OM : « On a perdu l'humilité après le PSG », quand Pablo Longoria charge tout le monde après la saison olympienne
FOOTBALL•Le président de l’Olympique de Marseille a profité du bilan de cette saison 2022-2023, soldée par la démission d’Igor Tudor et une 3e place de Ligue 1, pour envoyer quelques messages fortsAdrien Max
L'essentiel
- Le président de l’Olympique de Marseille, Pablo Longoria, avait convié la presse lundi pour tirer le bilan de la saison 2022-2023.
- Après une fin de saison en queue de poisson, et la démission d’Igor Tudor, Pablo Longoria a distillé quelques messages mordants, comme pour réaffirmer son autorité.
A la Commanderie,
Le président de l’Olympique de Marseille, Pablo Longoria, avait convié lundi la presse pour tirer le bilan de cette saison 2022-2023, comme il en a désormais pris l’habitude. Pas ou peu de révélations, mais l’occasion de glisser quelques messages bien salés. Ce n’est d’ailleurs pas franchement l’habitude du président de l’OM, mais on a comme senti qu’il avait besoin de quelque peu réaffirmer son autorité, après la démission d’Igor Tudor et une fin de saison en queue de poisson. « La valeur primaire dans le foot qui n’est pas négociable, c’est le respect de l’autorité. Il y a trois niveaux d’autorité, l’institution, l’entraîneur et les joueurs. C’est la ligne rouge », a-t-il rappelé à plusieurs reprises.
Sur la fin de saison de l’OM :
Pablo Longoria a divisé la saison en trois parties, la première avant la Coupe du Monde sur laquelle il n'a de grands reproches à faire, celle jusqu’à l’élimination contre Annecy en Coupe de France, et la fin de saison soldée par quatre défaites en cinq matchs et la perte de la 2e place de Ligue 1.
« Parmi la chose qui m’a le moins plu, c’est la perte d’humilité juste après la victoire contre le PSG. On a ressenti le confort, et on a perdu l’humilité. Du président aux joueurs, et j’ai été le premier à être contaminé par ça », a-t-il déjà avancé comme explication à la contre-performance contre Annecy.
Mais que dire du mois de mai et ce sentiment de lâché prise des joueurs ? « Les quatre dernières semaines ne sont pas acceptables. Quand tu joues à l’OM, même les matchs amicaux ne sont pas purement amicaux. Il y a un niveau d’engagement personnel, et l’amour de ce que tu fais qui n’est pas négociable. Face aux discours d’exigence et de rigueur, tu ne peux pas accepter comment se finit cette saison. Jouer contre Brest avec un stade qui a été avec nous toute la saison et faire ça pour le dernier match… Ce n’est pas avoir beaucoup de respect pour l’institution et pour soi-même. Il faut avoir plus de personnalité, de courage et de leadership. Parce que cette situation est inacceptable et même lamentable. Mais ça aide à prendre des conclusions, tout acte a des conséquences », a-t-il prévenu.
Sur le départ de Igor Tudor :
Comme il l’a rappelé d’emblée, Pablo Longoria n’était pas là pour remettre en cause l’autorité de son ancien entraîneur. Et encore moins pour cracher dans son dos, ce n’est pas du tout le style du personnage. Il a quand même distillé quelques éléments qui donnent une idée des éventuels reproches de Longoria à Tudor, dont il a accepté la démission en fin de semaine dernière.
« L’identité de jeu est la grande question, on va rester dans la continuité. Mais je ne crois pas qu’on va continuer à jouer en marquage individuel tout terrain. Pour réussir, il faut tenir un niveau mental, de concentration, et physique très important. Dans ce schéma les erreurs individuelles se voient beaucoup, et ça transmet des erreurs collectives », considère-t-il. C’est sûr que voir Balerdi en marquage individuel a dû refroidir quelques potentiels acheteurs de l’Argentin.
Pablo Longoria a également pointé du doigt la gestion de Vitinha à son arrivée : « Un joueur qui avait besoin d’une période d’adaptation, il arrive le jeudi et joue le week-end contre Nice avant d’ensuite être dans la rotation », et le peu d’effort du croate pour manier la langue de Molière. « Le langage du foot est universel, mais c’est un plus de parler français car c’est la langue qu’on parle tous ici. Même au niveau du directoire, quand il y a quelqu’un dans la salle, la règle est de parler français. C’est une question de respect. Donc je ne vais plus accepter le fait qu’un coach ne parle pas français à la fin de saison. Quand je suis arrivé en Italie, au bout de trois mois j’étais obligé de parler italien. C’est du respect pour la culture, et les supporteurs », a-t-il prévenu.
Sur le centre de formation
Sujet épineux pour Pablo Longoria, tant le centre de formation de l’OM a un retard monstre, au point de parler de problème « historique ».
« La formation est très importante quel que soit le club, c’est un pilier d’identification, un pilier économique et sportif. Il y a déjà un problème d’infrastructure qu’on veut changer. Ta deuxième équipe, les féminine, les jeunes, jouent au Campus et quand il pleut tu dois avoir un parapluie. Je suis allé voir un match de Youth League, ils jouaient sous 50 degrés. Ce n’est pas possible de passer de ça, au Vélodrome. Quand j’étais à Valence, les jeunes jouaient devant 4.000 à 5.000 supporteurs tous les week-ends ».
« Il faut également renforcer les valeurs, du niveau et des conditions de jeu et apporter un plus haut niveau d’exigence. Certains joueurs du centre venaient s’entraîner avec l’équipe première, ils ne tenaient pas 40 minutes. En tant que dirigeant, c’est inacceptable ».
« La première erreur vient d’un manque de rigueur, de discipline et de règles. C’est honteux. Le manque de rigueur et de discipline était honteux. C’est inacceptable, et c’est pourtant présent depuis longtemps ».
Sur la situation économique :
« Avec tout le respect pour mes prédécesseurs, l’OM était une machine à perdre de l’argent. On a réussi à stabiliser la situation économique ». Prends ça Jacques-Henri Eyraud.
Sur l’arbitrage :
Après un discours positif envers l’arbitrage français, Pablo Longoria a commencé par changer de ton cette saison. Notamment lorsque Dimitri Payet a été suspendu à postériori par la commission de discipline pour une gifle sur le lensois Cahuzac, grâce aux images de Prime Video. « On a beaucoup attendu jusqu’à atteindre ce point de rupture. On doit améliorer la façon dont on fait les choses. Mais que tu te sens moins respecté au moment où tu cherches à être irréprochable, ça me dérange personnellement. On doit améliorer notre communication avec un objectif unique de défendre nos intérêts dans une façon correcte et respectueuse. On doit protéger l’institution, comme le fait de voir la commission de discipline réarbitrer des décisions de matchs autour des vidéos du match ».


















