Strasbourg - Bordeaux : Pourquoi les Girondins sont-ils la pire passoire de Ligue 1 ?

FOOTBALL Les joueurs de Vladimir Petkovic en sont déjà à 32 buts encaissés en 15 matchs cette saison

Clément Carpentier
— 
Laurent Koscielny, le capitaine des Girondins de Bordeaux.
Laurent Koscielny, le capitaine des Girondins de Bordeaux. — Daniel Vaquero/SIPA
  • Les Girondins de Bordeaux se déplacent à Strasbourg ce mercredi (19 heures) lors de la 16e journée de Ligue 1.
  • Pire défense du championnat, les Marine et Blanc n’ont pas réussi un clean-sheet (match sans encaisser de but) cette saison.
  • Les explications sont multiples : manque d’agressivité, de communication, d’automatismes ou encore des défaillances individuelles.

L’histoire ne dit pas si Vladimir Petkovic en avait mis un petit bout dans sa valise au moment de débarquer aux Girondins de Bordeaux. Mais on peut commencer sérieusement à se poser la question aujourd’hui. De quoi parle-t-on, au fait ? Du plus célèbre des fromages suisses, le gruyère ! Car c’est bien à ça que ressemble la défense des Marine et Blanc depuis l’arrivée de l’ancien sélectionneur de la Nati l’été dernier. Et les adversaires s’en régalent tous les week-ends.

Avec 32 buts encaissés en 15 matchs, l’entraîneur helvétique est à la tête de la pire passoire de la Ligue 1. On frôle même des records dans l’histoire du club puisque Bordeaux n’avait plus encaissé autant de buts à ce stade de la saison depuis la saison 1959/1960. Et devinez quoi… Les coéquipiers de Benoit Costil se préparent à se déplacer ce mercredi chez la quatrième meilleure attaque (et la deuxième à domicile) du championnat, Strasbourg avant de recevoir la sixième, dimanche prochain, avec l’OL. Autant dire que ça ne sent pas bon.

Un manque d’agressivité criant

C’est la première chose à mettre sur le terrain pour défendre son but. Un minimum d’agressivité. Mais aux Girondins de Bordeaux, ça fait longtemps qu’on n'en voit plus. Ça ne date pas de cette saison. La passivité d’un Timothée Pembélé sur le second but brestois dimanche dernier n’est qu’un exemple parmi d’autres. « On n’est pas au niveau requis dans l’impact physique au niveau défensif, avoue Admar Lopes, le directeur technique. Il y a un manque d’envie. Il faut montrer beaucoup plus d’agressivité. C’est toujours le même problème depuis le début. C’est l’histoire de notre saison. On n’arrive pas à progresser à ce niveau-là et ça devient inquiétant ! »

Aujourd’hui, ils sont très peu à répondre à la dimension physique de la Ligue 1. Gregersen, Onana, Elis et peut-être Hwang. Cela ne fait pas beaucoup sur toute une équipe. Plus globalement, cela se ressent aussi dans ce que dégage ce groupe. Les Bordelais ne font plus peur à personne. Certains diront qu’ils sont même arbitrés comme une petite équipe. En même temps, méritent-ils autre chose ?

Un gros problème d’automatismes et de communication

C’est ce qui frappe le plus en regardant match après match ces Girondins, l’absence de communication entre les joueurs. Personne ne se parle sur le terrain. Chacun joue sa partition de son côté. Oui, il y a des bons joueurs dans cet effectif bordelais mais il n’y a pas d’équipe comme l’a sous-entendu l’entraîneur strasbourgeois, Julien Stephan, avant la rencontre de ce mercredi. La barrière de la langue n’aide pas avec de très nombreux joueurs de nationalités différentes mais pour Yacine Adli, « il ne faut pas se cacher derrière ça, ce sont des excuses. » Le milieu de terrain poursuit :

La langue du football est très facile, tout le monde la comprend. Au pire, il faut faire des signes sur le terrain. On doit passer outre, il y a plein de choses pour communiquer. Et puis, la communication, ce n’est pas une question d’un ou deux joueurs qui gueulent sur le terrain, c’est tout le monde ! »

Ce manque de communication est une difficulté supplémentaire pour des joueurs sans aucun automatisme puisqu’ils jouent, pour la plupart, pour la première fois ensemble. Il suffit de regarder la ligne défensive titulaire (Mangas, Gregersen, Koscielny et Pembélé). Les Girondins prennent par exemple énormément de buts sur des centres car les joueurs sont incapables de se refiler les joueurs. « Combien de fois, on voit un attaquant entre deux défenseurs bordelais », souligne François Grenet, l’ancien latéral des Marine et Blanc. Cette ligne défensive, en plus d’être très peu protégée par la paire du milieu de terrain (Otavio-Onana) est aussi incapable de jouer le hors-jeu correctement. C’est assez grave à ce niveau.

Des défaillances individuelles

La première d’entre elles n’est peut-être pas une défaillance à proprement parler même si elle l’est d’un point de vue physique. C’est celle de Laurent Koscielny. Capitaine de cette équipe et véritable patron de cette défense, le défenseur international est de plus en plus souvent blessé. Cette saison, il a déjà manqué six rencontres après en avoir loupé onze sur toute la saison dernière. Même s’il commence à faire son âge (36 ans), il reste indispensable à cette équipe et en plus, son association avec Gregersen donnait quelques satisfactions.

Ricardo Mangas, le défenseur des Girondins de Bordeaux.
Ricardo Mangas, le défenseur des Girondins de Bordeaux. - Daniel Vaquero/SIPA

Sur les côtés, les Girondins doivent faire avec un Ricardo Mangas capable du meilleur comme du pire mais qui a la confiance aveugle de son entraîneur et un Timothée Pembélé qui attaque mieux qu’il ne défend, ce qui pose forcément problème étant donné son poste. A Strasbourg, le premier devrait tout de même être remplacé par Gideon Mensah, porté disparu sans raison depuis plus de trois mois. Enfin, à défaut de faire confiance aux jeunes Lacoux et Sissokho au milieu de terrain, Bordeaux espère très vite retrouver un duo Onana-Otavio au niveau ou un Fransergio plus influent après sa bonne rentrée contre Brest. Il y a urgence !