OL-Valenciennes : « Il ne fallait pas nous enterrer trop tôt »… Lyon a vécu une demi-finale « magique »
FOOTBALL•Vainqueur de Valenciennes (3-0) en demi-finale de la Coupe de France, l’Olympique Lyonnais s’est offert mardi l’une des plus belles soirées de l’histoire du Parc OL. Le voilà qui se dirige contre toute attente vers « une saison exceptionnelle »Jérémy Laugier
L'essentiel
- L’Olympique Lyonnais s’est qualifié pour la finale de la Coupe de France, en battant mardi en demie Valenciennes (3-0).
- Douze ans après son dernier titre, l’OL a une opportunité en or de soulever un trophée, et de retrouver une Coupe d’Europe, le 28 mai contre le vainqueur du choc PSG-Rennes de ce mercredi.
- Encore lanterne rouge de Ligue 1 en décembre, l’équipe de Pierre Sage vient d’assurer contre toute attente son maintien dans l’élite et s’est offert une soirée « magique » tout aussi inattendue, dans un Parc OL à guichets fermés.
Au Parc OL,
Si on avait dit à Maxence Caqueret, après son lumineux Final 8 de Ligue des champions, en août 2020 à Lisbonne, que sa plus grande émotion de footballeur aurait lieu lors d’un succès contre une équipe incapable de remporter plus de deux matchs dans sa saison de Ligue 2, il se serait bien marré. C’est pourtant très (très) ému que le milieu lyonnais de 24 ans s’est pointé devant la presse mardi soir, en tant que futur finaliste de cette Coupe de France 2024.
« Je n’avais jamais vu le stade en fusion comme ça, s’émerveille le natif de Vénissieux, pur produit du centre de formation de l’OL. C’est une soirée qui sera à jamais gravée dans ma tête. On est hyperfiers de fêter ça avec notre public, c’est juste magique. » Oui oui, « magique » de battre Valenciennes, lanterne rouge de Ligue 2, malgré une première période en grande partie poussive (0-0 à la pause, 3-0 au final).
« Nos supporteurs méritent des moments comme ça »
Car si pour les Nordistes, cette demi-finale de la Coupe de France se résume principalement aux décisions arbitrales litigieuses de Stéphanie Frappart, elle offre aux Lyonnais une soirée/nuit aussi festive qu’inespérée. « Je n’ai pas vu venir cet envahissement de terrain, c’était fou, se marre le défenseur irlandais Jake O’Brien. Ça fait surtout plaisir de voir tous ces sourires sur les visages des supporteurs. Ils méritent des moments comme celui-ci. »
Il faut en effet rembobiner le film de la saison lyonnaise de quatre mois, au soir d’une tartasse (3-0) au Vélodrome, pour comprendre comment cette victoire (on ne peut plus prévisible) face à VA a pu générer un tel kif collectif et un envahissement de terrain bien plus joyeux que le seul précédent dans ce Parc OL, en avril 2017 contre Besiktas. Dernier de la Ligue 1 à six points du premier non relégable, après tout de même 14 journées, cet OL qui venait de miser sur l’inexpérimenté Pierre Sage fonçait inévitablement en Ligue 2, ce 6 décembre 2023.
Ça, c’était avant l’insensée remontée de la bande à Stone Wise, qui vient déjà de valider son maintien (10e), qui lorgne la 7e place potentiellement synonyme de Ligue Europa Conférence (l’OM n’est qu’à quatre points), et qui va donc disputer la finale de la Coupe de France à Lille, le 28 mai (contre le PSG ou Rennes).
« On revient de loin »
« Comme quoi il ne fallait pas nous enterrer trop tôt, note Alexandre Lacazette, encore déterminant mardi avec son doublé en début de seconde période. Souvent je disais à Coco [Tolisso] : "T’inquiète, on va s’en sortir". Mais c’est encore plus beau que ce que j’avais imaginé. » L’émotion de l’ancien capitaine d’Arsenal n’était clairement pas feinte ou surjouée, à l’image de sa rage affichée sur son penalty libérateur inscrit face à VA (1-0, 51e), tout en enlevant son maillot.
« On revient de loin. C’était beau, une communion avec le public. Je suis heureux et ému pour le peuple lyonnais ce soir. Ça faisait un moment que ces supporteurs n’attendaient que ça, ça se sent. J’avais beaucoup de regrets par rapport à la demie de Coupe de l’année dernière à Nantes (1-0). J'y croyais vraiment et on avait fait un non-match. Je l’avais pris un peu pour moi parce que je n’avais pas su emmener l’équipe. Aujourd’hui c’est un autre destin. Après toute la frustration ressentie ces dernières années, les supporteurs en profitent au max ce soir. »
Une grande partie des 56.719 spectateurs présents mardi au Parc OL est ainsi restée durant toutes ces célébrations si spéciales, du « Ahou » relancé comme jamais à un bain de foule de John Textor himself, jusqu’au chant totalement barré partagé par Saël Kumbedi avec le virage nord. Oui oui, Saël Kumbedi, pourtant même pas retenu par Pierre Sage sur la feuille de match contre Valenciennes (coucou Kylian).
En quête d’un titre depuis la Coupe de France 2012, en quête d’une qualification européenne depuis 2021, l’OL se prend à rêver de renouer (enfin) avec son lustre d’antan. « Cette ambiance me rappelle quand j’étais petit, que je venais voir jouer les pros et que le stade était envahi, s’est souvenu sur beIN Sports Corentin Tolisso, un autre symbole de la formation lyonnaise. Le vivre est quelque chose d’extraordinaire. » Mais une question revient inlassablement : comment le poncif « tout va très vite dans le football » a-t-il pu trouver une illustration aussi éclatante que ce Lyon textorien ?
« Un esprit revanchard » pour se relancer
« Ça montre qu’on a su rester soudés dans le groupe, même quand on était tout en bas », estime simplement Jake O’Brien. « En décembre, tout le monde disait que l’OL allait descendre et que c’était fini pour nous, rappelle pour sa part Maxence Caqueret. C’est sûr qu’avec tout ce qu’on a pu entendre sur nous, il y a eu un esprit revanchard, et on a su montrer qu’on était encore là. A nous d’aller chercher ce titre qui peut rendre la saison exceptionnelle. » From « pire saison de l’histoire du club » to « saison exceptionnelle » very quickly ?
NOTRE DOSSIER SUR L'OLHeureusement que dans cette euphorie contagieuse à Lyon, il reste un Sage, droit dans ses bottes, à peine perturbé d’avoir été porté en triomphe par ses joueurs et ovationné par tout le stade. « Ce soir, on n’a rien gagné, on a juste gagné le droit de faire un match de football de plus, résume l’entraîneur de l’OL. L’idée, c’est de ne pas aller à Lille pour faire du tourisme. » On a bien compris que ce n’était pas le genre de la maison, Pierre.


















