OL - PSG : « L’arbitrage de M. Bastien, c’est une catastrophe »… Très remonté, Lyon a-t-il vraiment été lésé ?
Var à moitié vide•Corentin Tolisso, Matthieu Louis-Jean et Jorge Maciel ont pointé trois décisions arbitrales litigieuses qui ont pu jouer un rôle majeur dans le succès arraché par le PSG (2-3), dimanche dans le temps additionnel. Un coup de gueule vraiment fondé ?Jérémy Laugier
L'essentiel
- L’OL estime avoir été lésé par l’arbitrage lors de sa défaite face au PSG (2-3), dimanche en clôture de la 12e journée de Ligue 1.
- A l’instar d’un tweet piquant d’Alexandre Lacazette (« Bravo OL, pas facile à 11 vs 12 »), tout le club lyonnais était très remonté contre Benoît Bastien ainsi que les arbitres vidéo du soir. L’entraîneur adjoint de Paulo Fonseca, Jorge Maciel, dénonce même un match « à 16 contre 11 », en incluant l’équipe VAR dans son coup de gueule.
- Trois décisions arbitrales, toutes en première période, sont principalement disséquées par l’OL. 20 Minutes fait le point sur la polemica de la fin de week-end sur la planète football.
Au Parc OL,
Alexandre Lacazette a beau désormais vivre à plus de 4.000 km de son Lyon natal, ne comptez pas sur lui pour manquer un choc comme OL-PSG. Plus surprenant, dès le coup de sifflet final de ce passionnant match remporté in extremis (2-3) par les joueurs de Luis Enrique dimanche, l’attaquant de Neom (Arabie saoudite) a signé un tweet aussi court que tranchant : « Bravo OL, pas facile à 11 vs 12 ». Peu après, l’adjoint de Paulo Fonseca, Jorge Maciel, n’a pas hésité à aller encore plus loin : « En face, on avait la meilleure équipe d’Europe, et ils n’ont pas besoin de jouer à 16 contre 11, parce que je compte aussi le VAR ».
Comme aux grandes heures du show Jean-Michel Aulas en zone mixte, avec des sorties au lance-flammes contre le corps arbitral, l’Olympique Lyonnais s’est organisé pour faire corps. Au menu un dispositif collectif se rapprochant de celui ayant suivi le « Stassingate » dans le dernier derby en avril 2025, ou à Rennes il y a deux mois pour le désormais culte « ça reste pas, ça glisse » ayant frappé Khalis Merah.
Les dirigeants « dans l’incompréhension totale »
A savoir une triple lame Corentin Tolisso - Matthieu Louis-Jean - Jorge Maciel face aux médias, tous les trois orientant les deux tiers de leur intervention sur les décisions « inadmissibles » (dixit Moussa Niakhaté sur son compte X) de Benoît Bastien. « Cette défaite est totalement rageante et à chaud, c’est dur de ne pas dire trop de bêtises, a initié le capitaine lyonnais Corentin Tolisso, entré en jeu à la 78e minute dimanche. Je ne vous cache pas que c’est dur, d’autant qu’on paie très cher les décisions arbitrales cette saison. »
S’estimant déjà lésés à Rennes (3-1) et au Paris FC (3-3), les Lyonnais ont donc voulu marquer le coup après le cruel épilogue du coup de tête victorieux de Joao Neves (2-3, 90e + 5). A ce petit jeu, le directeur technique du club Matthieu Louis-Jean n’a guère pris de pincettes pour taillader l’arbitrage français dans son ensemble.
« On considère qu’il y a des fautes d’arbitrage importantes et ça commence à faire beaucoup. On est encore une fois dans l’incompréhension totale. Je ne sais pas ce qu’il faut faire. Il y a un vrai problème de cohérence dans l’arbitrage qu’on répète tous les week-ends. Qu’est-ce qu’il faut faire pour avoir un arbitrage correct ? Ce soir, l’arbitrage de M. Bastien, c’est une catastrophe. Je ne l’ai pas vu après le match. Mais de toute façon ils [les arbitres] ne disent jamais rien, ça n’est jamais de leur faute. Et lundi, leur semaine commencera sans problème... »
Mais quelles décisions ont donc pu mettre dans cet état un dirigeant habituellement discret et mesuré ? Capitaine, coaching staff et directeur technique sont avant tout alignés sur trois situations de jeu lourdes de conséquences (toutes en première période), que 20 Minutes va vous détailler dans l’ordre chronologique, tout en tentant de les juger.
A 0-1 à la 28e, un penalty oublié pour une main de Zabarnyi ?
Sur un corner d’Afonso Moreira, Ruben Kluivert s’arrache pour reprendre le ballon de la tête, mais celui-ci lui échappe d’un rien avant de filer en sortie de but. Le défenseur néerlandais réclame spontanément un penalty pour une faute de main supposée d’Illya Zabarnyi, qui se trouvait au duel avec lui. Matthieu Louis-Jean l’assure : « On a vu les ralentis et il y a une main qui est claire ». Corentin Tolisso est tout aussi formel : « Pour moi, il y a un penalty pour une main flagrante ».
Notre avis : Très fébrile durant toute sa soirée au Parc OL, l’Ukrainien lève bien étrangement son bras gauche, dans un probable mauvais réflexe. Mais aucune image diffusée par Ligue 1 + n’assure que son geste change la trajectoire du ballon de manière décisive. A-t-il donc effleuré ce centre et ainsi empêché Kluivert de s’offrir un coup de tête en excellente position ? Dans le doute, on valide le choix des arbitres VAR de s’abstenir de prévenir Benoît Bastien.
A 1-1 à la 33e, le but de « Kvara » précédé d’une faute de Vitinha sur Tessmann ?
Sous pression, l’OL tente de se relancer proprement, peu après la demi-heure de jeu, et Tanner Tessmann s’appuie sur Rachid Ghezzal. L’improbable faux 9 du soir lui glisse une remise pas cadeau, à 25 m de leur but, et le contrôle… américain qui suit ne laisse rien présager de bon. Tessmann tergiverse et tente de protéger le ballon en plaçant son corps en opposition. Vitinha intervient malgré tout et gratte une interception clé, qui se transforme en passe décisive à destination de Khvicha Kvaratskhelia, clinique face à Dominik Greif (1-2, 33e).
« Il touche le genou de Tanner, c’est flagrant, peste Matthieu Louis-Jean. On ne comprend pas : pourquoi le VAR n’appelle pas M. Bastien sur cette faute ? » Car si Jérôme Brisard et Bruno Coué, chargés de l’arbitrage vidéo de ce match, ont checké la séquence pendant près de deux minutes, ils n’ont pas jugé nécessaire de suggérer à Benoît Bastien de visionner des ralentis. En première ligne pour râler, Nicolas Tagliafico, Moussa Niakhaté et Jorge Maciel (carton jaune pour contestation sur le coup) n’ont pas obtenu gain de cause.
Notre avis : OK, la prise de risques de Tanner Tessmann dans cette zone/face à une telle équipe/avec la technique qui est la sienne était à n’en pas douter inconsidérée. Mais il n’empêche que dans pareille situation, le défenseur se retrouve le plus souvent « protégé » par l’arbitre en cas de contact. Et le genou de l’international US est ici clairement touché. Même si le milieu lyonnais a sans doute tort d’exagérer l’impact, il aurait selon nous dû bénéficier d’un coup-franc, et ce deuxième but parisien aurait donc dû être annulé.
A 1-2 à la 42e, y’avait-il penalty de Lee sur Tagliafico ?
Lyon pousse pour revenir en fin de première période, et sur un centre de Ruben Kluivert, Tanner Tessmann parvient à dévier le ballon de la tête vers le second poteau. Nicolas Tagliafico se jette et de demi-volée, il trouve le montant d’un Lucas Chevalier battu. Illya Zabarnyi met le ballon en corner et le latéral argentin ne réclame absolument rien auprès de Benoît Bastien, au contraire de ses coéquipiers Khalis Merah et Afonso Moreira.
Au ralenti, on constate que Kang-in Lee intervient brutalement derrière Tagliafico sur ce coup, en heurtant avec son pied le genou de l’ancien joueur de l’Ajax, juste après que sa demi-volée ne soit partie. « C’est un penalty clair, lance Jorge Maciel. L’adversaire est derrière Nico, il ne peut pas jouer le ballon. »
Notre avis : C’est sans doute la situation la plus délicate des trois à trancher. Tout simplement car à vitesse réelle, on n’a pas du tout l’impression que Tagliafico est gêné par une faute. Après plusieurs ralentis visionnés, on envisagerait presque le combo penalty-carton rouge contre Lee pour son brutal coup de savate.
La plus grosse bizarrerie là-dessus vient du choix des arbitres VAR de laisser Benoît Bastien reprendre le jeu moins de trente secondes plus tard. Allez, mouillons-nous, penalty mais pas de double peine là-dessus selon nous.
Un groupe « pas respecté »
Cette soirée à décisions sans pour l’OL s’est accompagnée de l’exclusion (logique) de l’omniprésent Nicolas Tagliafico (90e + 3), deux minutes avant le coup de poignard de Joao Neves. Il s’agit du troisième match consécutif en Ligue 1 que les joueurs de Paulo Fonseca finissent à 10 contre 11, après les cartons rouges d’Abner Vinicius au Paris FC (3-3) et d’Hans Hateboer à Brest (0-0).
Notre dossier sur l'OL« C’est normal qu’on soit nerveux à la 90e avec un arbitrage comme celui-là, riposte sur le sujet Jorge Maciel. Je pense qu’on est très respectueux pour un groupe qui n’est pas respecté depuis quelques journées, et qui a un sentiment d’injustice. » Mais aussi la fierté d’avoir évolué les yeux dans les yeux avec le champion d’Europe en titre, malgré un onze en partie bricolé, le tout moins de trois jours après la défaite européenne à Séville (2-0). Finalement, cette énième trêve internationale ne sera pas de trop pour permettre à l’OL de couper (un peu) avec l’arbitrage français.



















