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Pourquoi Moutet a-t-il tenté ce coup « ridicule » contre la Belgique ?

Coupe Davis : « Je me dis que je suis un clown »… Pourquoi Corentin Moutet a-t-il tenté ce coup « ridicule » et fatal ?

Tweener cataLe fantasque gaucher tricolore a plombé l’équipe de France de tennis, mardi lors du premier match du quart de finale de Coupe Davis contre le Belge Raphaël Collignon, avec un « tweener » manqué
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’équipe de France de tennis a sombré en seulement deux matchs, mardi à Bologne (Italie), dès son quart de finale de Coupe Davis contre la Belgique.
  • Corentin Moutet semblait pourtant avoir la première rencontre en mains contre Raphaël Collignon (6-2, 5-6) mais il a alors tenté (et surtout perdu) sur sa mise en jeu un point essentiel sur un « tweener » gratos dont seul lui a le secret.
  • « Sur ce coup, il y a plein d’options plus intelligentes à faire à ce moment-là, surtout avec la pression », admet le 35e joueur mondial, après avoir précipité l’élimination des Bleus en raison de sa défaite en trois sets (6-2, 5-7, 5-7).

Après avoir fait l’essuie-glace le long de la ligne de fond pour remettre dans le court deux coups gagnants en puissance, Raphaël Collignon tourne le dos au jeu, certain à 100 % d’avoir perdu ce point clé, quasiment synonyme de tie-break pour Corentin Moutet. Mais le fantasque gaucher français, alors en pleine confiance mardi à 6-2, 5-6, 15-15, fait rarement dans la simplicité. Sur ce revers sans vitesse et sans difficulté revenant juste derrière le filet, le numéro 35 mondial feinte un smash pour conclure, avant de nous sortir du chapeau sa spéciale : un « tweener » (coup entre les jambes au tennis)… cette fois totalement manqué !

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Le genre de tournant à même de vous faire dérailler un premier match de quart de finale de Coupe Davis contre la Belgique. Et bim, ça n’a pas manqué : une double faute dans la foulée pour offrir deux balles de set à son adversaire, modeste numéro 86 à l’ATP, subitement relancé et transcendé. Après n’avoir cédé qu’un seul petit point sur ses 28 derniers en mise en jeu, Raphaël Collignon a donc remporté ce match en trois sets (2-6, 7-5, 7-5). Et comme son compatriote Zizou Bergs (43e mondial) a pris le meilleur ensuite sur Arthur Rinderknech (6-3, 7-6), les Bleus sont passés à la trappe à toute vitesse lors de ce nouveau format de « Final 8 » en Coupe Davis, mardi à Bologne (Italie).

Moutet admet « plein d’options plus intelligentes »

C’est donc là qu’on en revient à cet incompréhensible point : pourquoi diantre notre « Coco » Moutet a-t-il pu opter pour une telle prise de risques inutile/gratos/insensée dans un point aussi déterminant, et impliquant toute une sélection ? Rassurez-vous, l’intéressé ne risquait pas de faire le mariole après un tel couac.

« J’essaie de jouer de manière assez spontanée, et, malheureusement, c’est ça qui est venu de manière spontanée, confiait-il à chaud face aux médias. Sur ce coup, il y a plein d’options plus intelligentes à faire à ce moment-là, surtout avec la pression. J’aurais aimé faire quelque chose de plus simple, mais ça fait aussi partie de mon jeu, de moi, il faut que je l’accepte. J’ai été pris par l’émotion, je n’ai pas réussi à la gérer. »

« Ça a évidemment changé le set » selon Collignon

Avant d’ajouter : « J’ai déjà réussi ce coup par le passé et les gens trouvaient ça incroyable. Quand je le rate, évidemment, ils vont dire que je suis un clown. C’est comme ça que je me sens aussi : quand je rate et que je perds le match, je me dis que je suis un clown. J’aurais dû faire autre chose. Surtout quand il y a des collègues sur le côté qui croient en moi, qui me font confiance. » Et Corentin Moutet ne peut pas compter sur Raphaël Collignon pour minimiser l’importance de ce point offert.

« Ça a évidemment changé le set parce que s’il prend ce point-là, je pense que ça fait 6-6 et on ne sait pas ce qu’il se passe ensuite. Le momentum a changé après ça. Sur le coup, je n’ai pas vraiment compris. J’ai le mérite de me battre sur une balle impossible. Après, c’est Corentin : il est capable de faire des coups incroyables et parfois de s’emmêler un peu les pinceaux. Pour tenter ça sur un coup important, il fallait être sûr de soi. Et il a été ridicule parce qu’il l’a complètement raté. Il s’est compliqué la tâche pour rien, je lui dis merci. »

Raphaël Collignon

Se remettra-t-il d’une telle débâcle avec les Bleus ?

« Ridicule », le qualificatif a donc été lâché par le joueur belge, ravi de profiter de cette bévue pour renverser un match mal embarqué et se hisser en demi-finale, vendredi contre le vainqueur d’Italie-Autriche.

Notre dossier sur la Coupe Davis

Le capitaine de l’équipe belge Steve Darcis en a mis une dernière couche mardi, en annonçant en se marrant qu’il aurait « pété la gueule » à l’un de ses joueurs s’il avait osé tenter un tel geste en Coupe Davis. Bonne chance à Corentin Moutet (26 ans) pour revenir et briller avec les Bleus après une telle débâcle.