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La saison d’Eredivisie menacée par un litige autour de joueurs binationaux

Pays-Bas : Pas moins de 133 matchs de la saison d’Eredivisie menacés par un litige autour de joueurs binationaux

« Paspoortgate »Le championnat d’élite néerlandais de football est menacé de ne pas pouvoir aller à son terme pour un imbroglio colossal lié à la situation de 25 joueurs binationaux, à qui il manque un permis de travail requis pour pouvoir disputer l’Eredivisie
Jérémy Laugier

J.Lau.

L'essentiel

  • 133 matchs d’Eredivisie sont menacés d’être rejoués cette saison en raison d’un problème législatif concernant 25 joueurs binationaux.
  • Ceux-ci n’ont en effet pas le permis de travail requis, après avoir renoncé à leur citoyenneté néerlandaise pour jouer pour d’autres sélections comme le Surinam, Curaçao ou l’Indonésie.
  • Cette énorme affaire, baptisée « Paspoortgate », est sortie le mois dernier à la suite d’un podcast s’interrogeant sur la titularisation du joueur de Go Ahead Eagles Dean James, né aux Pays-Bas mais devenu international indonésien un an plus tôt.

L’incertitude autour du championnat néerlandais est actuellement colossale. Un problème législatif concernant les joueurs binationaux de certains clubs menace en effet pas moins de 133 matchs de cette saison d’Eredivisie, qui pourraient se retrouver à être rejoués. Ce flou artistique dément a pris forme mi-mars à partir d’un podcast, De Derde Helft, dans lequel un intervenant s’interrogeait sur la titularisation de Dean James avec Go Ahead Eagles, lors du match tout juste disputé contre NAC Breda (6-0).

Car comme de nombreux autres joueurs d’Eredivisie ayant notamment opté pour la sélection du Suriname ou de Curaçao, Dean James est né aux Pays-Bas mais il est international indonésien depuis un an. Et le souci est raconté pour ESPN par Marjan Olfers, professeur de droit du sport : « Si un joueur renonce à sa citoyenneté néerlandaise, il entre pour ainsi dire dans une juridiction différente. En fait, il devient alors un étranger. Et il doit par conséquent posséder un permis pour pouvoir exercer son activité ici ».

« Cela pourrait devenir le chaos »

Vous voyez le « Paspoortgate » venir : 25 joueurs n’ont pas ce permis de travail requis pour pouvoir disputer la D1 néerlandaise. L’émission De Derde Helft leur étant revenue aux oreilles, les dirigeants de NAC Breda ont vite déposé un recours auprès de la Fédération néerlandaise pour creuser cette affaire, à partir de ce fameux match face à Go Ahead Eagles et Dean James.

Les trois locomotives d’Eredivisie, l’Ajax Amsterdam, le PSV Eindhoven et le Feyenoord ont beau être dans les clous sur la question des binationaux, ça n’est pas le cas d’autres clubs, qui ont mis au chômage technique les joueurs concernés, vu l’ampleur prise par cet imbroglio. La Fédération néerlandaise et le conseil de surveillance de l’Eredivisie ont beau avoir rejeté la demande de NAC Breda, un appel est en cours (verdict lundi) et rien n’est encore acté quant à l’issue du championnat.

Notre dossier sur les Pays-Bas

« De nombreux autres clubs ont émis des réserves, et si le juge donnait raison au NAC, cela pourrait devenir le chaos, raconte à ESPN Marianne van Leeuwen, directrice du football professionnel à la Fédé néerlandaise. Il se pourrait alors que le championnat ne puisse pas être mené à son terme. » Avec la bagatelle de 133 matchs menacés par ces contentieux, on veut bien le croire.