Équipe de France : Sans Chevalier ni Camavinga, Deschamps a délivré la liste la plus cohérente pour le Mondial 2026
Coupe du monde 2026•En écartant Eduardo Camavinga et Lucas Chevalier, Didier Deschamps a pris des décisions fortes pour sa liste de 26 joueurs pour la Coupe du monde 2026. La logique sportive a été respectéeWilliam Pereira
L'essentiel
- Didier Deschamps a annoncé jeudi soir sa liste de 26 joueurs appelés en équipe de France pour la Coupe du monde 2026. Le sélectionneur a décidé de ne pas appeler Lucas Chevalier, Eduardo Camavinga mais encore Corentin Tolisso et Randal Kolo Muani.
- Des absences notables qui s’expliquent par des raisons sportives spécifiques : Camavinga a perdu sa place à cause de « sa saison », Tolisso est victime d’un système en double-pivot qui lui convient moins, et Chevalier a été plombé par une deuxième partie de saison très compliquée, ponctuée d’une blessure.
- En attaque, Jean-Philippe Mateta a été préféré à Randal Kolo-Muani. L’attaquant de Crystal Palace est décrit comme « un avant-centre de surface qui a une très bonne efficacité et avec un très bon jeu de tête » par son sélectionneur.
La dernière liste de Didier Deschamps pour une Coupe du monde avec les Bleus n’a pas été la plus animée. Tout au plus le sélectionneur des Bleus a-t-il été bousculé sur des questions extra-sportives, comme les prises de positions politiques de Kylian Mbappé dans une interview à Vanity Fair - « il y a une liberté d’expression », a balayé DD - ou la vidéo polémique de Théo Hernandez - « je vous assure, ça date de 2020 ».
Pour le reste, DD a vécu une conférence de presse plutôt tranquille lors de laquelle il a pu distribuer les bons points, casé quelques vannes et rappelé qu’il ne serait pas à la retraite après la fin de son chapitre en bleu. Décence oblige, le champion du monde 1998 et 2018 s’est également confondu en excuses auprès des joueurs rayés de la liste des passagers du vol Paris-Boston, Eduardo Camavinga le premier. « Aujourd’hui, il a le droit de m’en vouloir. Je le comprends. » Même formule pour Corentin Tolisso et Lucas Chevalier qui ont aussi eu leur : « je comprends qu’il soit déçu ».
Deschamps franc avec Camavinga : « sa saison lui a fait perdre sa place »
Soit. Qui peut vraiment remettre en cause ces choix ? Qui a éteint sa télé en faisant la moue devant la liste la plus offensive du règne de Deschamps ? Allez, les Lyonnais à la rigueur. Des trois grands perdants du soir, Tolisso est le seul à avoir réussi à sa saison sportive. Mais pour être déçu, encore fallait-il y croire, et les signaux envoyés par le sélectionneur à Coco n’ont jamais pointé la direction des Etats-Unis. « Le fait d’avoir 5 milieux, qui sont indiscutables aussi… S’il y en avait eu 6 [dans la liste], il y aurait eu une possibilité de plus, calculait Deschamps jeudi soir. Tolisso aurait mérité d’être là, comme d’autres. » Dans un système promis au double-pivot, le Lyonnais partait perdant d’avance. C’est regrettable pour lui, mais on ne peut pas dire que la réussite ou l’échec des Bleus soit conditionnée par son absence.
Idem pour les deux autres. Camavinga ? Il aurait gagné à ne pas flinguer la remontada du Real Madrid contre le Bayern Munich. « Sa saison lui a fait perdre sa place. Les blessures aussi. Et la concurrence qui est très forte au poste. » Chevalier ? DD lui avait tendu la main au mois de mars dans l’espoir de le voir emmagasiner du temps de jeu d’ici l’annonce de la liste.
« S’il n’avait pas été blessé, probablement qu’il aurait joué (au PSG). Probablement. S’il avait du temps de jeu, je l’espérais en mars… Je lui ai dit. Ca faisait déjà plusieurs semaines qu’il ne jouait pas. Malheureusement ça ne s’est pas amélioré. »
Sans oublier que le rôle de 3e gardien est aussi conditionné à un apport humain à la vie de groupe, un autre domaine dans lequel Lucas Chevalier ne brille pas à Paris selon les rumeurs. A mettre en contraste avec l’enthousiasme suscité par Robin Risser, dont les premières expériences avec le groupe ont été concluantes. « Robin est jeune. Il a déjà eu le bonheur de venir avec nous pour se faire canarder un lundi avec nous », en rit encore Deschamps.
Kolo Muani, mise à l’écart logique
On pourrait également parler du sort réservé à Randal Kolo Muani sans réussir à s’en émouvoir. L’attaquant de Tottenham ne pouvait pas vivre éternellement sur sa finale de la Coupe du monde 2022, il sort d’une saison à un but et une passe décisive dans un contexte de lutte pour le maintien, tout sauf la dynamique d’un joueur qu’on a envie de voir disputer un Mondial. Voir Jean-Philippe le coiffer au poteau dans la course au remplacement d’Hugo Ekitike n’a rien d’injuste, d’autant plus que l’attaquant de Crystal Palace offre au sélectionneur un profil qui peut s’avérer utile, à savoir « un avant-centre de surface qui a une très bonne efficacité et avec un très bon jeu de tête ». Une spécificité qui l’a aussi placé devant Florian Thauvin, autre aspirant à une place parmi les attaquants.
Rien ne garantit à Didier Deschamps la réussite de ses 26 joueurs sur la route des Amériques. Il reste encore à construire une harmonie tactique et humaine à compter du 29 mai, date des premières arrivées à Clairefontaine. Mais en attendant, le boss de l’équipe de France peut se satisfaire d’avoir rendu une copie qui, pour une fois, ne fait guère de vagues.



















