : « Je ne suis pas quelqu’un qui appréhende ses matchs, je le prends comme ils viennent. Je savais que quand j’allais entrer il y aurait beaucoup d’espace. Je suis entré pour débloquer un peu la situation, donner de bons ballons à mes partenaires. Mais le plan individuel, on s’en fout un peu ».
Tout comme il s’est moqué de ne pas pouvoir jouer avec ses propres chaussures, faites sur mesure et moulées à ses pieds par son équipementier, lequel s’est gouré dans le colis au moment de les lui expédier en Allemagne. Résultat, c’est avec des pompes achetées dans le commerce la veille du match que Cherki a livré son incroyable représentation. Mais quand on a des pieds pareils, de toute manière, il pourrait jouer en crocs qu’il marcherait quand même sur les défenses adverses. Et elles seront nombreuses dans les années à venir à le sentir passer.



















