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Au bout de l’ennui, les Bleus raccompagnent gentiment les Belges à la maison

France – Belgique : Au bout du bout de l'ennui, les Bleus raccompagnent (encore) les Diables Rouges à la maison

FOOTBALLL’équipe de France s’est imposée à sa manière, sans briller dans le jeu tout en multipliant pourtant les tirs sur le but belge, et voilà la bande à DD qualifiée pour les quarts de finale
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

De notre envoyé spécial à Düsseldorf,

Longtemps sommet de médiocrité, ce France-Belgique a finalement tourné à l’avantage des Bleus de Deschamps, après un nouveau but inscrit contre son camp, venant clore une moisson de tirs non cadrés, désormais spécialité numéro 1 de cette équipe de France. Mais à l’arrivée, comme en 2018, les Bleus raccompagnent les Belges à la maison et poursuivent leur petit bonhomme de chemin vers les quarts de finale.

A touché le fond mais creuse toujours. On avait beau le savoir, on n’est jamais préparé à ça. Après une phase de poule marquée du sceau de l’ennui, aussi bien pour la France que la Belgique, on ne s’attendait évidemment pas à un sommet de football et de beau jeu, lundi, à Düsseldorf. Mais ce que nous ont proposé les deux équipes durant les 45 premières minutes dépasse de loin l’entendement. Il fallait voir les joueurs, statiques dès le coup d’envoi, s’échanger des passes à deux mètres, sans aucun mouvement ni pressing de part et d’autre, pour le croire. Et tandis que les supporters belges – qu’on ne félicitera pas pour ces sifflets nourris au moment de la Marseillaise – reprenaient le chant anglais « Please don’t take me home », du haut de notre tribune, on aurait payé cher pour être tranquille à la maison devant un bon docu animalier sur Arte.

Il aura fallu un coup de pied arrêté de Kevin de Bruyne à la demi-heure de jeu pour sortir le stade de la sieste dans laquelle il s’était vautrée. Et obliger Maignan à un sauvetage du pied peu académique mais efficace sur sa ligne. En guise de réponse, les Bleus s’en remirent à un bon centre de Jules Koundé – comme quoi tout arrive – et une tête de Marcus Thuram de peu à côté. Ajoutons à ça deux tentatives lointaines non cadrées de Tchouameni et l’arbitre pouvait enfin libérer tout ce beau monde pour une mi-temps bien méritée (non).

Didier Deschamps et Antoine Griezmann en grande discussion à la Merkul Spiel Arena de Düsseldorf.
Didier Deschamps et Antoine Griezmann en grande discussion à la Merkul Spiel Arena de Düsseldorf.  - Sipa USA/SIPA

Griezmann ailier droit, sérieux sérieusement Didier ? Deschamps répète à l’envi qu’il bâtit son équipe et son système en fonction des qualités de chacun, dans le but de mettre ses meilleurs éléments là ils sont le plus à l’aise. On prend donc acte que cette règle concerne tout le monde sauf Antoine Griezmann. Après l’avoir trimbalé à deux postes différents au milieu du terrain contre l’Autriche et les Pays-Bas puis renvoyé sur le banc pour la première fois de son mandat dans une grande compétition, voilà donc le Madrilène bombardé à droite d’un 4-3-3, une position où il avait toutes les chances de ne rien faire de bon. Ce qu’il fit allègrement. Quand on dispose dans son groupe de spécialistes du genre, des flèches comme Dembélé, Barcola, Coman ou Kolo Muani, le choix du sélectionneur a de quoi déconcerter.

Accordons au moins à Grizou d’avoir réussi à cadrer un tir, une prouesse rare de nos jours avec cette équipe de France. Ce n’est pas compliqué, en ce moment, les Bleus ont des faux airs d’Émilien Jacquelin un soir de brouillard devant une cible à cinq mètres. On a compté pas moins de dix-neuf tentatives (et pas des moindres) pour deux dans le cadre, ce qui n’est pas loin de rentrer dans le Guinness Book des records à la con.

L’ami CSC sur qui on peut toujours compter. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. De Tchouameni (quatre patatas) à Mbappé (trois) en passant par Saliba ou Rabiot, la bande à Dédé a plus allumé qu’à un ball-trap texan. Alors, pour que ça rentre, il fallait forcément s’en remettre à un coup de pouce du destin. Et celui-ci se nomma Vertonghen, le défenseur central belge dont la cuisse détourna un tir taupé de Kolo Muani, entré à l’heure de jeu à la place de Thuram. Trois buts inscrits et toujours pas un dans le jeu, donc. Mais qu’importe, cette équipe est bien capable d’aller au bout de cette manière.

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Ce qui est sûr, c’est que la joie des joueurs, banc de touche compris, traduisait alors bien la délivrance d’une équipe qui ne se pensait plus capable d’un jour trouver la faille. Au vu du différentiel entre le nombre d’occases françaises et belges lundi aprem, la victoire tricolore n’a malgré tout rien de volée. Cette fois-ci, nos amis et voisins du plat pays devront trouver autre chose pour passer leurs nerfs.