PSG : L’ancien entraîneur Didier Ollé-Nicolle estime avoir été « une victime collatérale de l’affaire Hamraoui »

FOOTBALL FEMININ Soupçonné d’agression sexuelle contre l’une de ses joueuses en mai dernier, le désormais ex-coach du PSG est revenu ce dimanche dans « L’Equipe » sur ces accusations, et sur l’agression de Kheira Hamraoui

J.Lau.
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Didier Ollé-Nicolle, ici le 30 avril lors de la demi-finale retour de la Ligue des champions entre le PSG et l'OL au Parc des Princes.
Didier Ollé-Nicolle, ici le 30 avril lors de la demi-finale retour de la Ligue des champions entre le PSG et l'OL au Parc des Princes. — Cristiano Mazzi/SPP/SIPA
  • Didier Ollé-Nicolle, dont le départ a été officialisé par le PSG le 1er août, a donné une interview à « L’Equipe » ce dimanche.
  • L’ancien entraîneur de l’équipe féminine était suspendu par son club depuis fin mai en raison de « faits inappropriés » à l’encontre d’une de ses joueuses.
  • « J’ai été utilisé et même instrumentalisé, une victime collatérale de l’affaire Hamraoui », explique-t-il, en s’appuyant notamment sur les nouveaux éléments accompagnant la mise en examen d’Aminata Diallo.

Quatre mois après avoir été suspendu par son club en raison d’un « geste déplacé » envers une jeune joueuse de l’effectif, le désormais ex-entraîneur de l’équipe féminine du PSG Didier Ollé-Nicolle a accordé sa première interview à L’Equipe ce dimanche. Alors qu’il était sous contrat jusqu’en 2023, celui qui a permis au club parisien de remporter la dernière Coupe de France était soupçonné d’agression sexuelle, sans qu’aucune plainte n’ait jamais été déposée. « Je sors d’une situation qui était irréelle, très violente, qui m’a fait très mal et qui a fait très mal à ma famille », indique le technicien de 61 ans, dont le départ a été officialisé le 1er août par le PSG, à présent entraîné par Gérard Prêcheur.

Didier Ollé-Nicolle a évidemment été un témoin privilégié d’une saison marquée par l’agression de Kheira Hamraoui en novembre 2021, et par l’explosion du vestiaire qui a suivi, entre Hamraoui d’un côté, et Diallo plus des cadres comme Diani et Katoto de l’autre. « Je devais faire attention à chaque mot que je disais à l’entraînement, il y avait des clans partout, confie-t-il. Il y avait des comportements insupportables. Quand Hamraoui et Diallo ont repris l’entraînement ensemble, c’était terrible parce que les deux filles ne se parlaient pas. J’ai senti qu’elles se haïssaient. »



« J’ai été utilisé et même instrumentalisé »

Entendu en audition libre par le parquet de Versailles, qui avait ouvert une information judiciaire contre X pour « agression sexuelle par personne ayant autorité », à la suite de soupçons de comportement déplacé de sa part, Didier Ollé-Nicolle en est ressorti sans qu’aucun fait précis ne lui soit reproché. Il fait désormais le lien entre les soupçons qui l’ont visé et les derniers développements judiciaires liés à l’agression de Kheira Hamraoui, avec la mise en examen d’Aminata Diallo.

« Je reste très fier de ne pas avoir cédé à la pression de l’entourage de certaines joueuses et d’avoir toujours fait jouer Hamraoui, qui méritait sa place sur le terrain. J’ai été jeté en pâture. J’ai eu envie de crier à l’injustice, à la folie. Mais on n’est pas audible dans ces moments. L’idée était d’attendre que l’enquête avance. J’ai été utilisé et même instrumentalisé, une victime collatérale de l’affaire Hamraoui. Par rapport à mes choix, mon fonctionnement… Il y avait dans l’atmosphère cette adversité à l’encontre de Kheira Hamraoui. J’ai senti que je gênais pour la suite de certains projets personnels. » En quête d’un nouveau challenge sportif, Didier Ollé-Nicolle a porté plainte contre X pour dénonciation calomnieuse, « avec pour seule volonté que mon honneur soit lavé ».