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Comment l’ASSE a-t-elle pu lâcher sa place de barragiste au pire moment ?

ASSE-Stade de Reims : Comment les Stéphanois ont-ils pu lâcher leur place de barragistes au pire moment ?

FOOTBALLLes Verts ont perdu leur 18e place samedi en s’inclinant (1-2) contre Reims. Il leur faudra accrocher un bon résultat la semaine prochaine à Nantes pour ne pas sombrer en Ligue 2 au profit du FC Metz
Ligue 1: Le débrief d'ASSE-Stade de Reims (1-2)
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Lors d’une 37e journée haletante, l’ASSE (barragiste avant la rencontre) s’est inclinée samedi contre le Stade de Reims (1-2).
  • Le succès du FC Metz (1-0) contre Angers dans le même temps chamboule totalement le bas du classement, et les Verts ne sont plus maîtres de leur destin, avant les FC Nantes-ASSE et PSG-Metz de l’ultime journée samedi prochain.
  • Pascal Dupraz et ses joueurs reviennent sur les raisons de cette « défaite de trop », qui pourrait être synonyme de retour en Ligue 2 pour Sainté, après 18 saisons consécutives dans l’élite.

Au stade Geoffroy-Guichard,

Le virage nord du Parc OL a profité samedi de la fameuse 42e minute de son match contre Nantes (3-2) pour déployer une banderole sans équivoque à destination des joueurs lyonnais : « Sauvez la saison, perdez à Clermont ». Et ce afin de tenter de précipiter les Verts en Ligue 2 la semaine prochaine. Sauf que Clermont (16e) est finalement sorti d’affaire avant même son match face à l’OL, lors de la 38e journée de L1. Par contre, dans son malheur d’avoir définitivement lâché ses ambitions européennes le 8 mai après son improbable défaite à Metz (3-2), l'OL a par ce biais joué un bien mauvais tour à son voisin et rival historique.

Car cette place hors de la zone rouge (17e ou 18e) qu’occupait l’AS Saint-Etienne depuis deux mois et demi a été mise en péril en plein sprint final par la contre-performance olympienne à Saint-Symphorien. Jusqu’à déboucher samedi, à une journée de la fin, à un scénario catastrophe à huis clos contre Reims (1-2) qui pourrait condamner à la relégation à la fois les Girondins de Bordeaux et la bande à Pascal Dupraz, désormais 19e.

Le jeune milieu stéphanois Lucas Gourna-Douath est resté prostré plusieurs minutes sur la pelouse d'un Chaudron à huis clos, samedi au coup de sifflet final. JEFF PACHOUD
Le jeune milieu stéphanois Lucas Gourna-Douath est resté prostré plusieurs minutes sur la pelouse d'un Chaudron à huis clos, samedi au coup de sifflet final. JEFF PACHOUD - AFP

« Des carences athlétiques ahurissantes à ce niveau-là »

Celui-ci reconnaissait volontiers ressentir « consternation et abattement », après cette « défaite de trop », et avant de tenter de sauver le club samedi prochain à Nantes lors d’un nouveau multiplex à suspense, qui verra le FC Metz (nouveau 18e à la différence de buts) défier dans le même temps le PSG au Parc des Princes. « A force de ne pas prendre des points alors que ceux-ci nous tendent les bras, ce match face à Reims avait une importance capitale », poursuit l’ancien coach toulousain. C’est simple, depuis son précieux succès (1-0) le 6 mars contre Metz, son concurrent direct à la place de barragiste, l’ASSE n’a pris que 6 points sur 30, avec des spectaculaires craquages dans des secondes périodes (de 0-2 à 6-2 à Lorient et de 0-2 à 4-2 à Nice mercredi).

« Notre première mi-temps était de bonne tenue aujourd’hui, on aurait pu prendre l’avantage. Puis en seconde période, ce sont toujours les mêmes carences qui reviennent, notamment les carences athlétiques qui sont ahurissantes à ce niveau-là », pointe sèchement l’entraîneur haut-savoyard, avant de poursuivre sa surprenante expertise sur le sujet.

« Il y a trop de joueurs qui n’ont malheureusement pas les aptitudes athlétiques pour répondre aux exigences de la Ligue 1. Pour de trop nombreux joueurs, il n’y a plus d’essence dans le moteur, c’est un réel problème. Il y a aussi la question de la cylindrée, et c’est difficile d’en changer. » »

Bonne perf à Nantes ou octuplé de Mbappé contre Metz ?

Les joueurs stéphanois confirment-ils cette surprenante analyse ? « On a vu vers la 60e minute ce soir qu’on avalait un peu la soupe [et non la trompette, sic] et qu’on n’arrivait pas à tenir le ballon, approuve Wahbi Khazri. Reims nous a donc forcément envoyé des vagues. Il va falloir 20 bonshommes pour faire le maximum à Nantes et il faut maintenant poser ses c…». Une formule 100 % garantie lutte pour le maintien que ne reniera pas son coach, qui a écrit deux de ses principaux faits d’armes en carrière sur une 38e journée de L1, lors d’un Sochaux-ETG (0-3) en 2014 et de l’incontournable Angers-TFC (2-3) de 2016.

Pascal Dupraz fête le maintien inespéré du TFC, en mai 2016 après un dénouement épique à Angers (2-3).
Pascal Dupraz fête le maintien inespéré du TFC, en mai 2016 après un dénouement épique à Angers (2-3). - Jean-François Monier AFP

Les Verts devront obtenir un meilleur résultat à Nantes que ne le fera le FC Metz à Paris, à moins de deux défaites… avec un octuplé de Kylian Mbappé à la clé, les Lorrains comptant six buts d’avance sur Sainté. Who knows ? Mais comment l’ASSE a-t-elle trouvé le moyen de perdre sa place de barragiste qui semblait lui tendre les bras, qui plus est face à un Stade de Reims (12e) n’ayant plus rien à jouer ?

La longue blessure de Falaye Sacko a coûté cher

« Depuis le 15 décembre, je bricole derrière », lâche déjà Pascal Dupraz, pour justifier cette nouvelle disaster class de sa défense à cinq, systématiquement transpercée en deuxième période, surtout par l’agilité du prometteur Hugo Ekitike, entré en jeu à la pause. Sur leurs quatre défaites de rang (série en cours au pire des moments), les Verts ont concédé 12 buts. Comment peut-on sérieusement imaginer gratter des points salvateurs pour le maintien en encaissant trois buts par match en moyenne ?

Buteur samedi mais une nouvelle fois friable défensivement, comme sur le deuxième but rémois, Eliaquim Mangala illustre les failles criantes de cette ASSE. JEFF PACHOUD
Buteur samedi mais une nouvelle fois friable défensivement, comme sur le deuxième but rémois, Eliaquim Mangala illustre les failles criantes de cette ASSE. JEFF PACHOUD - AFP

La longue blessure de la recrue hivernale la plus convaincante, Falaye Sacko (rentré en jeu samedi) n’a pas arrangé la deuxième pire défense de Ligue 1, avec désormais 76 buts encaissés. Ajoutez donc à cela un manque de réussite, entre « une situation litigieuse » avec une égalisation refusée à Romain Hamouma pour un léger contact sur le bras de Predrag Rajkovic (1-2, 72e) et un coup franc de Wahbi Khazri flirtant avec la lucarne du portier rémois dans le temps additionnel, et vous avez plus que jamais un bon portrait-robot d’un relégué en puissance.

« On est peut-être à notre place »

Et comme le pointait Pascal Dupraz, cette dynamique cassée, après la série de 4 succès en 6 rencontres dans l’hiver, met en lumière l’incapacité de cette équipe à livrer un match plein. L’intense pressing de la première période samedi a ensuite laissé place à un groupe totalement coupé et perdu face aux rapides contre-attaques rémoises. « On savait qu’au fil du match, il allait y avoir de plus en plus d’espaces, confie le capitaine du Stade de Reims Yunis Abdelhamid. Plus la rencontre avançait et moins les courses et le pressing stéphanois étaient intenses. On a su en profiter. »


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Comme tant d’autres avant eux. Ce qui pousse Wahbi Khazri à un constat lucide : « La réalité, c’est qu’après 37 journées, on est 19es. On est peut-être à notre place, mais on compte rester mobilisés ». Pascal Dupraz aime pour sa part rappeler que ses joueurs étaient « moribonds » quand il a pris la succession de Claude Puel et de Julien Sablé sur le banc, avec seulement 12 points au compteur à la trêve. Ils ne sont pas loin de l’être tout autant depuis samedi soir et ce désastreux tournant leur coûtant la 18e place.