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Comment Curaçao est devenu le plus petit pays de l’histoire au Mondial

Coupe du monde 2026 : Comment Curaçao est devenu le plus petit pays de l’histoire à se hisser dans un Mondial

Caribbean dreamMalgré ses 156.000 habitants, l’île des Antilles néerlandaises vient de créer la sensation en se qualifiant pour la Coupe du monde 2026, grâce à son nul (0-0) en Jamaïque mardi soir
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Ile des Antilles néerlandaises de 156.000 habitants, Curaçao a réussi l’exploit de se qualifier pour la Coupe du monde 2026, grâce à son match nul (0-0) en Jamaïque mardi soir.
  • Il s’agit du plus petit pays de l’histoire jamais qualifié pour un Mondial de football, devant l’Islande et ses 350.000 habitants.
  • Dirigée par le Néerlandais Dick Advocaat, la sélection curacienne est composée exclusivement de joueurs nés et formés aux Pays-Bas.

Le sport mondial nous avait déjà réservé des tonnes de surprises ces derniers mois. Une athlète de Sainte-Lucie s’était hissée sur le toit du sprint mondial aux JO de Paris 2024, tandis que des joueurs amateurs néo-zélandais étaient présents à la première Coupe du monde des clubs new-look de la Fifa l’été dernier. Mais même dans une configuration inédite de Mondial 2026 à 48 nations, on n’imaginait pas un instant écrire un sujet sur les footballeurs de Curaçao.

Et pourtant, cette île des Antilles néerlandaises, dont le nom évoque surtout une liqueur d’orange aussi bleue que la mer des Caraïbes, va officiellement disputer sa première Coupe du monde de football, tout comme le Cap-Vert, l’Ouzbékistan et la Jordanie. Elle a su arracher la première place de son groupe des éliminatoires de la zone Concacaf grâce à un nul (0-0) contre la Jamaïque à Kingston, malgré trois poteaux jamaïcains et un penalty annulé par le VAR dans le temps additionnel.

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L’Islande 2018 surclassée par Curaçao

Voilà donc Curaçao parmi les derniers qualifiés pour le Mondial 2026 aux Etats-Unis, avec Haïti et le Panama (deuxième Coupe du monde pour chacun d’eux). Et ce avec un statut historique : celui du plus petit pays qualifié en 23 éditions de la Coupe du monde de football, ses 156.000 habitants devançant nettement l’Islande (350.000 habitants) lors du Mondial 2018. Mais comment une si petite île du sud des Caraïbes a-t-elle pu se qualifier pour une compétition aussi prestigieuse, malgré un plateau nettement élargi, de 32 à 48 nations ?

On peut l’affirmer : la concurrence n’est pas vraiment féroce en Amérique du Nord, et trois tickets étaient cette fois garantis pour l’été prochain, en plus des trois pays organisateurs que sont les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, contre trois ou quatre places au maximum jusque-là. Le Costa Rica (six phases finales de Coupe du monde) et le Honduras (présent en 1982, 2010 et 2014) sont cette fois passés au travers dans le groupe de Haïti, tout comme donc la Jamaïque, désormais barragiste avec le Suriname (autre ancienne colonie néerlandaise).

Dirigés par le célèbre Dick Advocaat, ex-sélectionneur des Pays-Bas, de la Corée du Sud et de la Russie, les Curaciens en ont profité pour s’offrir l’épopée d’une vie. Mais quels joueurs composent cette 82e nation au classement Fifa, dont la meilleure perf ever reste un modeste quart de finale de la Gold Cup 2019 perdu face aux États-Unis (0-1) ? C'est simple : absolument tout l’effectif de cette sélection est né aux Pays-Bas et formé dans des clubs d’Eredivisie.

Un choc attendu contre les Pays-Bas ?

On peut notamment citer l’ailier Tahith Chong (Sheffield United), découvert avec Manchester United (coucou les supporteurs du PSG), le défenseur du PSV Eindhoven Armando Obispo et l’attaquant de Middlesbrough Sontje Hansen. Autant de solides joueurs professionnels qui n’ont rien à voir avec la courte aventure américaine d’Auckland City en juin dernier.

« Nous voyons de plus en plus de jeunes joueurs, qui malgré la perspective de jouer un jour pour les Pays-Bas, rejoignent Curaçao et renforcent notre équipe », apprécie Juninho Bacuna, milieu de Gaziantep (Turquie), auprès de la BBC. L’ancienne colonie néerlandaise, autonome depuis 2010, est donc toujours fortement influencée par les Pays-Bas, bien qu’à 8.000 km de leur île. D’ailleurs, l’exploit des Curaciens a été fêté par une importante diaspora présente à Rotterdam, ce mardi matin.

Notre dossier sur la Coupe du monde 2026

Si le football n’est même pas le sport le plus populaire à Curaçao, devancé par baseball, nul doute que les rues de Willemstad vibreront dans huit mois devant la « Blue Wave ». Et pour bien faire les choses dans le storytelling du Petit Poucet de la compétition, on sent venir gros comme une maison un match au premier tour contre les Pays-Bas, lors du tirage au sort du 5 décembre, pas vous ?