Bordeaux-Troyes : Otavio, Lacoux, Fransergio, Sissokho… Qui sera l’élu aux Girondins ?

FOOTBALL Vladimir Petkovic cherche toujours le joueur idoine qui équilibrera enfin un peu les Girondins de Bordeaux

Clément Carpentier
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Otavio, Lacoux, Fransergio et Sissokho.
Otavio, Lacoux, Fransergio et Sissokho. — Daniel Vaquero-BENAYACHE ADIL/SIPA
  • Les Girondins de Bordeaux se déplacent à Troyes ce dimanche (15 heures) pour la 18e journée de Ligue 1.
  • Toujours plus mauvaise défense du championnat, cette équipe cherche encore le joueur qui la stabilisera. Ils sont quatre candidats : Otavio, Lacoux, Fransergio et Sissokho.
  • Auteur d’une bonne prestation contre Lyon, Tom Lacoux tient la corde pour être titulaire dans l’Aube.

On hésite presque à envoyer notre candidature à Vladimir Petkovic. Alors que la mi-saison approche, l’entraîneur suisse des  Girondins de Bordeaux ne trouve toujours l’homme idoine pour protéger sa défense, la plus mauvaise de  Ligue 1 (37 buts encaissés). Pire, après avoir fait longtemps confiance au Brésilien Otavio, il multiplie les expérimentations depuis plusieurs semaines. Avec plus ou moins de succès. Aujourd’hui, ils sont quatre à se battre pour occuper ce poste aux côtés d’un   Junior Onana, lui, devenu très rapidement indiscutable au milieu de terrain dans le 4-2-3-1 de l’ancien sélectionneur de la Nati.

Puisque Yacine Adli est désormais bien installé en meneur de jeu, cette place se joue donc entre Otavio, Lacoux, Fransergio et Sissokho. Deux anciens et deux jeunes. Et ne demandez pas à Vladimir Petkovic sa préférence : « Parler en ce sens serait ne pas montrer de respect aux autres trois ou quatre titulaires que l’on peut avoir. » Une bonne vieille langue de bois qui montre bien qu’il cherche l’heureux élu. Alors qui sera titulaire ce dimanche (15 heures) à Troyes lors de la 18e journée de Ligue 1 ?

Otavio, le patron déchu

C’est la surprise du moment. Le Brésilien n’est plus incontestable. Pilier de la colonne vertébrale des Girondins depuis plusieurs saisons avec Costil et Koscielny, Otavio a pris place sur le banc, sans entrer en jeu, lors des deux derniers matchs. Ses sorties en cours de match avaient déjà interpellé pour un joueur pas habitué à cela. « C’est surprenant car c’est une pièce importante, avoue l’ancien joueur et entraîneur du club, Gernot Rohr. Il joue toujours avec la tête levée et il stabilisait cette équipe ». Justement, c’est là que le bât blesse. Ce n’est plus vraiment le cas cette saison.

Malgré un bon début de saison et surtout un état d’esprit irréprochable, le Brésilien a perdu au fil des matchs son influence dans les duels et son manque de jeu vers l’avant reste un vrai problème. Aujourd’hui, il semble vivre aussi le contrecoup de sa grave blessure de la saison dernière (rupture du tendon d’Achille) après un retour en boulet de canon. En tout cas, cela « n’a rien à voir avec sa situation contractuelle [en fin de contrat], tient à rappeler un dirigeant bordelais, c’est un choix technique du coach. » D’ailleurs, la proposition de prolongation du club est toujours sur la table.

Tom Lacoux, un jeune rarement décevant

On peut se demander s’il n’aurait pas débuté la saison titulaire sans cette blessure au bras qui a pourri son été. Véritable enfant du club, Tom Lacoux s’était imposé comme l’un des hommes forts en fin de saison dernière au moment de sauver les Girondins de la relégation. Mais avec le retour d’Otavio et les recrues de l’été (Onana et Fransergio), il avait naturellement rétrogradé dans la hiérarchie. Mais le Bordelais de 19 ans est sûr de lui :

 Sincèrement, oui, je les ai vus arriver, mais je ne me suis pas posé beaucoup de questions. Je pense qu’il n’y a qu’une chose à faire, c’est travailler, et se donner au maximum. Je pense que si je travaille bien, ça passera. »
 

Sa deuxième titularisation de la saison contre l’OL dimanche dernier lui a donné raison. Il était aussi sur la pelouse au coup d’envoi de la victoire contre Reims, l’un des deux sels succès bordelais de la saison. Vrai numéro 6, agressif sur le joueur mais aussi intéressant techniquement avec une bonne vision du jeu, il a le vent en poupe. Maintenant, il doit apprendre à garder son sang-froid comme le souligne Vladimir Petkovic : « C’est un bon joueur, et il peut faire encore mieux. On l’a notamment vu lors de certains moments émotionnels. Mais c’est certainement l’un des points forts de notre milieu. » Il tient la corde pour débuter dans l’Aube.

Fransergio, la recrue décevante

C’est pour le moment le gros couac du recrutement de l’été. Attendu comme le nouvel homme fort du milieu de terrain et même du vestiaire, le Brésilien n’y arrive pas. Incapable de s’adapter à la dimension physique de la L1, il est loin du niveau espéré. « On reste sur notre faim car on avait beaucoup d’espoirs. C’est difficile à expliquer d’autant plus que je ne suis pas à l’entraînement tous les jours. Aujourd’hui, il n’a convaincu personne », regrette Gernot Rohr. Pourtant, Vladimir Petkovic fait tout pour ne pas faire un croix dessus (13 matchs joués sur 14) et n’a pas hésité à encore le relancer dernièrement à Strasbourg après une bonne entrée en jeu face à Brest. Résultat des courses, une grossière (et énième) perte de balle sur le deuxième but alsacien et une terrible fessée au coup sifflet final.



Issouf Sissokho, un potentiel à reconfirmer

C’était l’homme de la préparation. Considéré comme l’un des espoirs du club et suivi de très près par Admar Lopes, le nouveau directeur technique, avant même son arrivée aux Girondins, Issouf Sissokho avait réalisé un été prometteur (titulaire lors des quatre premières journées) grâce à une caisse physique impressionnante. Mais il fut coupé dans son élan par une blessure au tibia fin août avec au final pas un, pas deux mais trois mois d’absence. Le jeune milieu de terrain de 19 ans n’a fait son retour dans le groupe que fin novembre. Fougeux à souhait avec une technique en mouvement de très haut niveau, il doit maintenant gagner en discipline tactique. Mais il est à revoir très vite surtout si l’un de ses trois concurrents ne s’impose pas dans les prochaines semaines.