Bordeaux-Brest : « Ils ne sont pas au niveau »… Admar Lopes charge les joueurs des Girondins

FOOTBALL Le directeur technique des Marine et Blanc tire la sonnette d'alarme après la défaite face aux Bretons

Clément Carpentier
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Junior Onana, le milieu de terrain des Girondins.
Junior Onana, le milieu de terrain des Girondins. — THIBAUD MORITZ / AFP
  • Les Girondins de Bordeaux s’enfoncent dans la crise après leur nouvelle déroute face à Brest (1-2) lors de la 15e journée de Ligue 1.
  • Admar Lopes en avait gros sur la patate. Le directeur technique du club n’a pas du tout apprécié l’attitude des joueurs.
  • Malgré la situation de plus en plus tendue, il conforte Vladimir Petkovic, son entraîneur, dans ses fonctions.

Au Matmut Atlantique,

Ça s’appelle un quitte ou double ! Une sorte de coup de poker. Et il arrive très tôt dans la saison des Girondins de Bordeaux. Mais Admar Lopes en avait gros sur la patate (et on le comprend), sa patience a des limites. Ce dimanche, après la nouvelle défaite des Bordelais (1-2) face à Brest au Matmut Atlantique, le Portugais s’en est pris à ses joueurs, tout en prenant la défense de son entraîneur, Vladimir Petkovic. Un discours cash mais toujours à double tranchant puisqu’on ne sait jamais comment les intéressés vont ensuite répondre sur le terrain.

Il était l’heure pour lui de tirer la sonnette d’alarme. « Je pense que les joueurs ne sont pas à la hauteur de l’histoire de ce club », « c’est encore très faible à tous les niveaux » ou « les joueurs doivent changer tout de suite car ils ne sont pas au niveau ». Le big boss du sportif a notamment pointé « le manque d’envie défensif de gagner le duel » en pensant sûrement très fort à Timothé Pembélé sur le second but brestois. Quelques minutes plus tôt, il avait vu l’autre latéral de l’équipe, Ricardo Mangas, rater complètement son dégagement et offrir l’égalisation à Le Douaron. Ça fait beaucoup. Bordeaux en est à 32 buts encaissés en 15 matchs, ce qui en fait la pire passoire de L1.

Il va « durcir le ton »

« Je suis en colère car les joueurs sont capables de faire de très bonnes choses mais aussi de très mauvaises, poursuit Admar Lopes. Ce manque de régularité, ça m’inquiète beaucoup. Tout le monde doit réfléchir à ce qu’il fait et changer très vite d’attitude. » Il appelle « chacun à prendre ses responsabilités » alors que pour Vladimir Petkovic, il est temps « de se regarder dans le miroir » à tous les étages du club. Et les joueurs, qu’en pensent-ils de tout ça ? Comme il y a une semaine à Metz, c’est Mbaye Niang qui est venu au front. Et pour une fois l’attaquant a préféré botter en touche : « Je ne vais pas commenter ce que pense et dit Admar (Lopes). Il y a toujours un regard différent de l’extérieur. Nous, on va s’accrocher, on va donner le maximum. Je suis persuadé qu’on va s’en sortir. »

Admar Lopes, le directeur technique des Girondins de Bordeaux.
Admar Lopes, le directeur technique des Girondins de Bordeaux. - Q.Salinier / Girondins de Bordeaux

En attendant la réponse sur le terrain, et elle arrivera très vite avec le déplacement à Strasbourg mercredi et la réception de Lyon dimanche, le Portugais a prévu de « durcir le discours et de changer de message » car « c’est peut-être la solution ». Après cette défaite, Benoit Costil et Jimmy Briand ont pris la parole dans le vestiaire, Admar Lopes devrait plutôt le faire en début de semaine. Il commence en effet à avoir urgence.

« Il faut une prise de conscience car en répétant les mêmes erreurs à chaque fois, on commence à être sérieusement en danger. Aujourd’hui, il faut qu’on prenne des points. Il faut qu’on réagisse, qu’on montre un sursaut d’orgueil. On doit montrer qu’on n’a pas lâché. Quand t’es sur le terrain, il faut donner le maximum et si tu n’as pas compris ça, tu vas sur la touche », lance Mbaye Niang.

Le discours de Petko « passe toujours »

Justement, sur le banc, ce sera toujours avec Vladimir Petkovic. Si la pression monte de match en match autour de l’entraîneur suisse, il a toujours le soutien de sa direction. Est-il toujours l’homme de la situation ? « Oui bien sûr, pas de doutes là-dessus ! », répond du tac au tac Admar Lopes. Le Portugais ne compte pas (encore) lâcher son coach dont les choix interpellent pourtant. Pourquoi Elis continue à jouer dans l’axe alors qu’il est bien meilleur sur un côté ? Pourquoi Mensah n’a jamais sa chance ? Pourquoi Niang ne débute pas ?

Si la situation semble se tendre, le discours de l’ancien sélectionneur de la Nati « passe toujours » affirme l’attaquant franco-sénégalais. « Après c’est vrai quand on ne gagne pas, on pense que les joueurs ont lâché le coach mais franchement, le discours passe. On l’a bien vu les semaines précédentes. Il faut juste qu’on ait ce déclic mental », ajoute-t-il. Il serait temps pour des Girondins toujours bloqués à deux victoires cette saison et englués dans les bas-fonds de la Ligue 1.