OL-OM : Comment les Marseillais ont-ils pu « s’arrêter de jouer » en seconde période et relancer leur rival en Ligue 1 ?

FOOTBALL Nettement au-dessus en première période, mardi à Lyon, l’OM s’est pourtant incliné (2-1) en fin de partie contre un concurrent de retour dans la course au podium

Jérémy Laugier
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A l'image de Pol Lirola, l'OM a été sonné, mardi soir, par la réaction lyonnaise.
A l'image de Pol Lirola, l'OM a été sonné, mardi soir, par la réaction lyonnaise. — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • L’OM a longtemps cru larguer son rival lyonnais à 12 points en Ligue 1, mardi dans un Parc OL à huis clos, avant de se faire renverser dans le dernier quart d’heure (de 0-1 à 2-1).
  • Après cinq succès de rang à l’extérieur en championnat, cette surprenante défaite a des allures de coup d’arrêt pour le groupe marseillais (3e).
  • « On s’est contenté d’attendre et on a laissé Lyon revenir », regrette l’entraîneur de l’OM Jorge Sampaoli.

Au Parc OL,

Samir Nasri, André Ayew et Mamadou Niang faisaient encore les beaux jours de l’OM, lors de la dernière victoire marseillaise (1-2) en  Ligue 1 à Lyon, le 11 novembre 2007. OK, cette série noire en cours dans le Rhône (6 nuls et 6 défaites) semblait évidemment être une broutille par rapport à celle subie   pendant 44 ans à Bordeaux. Mais la bande à Jorge Sampaoli avait une occasion en or de faire coup double cette saison chez deux rivaux historiques, tout en reprenant la deuxième place du championnat et en brisant quasiment les derniers espoirs de podium de l’OL. A savoir un contexte à huis clos pesant et un effectif lyonnais extrêmement diminué, avec un 3-4-3 fantaisiste au coup d’envoi, animé par la triplette Shaqiri-Emerson-Cherki devant.

Les partenaires de Dimitri Payet ont surtout réussi l’entame parfaite en ouvrant le score sur un corner du Réunionnais repris de la tête par Mattéo Guendouzi (0-1, 10e). Sûrs de leurs forces, invaincus à l’extérieur en Ligue 1 depuis quatre mois (2-0 à Lille), avec même cinq succès de rang loin du Vélodrome sans concéder le moindre but, ils ont affiché une maîtrise quasi totale pendant 45 minutes. A un détail près pour enterrer un Lyon alors amorphe, et virtuellement à 12 points de l’OM : ce wagon d’opportunités de break gâchées en ne se montrant ni tranchants ni réalistes, à commencer par Luis Henrique (18e, 37e) et Pol Lirola (32e).

« Si on ne joue pas, on se retrouve en difficultés »

Comment les Marseillais ont-ils ensuite pu vivre un tel black out à la sortie des vestiaires ? Certes, Peter Bosz a été inspiré de changer son système pour repasser dans une défense à 4 et densifier son milieu de terrain. Le tout en ciblant les principales failles de l’OM. « On a vu qu’il y avait un peu plus de place sur leur côté gauche, ça nous a permis de les mettre en difficultés », confie le jeune Lyonnais Malo Gusto. Avec comme souvent dans le viseur Luan Peres (« le 14 en face » dixit   Peter Bosz), « gêné » par Malo Gusto ou Xherdan Shaqiri dans sa zone de latéral gauche où il ne semble toujours guère à l’aise.

Mais la déroute marseillaise de la dernière demi-heure ne se résume pas aux déboires de son défenseur brésilien, ni à la monstrueuse occase vendangée par Cengiz Under à 0-1 (68e). Au moment d’analyser cet improbable renversement de match, après les buts de Shaqiri (1-1, 76e) et Dembélé (2-1, 89e), Jorge Sampaoli n’a pas épargné son groupe.

 On s’est arrêté de jouer en seconde période. On s’est contenté d’attendre et on a laissé Lyon revenir. Quand on construit une équipe pour jouer et attaquer, si on ne joue pas, on se retrouve en difficultés. C’est la défaillance de notre équipe qui explique cette défaite. »
 

« Les Lyonnais nous ont un peu marché dessus en deuxième période »

Le coach argentin a tout de même pointé Luis Henrique pour « les situations qu’il aurait pu mieux négocier ». Pol Lirola livre un constat tout aussi honnête : « Les Lyonnais nous ont un peu marché dessus en deuxième période ». A l’image de Maxence Caqueret, qui a régné dans la bataille du milieu après la pause, l’OL a su se remettre la tête à l’endroit, en grande partie grâce à l’attitude attentiste de Marseillais peu à peu étouffés.

Dimitri Payet n'a pas eu son influence habituelle, mardi soir, sur le jeu marseillais. OLIVIER CHASSIGNOLE
Dimitri Payet n'a pas eu son influence habituelle, mardi soir, sur le jeu marseillais. OLIVIER CHASSIGNOLE - AFP

Ce constat vaut d’ailleurs pour Jorge Sampaoli, qui n’a pas su trouver la parade au coup tactique de Peter Bosz, alors que les entrées d’Amine Harit (70e) et surtout d'Arkadiusz Milik (86e) ont été tardives. « Je ne pense pas qu’avec plus d’attaquants sur le terrain, cela aurait changé quelque chose », a précisé l’entraîneur marseillais, pour justifier son choix de Dimitri Payet en seule pointe pendant quasiment toute la rencontre.

« On fait quand même une grande saison »

« C’est dommage, on fait une bonne, et même une très bonne première période, estime Amine Harit. On maîtrise notre sujet, et puis on a un peu levé le pied en seconde. Nous sommes descendus trop bas, et à force de subir, on a encaissé ces deux buts. Cette défaite va nous rester en travers de la gorge, mais je ne pense pas que ce soit un coup d’arrêt. » La réception d’Angers dès vendredi (21 heures) donnera vite une tendance pour ce groupe groggy après le but décisif de Moussa Dembélé dans le money time (2-1, 89e), qui ramène l’OL (7e) à six points de son rival marseillais (3e).


« On était peut-être un peu fatigués ce soir, après le match de samedi [contre Montpellier en Coupe de France], mais ce n’est certainement pas une excuse », indique Pol Lirola. Posé, Valentin Rongier a évité de trop noircir le tableau sur Prime Vidéo : « On travaille sérieusement depuis le début de la saison. On ne peut pas tout oublier sur un match ». Même stratégie de com' positive pour Pol Lirola : « On a eu un petit coup de mou aujourd’hui mais il ne faut pas oublier qu’on fait quand même une grande saison ». A 16 matchs de la fin, il est encore trop tôt pour le dire, non ?