Barrage L2 : Pénos manqués, rouge et buts dans les arrêts de jeu... Le Paris FC, ou l'art subtil du sabordage intégral
BARRAGE L2•Dominateur et devant au score au bout d'un quart d'heure, le Paris FC a réussi à manquer deux pénos en huit minutes, avant de terminer à 10 contre 11 et de s'incliner contre Sochaux dans le temps additionnelAymeric Le Gall
Au stade Charléty,
Il n’y a pas à tortiller, quand on parle de lose footballistique, la capitale française n’a aucun égal dans le monde. Après le PSG et ses multiples fiascos en Ligue des champions ces dix dernières années, place cette fois au Paris FC, qui a réussi l’exploit d’enchaîner une quatrième élimination en barrage en cinq saisons (après 2017, 2019 et 2021), après sa nouvelle défaite, mardi soir, contre Sochaux.
Et comme le PSG à Madrid quelques mois plus tôt, le club de l’ombre de la Porte de Choisy n’a eu besoin de personne pour saloper son match et laisser filer une victoire qui lui tendait les bras. Car on va dire les choses comme elles sont, si cette équipe de Sochaux a réalisé une saison au-delà de ses propres attentes, avec un groupe jeune porté par de magnifiques supporters, cette équipe n’a à peu près rien proposé mardi soir qui puisse faire trembler l’AJ Auxerre vendredi prochain.
C’était aussi l’avis de Thierry Laurey, qu’on a attendu des plombes en conférence de presse avant de finalement se résoudre à pomper ses mots au micro de BeIN Sports : « Je ne comprends pas encore comment on a pu perdre ce match, d’autant que Sochaux a été inoffensif. Au bout d’un quart d’heure, le match doit être plié. Mais c’est le football, quand on doit tuer la bête il faut le faire. Je craignais l’entame de match de Sochaux, et au final c’est nous qui leur faisons très mal. J’ai félicité les gars parce qu’on a fait un super match. »
Le Scoumoune FC
C’est effectivement tout le paradoxe de cette soirée estivale, dans un stade Charléty inhabituellement bouillant : le Paris FC nous a vraiment fait une bonne impression et, après un premier quart d’heure tonitruant récompensé par l’ouverture du score de Siby, les Bleus de la capitale ont réussi à se prendre tout seuls les pieds dans le tapis. En ratant d’abord deux pénos – copiés-collés, hors cadre à gauche du poteau – en l’espace de dix minutes avant de perdre leur joueur le plus dangereux sur blessure, puis en prenant un rouge à la suite d’un tacle mal maîtrisé et, enfin, en encaissant le but de l’égalisation (46e) alors que l’arbitre s’apprêtait à ramener tout le monde aux vestiaires.
A ce moment-là, avec autant de scoumoune, on voyait difficilement comment le scénario aurait pu s’inverser. Et c’est finalement sur un tir contré au bout du temps additionnel (93e), histoire de bien terminer le tableau, que les Parisiens ont définitivement craqué. Croisé en zone mixte après le match, à la cool, claquettes au pied, Sylvain Demarconnay préférait limite en sourire. Il y a des fois, il ne faut même pas chercher à comprendre.
« J’ai le sentiment qu’il y avait trop de choses contre nous. Et ça ne date pas d’aujourd’hui, soufflait le gardien parisien. La semaine dernière, Khalid Boutaïb qui se fait les croisés, il y a trois semaines c’est le vice-capitaine qui se pète le tendon d’Achille… Là, on perd Gory alors que c’est lui qui mettait le feu sur le côté en début de match, on rate deux pénos. Et même le rouge, il est cruel pour nous car Mouss glisse juste avant. Voilà, on a joué de malchance dans une saison où on avait pourtant les armes pour chercher les deux premières places. »
Charléty, un champ de patates dans le Finistère ou les deux ?
Attardons-nous tout de même deux secondes sur ces deux pénos manqués, si vous le voulez bien. Deux tireurs différents (Name et Alfarela) à huit minutes d’intervalle, et deux fois un ballon à ras de terre à gauche qui file hors cadre. Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à ça. « Je veux bien qu’on en rate mais au moins qu’on cadre… », a réagi Laurey après le match. Il verra peut-être les choses autrement en se repassant le match à tête reposée et en discutant avec son gardien.
« En deuxième mi-temps, quand je suis arrivé sur le terrain, j’ai regardé le point de péno et j’ai un peu compris pourquoi ils avaient pu rater, a-t-il expliqué. Même si ça n’excuse pas tout, il y avait un gros cratère au niveau du point de penalty… Quand on a un terrain aussi… Aussi difficile que ça, ça n’aide pas les frappeurs. » C’est vrai que la pelouse de Charléty tenait plus du terrain de District que de celui de Ligue 1. De toute façon, la Ligue 1, ça ne sera toujours pas pour cette fois. Même si Demarconnay se voulait optimiste au moment de conclure : « Malgré tout, le club a bien bossé, on a progressé, même si on n’arrive toujours pas à passer ce cap des play-offs. Mais si le club continue à aussi bien travailler, un jour ça sera notre tour. »


















