Piratage d’œuvres : Pourquoi le dispositif de l’Arcom, basé sur des avertissements, est retoqué par le Conseil d’Etat
droit européen•La plus haute juridiction administrative française pointe des difficultés concernant la protection des données personnelles20 Minutes avec AFP
C’est non. Le dispositif de l’Arcom pour lutter contre le piratage en ligne d’œuvres déroge au droit européen, a tranché ce jeudi le Conseil d’État. Parmi ses griefs, la plus haute juridiction administrative française relève que ce mécanisme, qui consiste à envoyer plusieurs avertissements aux internautes concernés avant une éventuelle sanction, n’impose pas que les données utilisées par l’Arcom soient conservées « de façon cloisonnée » par les opérateurs internet.
Elle pointe également dans un communiqué qu’il « autorise plus de deux recoupements de données par l’Arcom sans autorisation préalable par un juge », alors qu’il serait nécessaire d’avoir obtenu une autorisation d’une juridiction ou d’une entité administrative indépendante à partir de la troisième vérification. Ce traitement des données personnelles peut ainsi « porter atteinte au droit à la protection de la vie privée » et n’est donc « pas conforme » à la législation européenne, a décidé le Conseil d’Etat, suivant l’interprétation de la Cour de justice de l’Union européenne.
Plusieurs dispositions à abroger
Il enjoint donc au gouvernement d’abroger plusieurs dispositions du décret de 2010, qui avait mis en place cette réponse graduée, menée dans un premier temps par la Hadopi puis par l’Arcom. Dans le détail, la réponse graduée consiste à envoyer un avertissement à un internaute s’il est constaté que sa connexion à internet a servi à pirater une œuvre protégée en ligne. En cas de nouveau manquement, un deuxième avertissement lui est envoyé. A partir du troisième, le dossier est transmis à la justice.
Dans un autre communiqué, l’association de défense des libertés sur internet La Quadrature du Net, mobilisée sur le sujet depuis la création de la Hadopi et qui faisait partie des organisations ayant saisi le Conseil d’Etat, a salué une « victoire » et prévenu que « le combat n’est pas fini ».



















