03:32
Maignan victime de racisme, coup de gueule de Mbappé… A quand la fin des mesurettes pour lutter contre ce fléau ?
RACISME•Kylian Mbappé a apporté son soutien à Mike Maignan, victime samedi soir d’insultes racistes sur le terrain de l’Udinese, tout en pointant du doigt une absence totale de prise de conscience de la part des instances dirigeantesA.L.G. avec AFP
C’est un nouveau coup de gueule de Mbappé, un de plus. Dans la foulée de la victoire du PSG sur la pelouse d’Orléans, en 16e de finale de Coupe de France, l’attaquant français a pris son téléphone pour publier un message de soutien autant qu’un cri de colère, après les insultes racistes dont a (encore) été victime son coéquipier de l’équipe de France, Mike Maignan, lors du match de l’AC Milan sur la pelouse de l’Udinese. « Tu es très loin d’être seul Mike Maignan. On est tous avec toi. Toujours les mêmes problèmes et toujours AUCUNE solution. Trop c’est trop !!!!!!!!!!!! NON AU RACISME », a écrit l’attaquant français sur Twitter.
Quelques instants plus tôt, en effet, le portier milanais a dénoncé des cris de singe et des insultes racistes proférées par des supporters de l’Udinese. Après avoir alerté l’arbitre de la rencontre, lui et ses coéquipiers ont regagné les vestiaires, avant de reprendre le match cinq minutes plus tard. « Ce qu’il s’est passé, c’est que quand j’ai récupéré le ballon pour mon premier renvoi du match, j’ai entendu des cris de singes, je n’ai rien dit. Cela s’est reproduit ensuite, je l’ai dit à nos entraîneurs puis au 4e arbitre. J’ai dit qu’on ne pouvait pas jouer dans ces conditions », a expliqué le gardien français.
La FFF condamne, Infantino aussi
« Je ne voulais plus jouer, je l’ai dit à tout le monde quand j’ai quitté le terrain, mais nous sommes une famille, je ne pouvais pas abandonner mes coéquipiers », a-t-il déclaré au micro de la plateforme DAZN. J’étais en colère, pas déçu, car ce n’est pas la première fois que je vis ça. Mes coéquipiers, le staff, tout le monde m’a dit de rester fort dans ma tête et de donner la bonne réponse sur le terrain ».
L’Equipe de France s’est jointe à son capitaine pour apporter son soutien à son gardien. « Tu as tout notre soutien Mike Maignan. La FFF condamne avec la plus grande fermeté tout acte de racisme », a écrit la Fédération française de football sur le compte X (ex-Twitter) des Bleus. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a lui aussi condamné ces injures et appelé à bannir de tous les stades les auteurs d’insultes racistes, ainsi qu’à instaurer une sanction « forfait automatique » pour les clubs dont les fans commettent ces méfaits, alors que des incidents similaires se sont produits en Angleterre samedi.
A quand la fin des mesurettes pour lutter contre le racisme dans le foot ?
Depuis son arrivée en Italie, Maignan a déjà été victime de racisme, insulté en septembre 2021 par un supporter de la Juventus Turin. A l’époque, l’ancien Lillois avait pris la plume pour dénoncer ce fléau de nos sociétés, sans trouver de réels échos auprès des instances de la Serie A. Malgré des campagnes de sensibilisation et des sanctions allant jusqu’à des matchs à huis clos, le football italien ne parvient pas à se débarrasser du fléau du racisme. Chacune de ses saisons est émaillée d’incidents à caractère raciste ou antisémite. Le problème, c’est qu’en forçant les joueurs à revenir sur le terrain après avoir été insultés, ou en sanctionnant l’équipe qui déciderait de ne plus revenir jouer, les règlements du football ne font que donner un blanc-seing aux racistes de tous bords.
Comme l’avait dit Samuel Eto’o en son temps, « si les joueurs de couleur se lèvent un jour et disent 'On ne jouera pas aujourd’hui', alors beaucoup de gens perdront de l’argent. Et quand vous touchez le portefeuille de quelqu’un, je peux vous assurer qu’ils trouveront des solutions. » Il faut espérer que cet énième événement concernant Mike Maignan permette une ultime prise de conscience et que la famille du football dans son intégralité décide de sanctionner plus fermement les bas du front des tribunes tout en protégeant celles et ceux qui choisiront, dans le futur, de quitter le terrain et de ne plus revenir jouer, comme cela avait été le cas lors du match de Ligue des champions entre le PSG et Basaksehir en décembre 2020.


















