Nantes - Lorient : « C’est incompréhensible »… Comment Ruddy Buquet a-t-il pu accorder le but des Merlus ?
couac arbitral hebdomadaire en L1•Bien qu’en position de hors-jeu, tout en faisant action de jeu, du centre de Meïté jusqu’au but contre son camp d’Awaziem, le Lorientais Soumano a permis à son équipe d’ouvrir le score, ce dimanche à Nantes (1-1) en Ligue 1Jérémy Laugier
L'essentiel
- Lors du match Nantes-Lorient (1-1) ce dimanche, Chidozie Awaziem est devenu le premier joueur depuis près de trois ans à marquer et à concéder un but contre son camp lors d’un même match de Ligue 1.
- Son CSC présente la particularité d’être ultra-litigieux, puisque réalisé sous la menace de l’attaquant lorientais Sambou Soumano, nettement hors-jeu et faisant action de jeu sur le coup. Après une interminable intervention du VAR, l’arbitre Ruddy Buquet a pourtant validé l’ouverture du score des Merlus (0-1, 45e+1).
- L'incompréhension et la colère régnaient dans le camp nantais après cette étrange décision, alors que la Ligue 1 est actuellement confrontée à un nombre record de polémiques arbitrales.
Chidozie Awaziem pourrait presque remercier Ruddy Buquet, sans qui il ne serait pas devenu ce dimanche le premier joueur, depuis près de trois ans, à marquer et à concéder un but contre son camp lors d’un même match de Ligue 1. Mais si le défenseur nigérian des Canaris a bondi de joie en égalisant dans le temps additionnel du match Nantes-Lorient (1-1, 90e+1), il se serait bien passé de cet étrange but contre son camp concédé en fin de première période. Voici un cas d’école : le défenseur des Merlus Bamo Meïté est décalé à droite… après avoir percuté au visage, au début du mouvement, le Nantais Matthis Abline.
L’action se poursuit et l’ancien Marseillais vise dans la surface son attaquant Sambou Soumano. Ce dernier est devancé par Chidozie Awaziem, dont le tacle au premier poteau trompe Anthony Lopes. Au niveau de la ligne de touche, l’arbitre assistant de M. Buquet lève aussitôt son drapeau pour signaler un hors-jeu assez net de Sambou Soumano. Sauf qu’intervient dans un second temps la question déterminante : faisait-il action de jeu, et a-t-il donc eu un rôle dans l’erreur d’Awaziem et/ou le placement d’Anthony Lopes sur le coup ?
L’affaire va prendre 3'45'' à être tranchée par Ruddy Buquet, invité par ses assistants VAR à analyser les ralentis de la situation. Et l’arbitre finit par accepter ce but, s’attirant les foudres du toujours sanguin Anthony Lopes, qui récoltera un carton jaune au passage. Cette décision de l’homme ayant laissé « glisser » la grosse semelle d’Anthony Rouault sur Khalis Merah lors du match Rennes-OL (pas aidé par Stéphanie Frappart au VAR), a tout d’une nouvelle dinguerie arbitrale en Ligue 1 pour trois raisons.
Le coup sur Abline suffirait à annuler but et polémique
Les assistants VAR sur ce match, Mehdi Mokhtari et Julien Schmitt, n’ont pas jugé utile de montrer à Ruddy Buquet les images de l’accrochage entre Meïté et Abline au début de l’action. C’est un premier mystère tant l’attaquant nantais, resté au sol dans la foulée, semble bien avoir été touché au niveau du visage, après avoir certes lui-même tenté de gêner la montée du Lorientais. Une action sujette à interprétation, mais Ruddy Buquet n’a pas eu les ralentis à disposition pour trancher ce point.
C’est surtout cela qui a énervé Junior Mwanga lors de son intervention sur Ligue 1+ à la mi-temps. « On a juste à regarder l’état de la tête de Matthis Abline et on constate les dégâts, expliquait l’ex-Bordelais. On sait très bien qu’il y a eu un coup, et les coups ne doivent pas arriver au niveau de la tête. Tous les week-ends, c’est la même chose au niveau de l’arbitrage, il faut faire avec… » Après le match, Anthony Lopes a de son côté dénoncé « un gros coup de coude sévère » de Bamo Meïté.
Soumano influence déjà le centre de Meïté
Ce qui saute aux yeux sur ce CSC, c’est que Sambou Soumano est le seul Lorientais se trouvant dans la zone visée par Bamo Meïté, en pleine surface de réparation. Sur une action classique d’un attaquant servi en profondeur mais hors-jeu, si jamais la défense galère pour se dégager, on voit systématiquement l’arbitre arrêter le jeu pour ne pas permettre au joueur de profiter de sa position illicite, alors pourquoi pas là ?
Le capitaine du FC Nantes Kelvin Amian a donné son ressenti après la rencontre au micro de Ligue 1+ : « Au début, on ne sait pas ce qu’il se passe : est-ce qu’il y a faute ou hors-jeu ? Ça nous pénalise, il faudrait que l’arbitre donne plus d’explications. La décision, on ne la comprend pas trop, vu que le Lorientais fait action de jeu. S’il n’est pas là, il n’y a pas de centre et pas de tacle d’Awaziem. Il est hors-jeu et il fait action de jeu » (vidéo ci-dessous à partir de 1'02''). Limpide.
Awaziem et Lopes sont pénalisés
Avant que Meïté n’hérite du ballon puis ne centre, on voit qu’Awaziem tourne la tête pour analyser si un Lorientais rôde dans la surface. Son tacle risqué au premier poteau est évidemment déclenché car il sait qu’il y a danger derrière lui. Or un seul joueur adverse est par là : Sambou Soumano. De la même manière, Anthony Lopes, qui a hurlé à plusieurs reprises « c’est n’importe quoi » après la validation du but, a une position axiale liée à la menace Soumano. C’est aussi cette position qui ne lui permet pas d’éviter le CSC fatal de son coéquipier.
En zone d’interview, Anthony Lopes a développé sa pensée quant au verdict de Ruddy Buquet : « C’est assez incompréhensible de valider un but pareil. Il n’y a qu’en jouant au football qu’on peut savoir que le joueur fait action de jeu, sinon "Chido" [Awaziem] ne tacle pas et moi, je ne vais pas à l’encontre du joueur. Je ne comprends pas, c’est une erreur flagrante ».
Notre dossier sur l'arbitrageL’entraîneur nantais Luis Castro, dont le poste est menacé, alors que son équipe (15e) n’a remporté que deux matchs cette saison, s’est retenu de trop aller sur ce terrain-là. « Il y a beaucoup de frustration sur beaucoup de choses qui se sont passées pendant le match, a-t-il conclu, également au micro de Ligue 1+. A chaque match, c’est la même chose. C’est mieux que je ne parle pas plus… Je ne sais pas pourquoi personne ne respecte notre club. » Ni des « interprétations » de règles semblant relever du bon sens.



















