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Au bout d’une nouvelle « saison telenovela », le PSG croit au sacre à Lyon

OL - PSG féminin : Au bout d’une nouvelle « saison telenovela », Paris croit au sacre en Première Ligue

Finale fémininePour la deuxième année de rang, les joueuses de l’Olympique Lyonnais accueillent ce vendredi (21 heures) le Paris Saint-Germain en finale de la Première Ligue. Un PSG dont la saison a (encore) été marquée par une actualité agitée en coulisses
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Le PSG féminin connaît une saison mouvementée, avec notamment la récente mise à pied de son entraîneur Fabrice Abriel, juste avant le début des play-offs de Première Ligue.
  • Son remplaçant Paulo César, lui aussi ancien joueur parisien, est parvenu à qualifier son groupe pour la finale du championnat, qui se déroule ce vendredi (21 heures) à Lyon-Décines contre le grandissime favori qu’est l’OL.
  • L’éviction de Fabrice Abriel est l’un des temps forts d’une saison marquée par de nombreuses tensions internes, entre Abriel et deux joueuses cadres (Geyoro et Karchaoui), mais aussi entre l’attaquante star Marie-Antoinette Katoto et le directeur sportif du PSG Angelo Castellazzi.

Et si l’ADN telenovela du Paris Saint-Germain avait opté pour de bon pour la section féminine du club ? Tandis que le jeune groupe de Luis Enrique file droit, avec dans le viseur un triplé historique (Ligue 1-Ligue des champions-Coupe de France), loin des précédents dramas ayant entouré Neymar, Kylian Mbappé ou ce cher Mauro Icardi, le PSG féminin se farcit une drôle de saison.

Car si au bout du compte, il y a ce vendredi (21 heures) une deuxième finale de Première Ligue consécutive contre l’OL, les Parisiennes abordent ce rendez-vous avec un tout nouvel entraîneur. Un fait rarissime, aussi tard dans une saison de sport professionnel, lié à la déconvenue face au voisin du Paris FC en finale de la Coupe de France.

Un barrage de C1 fatal aux ambitions du club

Cette défaite inattendue, le 3 mai à Calais (0-0, 4-5 aux tirs au but), a donc immédiatement coûté son poste au décrié Fabriel Abriel, remplacé par l’ancien joueur brésilien du PSG Paulo César, qui était cette saison le coach des U19 féminines. Mais la dimension telenovela ne se situe évidemment pas que sur cet échec sportif, ni sur celui d’une « saison régulière » de Première Ligue conclue à 10 longueurs du rival lyonnais (ah, quel régal cette formule de play-offs…).

Non, l’ambiance en coulisses a sans cesse été sous haute tension en 2024-2025. A commencer par ce stage de présaison en Australie, durant lequel Grace Geyoro et Fabrice Abriel se sont accrochés sur fond de maintien (ou non donc) du brassard de capitaine pour la milieu de terrain de l’équipe de France.

Une réunion de crise dans la foulée avec les dirigeants du club, une vilaine élimination fin septembre dès les barrages de la Ligue des champions contre la Juventus Turin (1-3, 1-2), et la nouvelle aventure de l’ex-coach de Fleury était mal embarquée. Grace Geyoro s’est sans surprise retrouvée mise à l’écart durant trois matchs en décembre, tout comme plus récemment une autre cadre, Sakina Karchaoui.

Paulo César était sur le banc parisien, dimanche dernier, lors de la qualification en demi-finale de Première Ligue contre le Paris FC (3-0).
Paulo César était sur le banc parisien, dimanche dernier, lors de la qualification en demi-finale de Première Ligue contre le Paris FC (3-0). - A. Massinon / A2M Sport Consulting / DPPI / AFP

« Son but, c’est juste le karma »

La raison ? La latérale gauche des Bleues a payé le prix d’une interview un brin tranchante, le 8 avril dans L’Equipe. Elle y décrivait une relation « compliquée » avec Fabrice Abriel. Comme par magie, l’arrivée sur le banc de Paulo César a coïncidé avec une convaincante revanche sur le PFC en demi-finale de Première Ligue (3-0), avec à la clé un but de Sakina Karchaoui.

« Ce but l’a libérée, estimait après cette rencontre sa coéquipière Elisa De Almeida. Quand on joue sans une joueuse comme ça, c’est plus compliqué. Son but, c’est juste le karma. » Ce changement d’entraîneur ultra-tardif a-t-il donc réellement relancé tout un groupe, uni en vue de la conquête du deuxième titre de champion de France de son histoire (après 2021 avec Olivier Echouafni) ?

Katoto « front contre front » avec son directeur sportif

Pensez-vous, l’attaquante star Marie-Antoinette Katoto est la grande perdante dans l’affaire. Juste après la mise à pied de Fabrice Abriel, avec qui elle entretenait de bonnes relations, elle a connu une vive altercation avec Angelo Castellazzi. Selon L’Equipe, l’internationale tricolore (12 buts et 3 passes décisives en 23 matchs cette saison) et le directeur sportif parisien se sont même retrouvés « front contre front », et « il a fallu les séparer ».

Si bien que dix ans après ses débuts professionnels au PSG, Marie-Antoinette Katoto (en fin de contrat) devrait quitter son club formateur sans même entrer en jeu ce vendredi en finale, comme cela a été le cas en demie. Et ce avant de rejoindre dans les prochaines semaines l’OL, à l’instar d’autres joueuses majeures du PSG avant elle (Endler, Diani et Chawinga sont les derniers exemples les plus marquants).

Diallo, Mavacala, Baltimore… L’extrasportif est partout depuis quatre ans

Malgré le sacre national de 2021 (le seul ayant échappé à l’OL depuis 2007), puis les deux victoires en Coupe de France (2022 et 2024), ce PSG féminin est décidément rongé par l’extrasportif. Avec en tête de liste l’agression à coups de barre de fer subie par son ancienne joueuse Kheira Hamraoui le 4 novembre 2021, qui a vu son ex-coéquipière Aminata Diallo être placée en détention provisoire, et désormais sous contrôle judiciaire.

La mise en examen en mars 2023 de César Mavacala, conseiller sportif d’Aminata Diallo, de Marie-Antoinette Katoto, ainsi que compagnon de Kadidiatou Diani, a également fait grand bruit à Paris. Tout comme les soupçons d’agression sexuelle visant Didier Ollé-Nicolle, l’ancien entraîneur du PSG. Mis à pied par son club en mai 2022 en raison de cette affaire le mêlant à l’une de ses joueuses, Didier Ollé-Nicolle a depuis été blanchi.

Notre dossier sur le PSG

Cette même année, la jeune ailière Sandy Baltimore, alors au PSG, avait fait l’objet d’une plainte pour violences volontaires lors d’un différend privé avec une ex-amie. Autant d’épisodes qui ont entaché l’image d’un club toujours à la poursuite de l’intouchable OL féminin. Voilà ce vendredi une occasion en or de profiter de cette formule de play-offs pour s’adjuger un titre majeur au Parc OL. Contre toute attente et après bien des soubresauts.