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Mais qu’était venu faire Franz Beckenbauer à l’OM ?

Mort de Beckenbauer : Mais qu’était venu faire la légende allemande dans le bourbier de l’OM ?

FOOTBALLFranz Beckenbauer, décédé ce lundi 8 janvier à l’âge de 78 ans, fut l’entraîneur de l’Olympique de Marseille durant seulement 15 matchs lors de la saison 1990-1991
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • Le double ballon d’or et champion du monde allemand, Franz Beckenbauer, est mort ce lundi 8 janvier à l’âge de 78 ans.
  • L’entraîneur champion du Monde avec l’Allemagne en 1990 a dirigé l’Olympique de Marseille durant 15 matchs seulement lors de la saison 90/91 avant de quitter son poste à cause du contexte.

Un mariage contre nature qui n’aura pas duré bien longtemps. Le double ballon d’or et champion du monde à la tête de l’Allemagne en 1990, Franz Beckenbauer, disparu ce lundi à l’âge de 78 ans, fut l’éphémère entraîneur de l’OM lors de la saison 1990-1991, après une intuition toute personnelle de Bernard Tapie.

Après l’échec de la signature de Maradona, le président olympien avait voulu frapper un grand coup pour faire un peu plus entrer son club dans la cour des grands. Et c’est par le biais du rachat d’Adidas à l’été 1990 que le « Boss » parvient à toucher son nouvel entraîneur, le plus prestigieux de l’époque.

« Une humilité qui vous laissait sur le cul »

Franz Beckenbauer débarque alors à Marseille le 6 septembre 1990 alors que Gérard Gili a déjà dirigé neuf matchs, pour sept victoires et deux nuls et qu’il sort d’un titre de champion et de la fameuse demi-finale de C1 perdue sur la main de Vata. « On ne pouvait pas être deux entraîneurs et il était temps pour moi de laisser la main », se remémore l’ancien gardien, beau joueur, auprès de 20 minutes. Quand il rejoint la France, l’Allemand est considéré comme une rock star au point d’être invité au JT de France 2. « On voit Tapie à la une des journaux avec Beckenbauer. Beckenbauer, c’était comme les Beatles ou les Rolling Stones ! », dira à SoFoot Basile Boli.

Malgré des qualités humaines indéniables, « quelqu’un de tout à fait charmant, très disponible et à l’écoute des problèmes des autres » pour Gérard Gili, « un seigneur, avec un grand S, il mettait tout le monde sur le même pied d’égalité, avec une simplicité et une humilité qui vous laissaient sur le cul », selon le gardien remplaçant de l’époque, Alain Casanova, la mayonnaise ne prend pas pour plusieurs raisons.

« Je lui ai demandé d’accepter ma démission »

Le manque de professionnalisme du club, tout d’abord : « il y avait beaucoup de manques. On n’avait pas de centre d’entraînement, pas de terrain, il fallait prendre le bus tous les jours pour aller s’entraîner. On se déshabillait au Vélodrome et on allait s’entraîner. On était loin des exigences et de la rigueur allemande que pouvait avoir Franz Beckenbauer » se rappelle Casanova. A cause de la barrière de la langue, aussi, Jean-Pierre Papin jouant même le traducteur entre l’entraîneur et Pascal Olmeta, le gardien de l’époque. Et de l’omniprésence Bernard Tapie, « le Kaiser » se plaignait souvent de consignes tactiques dictées par son président.

Mais aussi à cause du contexte marseillais, déjà. « Un marécage » comme l’avait évoqué le principal intéressé dans une interview accordée à l’Equipe : « Tapie m’a fait les yeux doux en réussissant à me séduire. Puis très vite, plusieurs affaires ont fait la une des médias français avec Tapie mêlé à plusieurs scandales. En décembre 1990, je lui ai demandé d’accepter ma démission, mais il a fini là encore par me persuader de continuer jusqu’à la fin de la saison. » Pas en tant qu’entraîneur, mais sous la forme de directeur sportif. « C’est vrai qu’il n’est pas resté longtemps, mais il a quand même pris ce poste de directeur sportif par courtoisie », rappelle Gérard Gili, qui garde le souvenir d’une « icône du football ». Alain Casanova restera, lui, « marqué à vie » par ce « gentleman ».