ASSE-PSG : « Si ce n’est pas Kylian Mbappé, il n’y a pas rouge »… Sainté ne digère pas « le tournant » de l’expulsion

FOOTBALL Les Stéphanois ont encore du mal à accepter l'exclusion prématurée de Timothée Kolodziejczak, à la 45e minute de jeu, moment clé de la défaite (1-3) face au PSG ce dimanche

Jérémy Laugier
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Ligue 1: Le débrief d'ASSE-PSG (1-3) — 20 Minutes
  • Si le PSG est logiquement venu à bout de l’ASSE, ce dimanche dans le Chaudron (1-3), il n’a pas été malheureux de bénéficier de l’expulsion, dès la 45e minute (à 1-0), de Timothée Kolodziejczak.
  • Le défenseur stéphanois estime clairement, après la rencontre, que l’arbitrage de Jérôme Brisard « a favorisé Paris ».
  • « Kolo » place surtout le débat de ce fait de jeu controversé sur l’identité de la victime de la faute, un certain Kylian Mbappé.

Au stade Geoffroy-Guichard,

Un coup d’éclat du tandem Khazri-Bouanga (1-0, 23e), un Etienne Green lancé vers la masterclass de sa saison pour résister à Kylian Mbappé et Neymar et le retour d’abondantes chutes de neige propices à un scénario de folie… Cet ASSE-PSG (1-3) totalement déséquilibré commençait à sentir bon l’exploit pour la lanterne rouge stéphanoise à l'approche de la mi-temps. Et puis tout a basculé à la 45e minute, sur une attaque placée des joueurs de Claude Puel. Yvann Maçon est percuté au départ à 30 mètres du but parisien et reste au sol (sans qu'il n'y ait de coup de sifflet), puis Mahdi Camara récupère et commet une perte de balle fatale.

Car le PSG n’allait pas manquer l’une de ses rares opportunités de lancer une contre-attaque tranchante. Angel Di Maria lance sans surprise en profondeur Kylian Mbappé, qui n’a sur sa route que le duo Nadé-Kolodziejczak. Ce dernier tente alors un tacle un peu désespéré. Bien que retenu, son geste défensif heurte l’attaquant des Bleus, qui s’effondre aux 35 mètres. Sans hésiter, Jérôme Brisard dégaine aussitôt le carton rouge pour l’ancien joueur de Séville.

Timothée Kolodziejczak a clairement percuté Kylian Mbappé, juste avant la mi-temps ce dimanche, alors que l'attaquant des Bleus filait défier Etienne Green. Jeff PACHOUD
Timothée Kolodziejczak a clairement percuté Kylian Mbappé, juste avant la mi-temps ce dimanche, alors que l'attaquant des Bleus filait défier Etienne Green. Jeff PACHOUD - AFP

« Il y a certes faute, mais ça mérite maximum jaune »

« Cette erreur d’arbitrage nous a mis un coup à la tête, regrette Yvann Maçon. Le rouge est sévère parce qu’il n’est pas le dernier défenseur. » On s’attendait après le match à entendre tomber ce poncif du foot totalement infondé. Les règlements ne font ainsi référence qu’à une « annihilation d’une occasion de but manifeste », et nulle part à cette histoire de position de dernier défenseur qui traverse le temps. C’est là que la décision controversée de Jérôme Brisard est intéressante, puisque l’inexpérimenté et guère supersonique Mickaël Nadé (10 matchs de L1) était sur la même ligne que Kylian Mbappé au moment de la faute.

« C’est sévère parce que ce n’est pas un attentat et qu’il y a Nadé qui me couvre aussi derrière, résume ainsi "Kolo". Il y a certes faute, mais ça mérite maximum jaune. L’arbitre a interprété que Kylian allait tout seul au but, donc voilà… Je pense que si ce n’est pas Kylian, il n’y a pas rouge. »

Timothée Kolodziejczak, Ryad Boudebouz et Wahbi Khazri étaient remontés contre l'arbitrage de Jérôme Brisard, après son choix d'expulser directement le défenseur stéphanois après sa faute sur Kylian Mbappé. Jeff PACHOUD
Timothée Kolodziejczak, Ryad Boudebouz et Wahbi Khazri étaient remontés contre l'arbitrage de Jérôme Brisard, après son choix d'expulser directement le défenseur stéphanois après sa faute sur Kylian Mbappé. Jeff PACHOUD - AFP

Saint-Etienne était même réduit à neuf sur le but de Marquinhos

Cette petite punchline est balancée dans une critique assumée d’un « arbitrage à deux vitesses ». Pour autant, il n’est pas illogique de penser que Mbappé avait davantage de chances de scorer face à Nadé que, au hasard, Jean-Philippe Krasso face à Marquinhos dans le sens inverse. Claude Puel est allé dans notre sens à ce propos : « Je pense qu’il y a interprétation. On suppute qu’éventuellement, Kylian Mbappé va prendre Mickaël Nadé de vitesse, non ? ».

Jérôme Brisard (de rêves verts, désolé) a-t-il tort de raisonner de la sorte ? Là où les conséquences ont été terribles pour les Verts, c’est que Leo Messi a dans la foulée bénéficié d’un coup franc face à une équipe réduite à neuf, Yvann Maçon se faisant soigner sur le bord du terrain. Et l’Argentin n’a pas laissé échapper cette aubaine de servir Marquinhos, auteur de l’égalisation parisienne de la tête (1-1, 45e+2).

« Cette expulsion très sévère gâche le match qu’on aurait pu faire »

Le malheureux Timothée Kolodziejczak n’a d’ailleurs découvert l’existence de ce but qu’au retour de ses coéquipiers dans le vestiaire. Vous avez dit double effet Kiss Cool ? « On avait fait le plus dur, on avait mis ce premier but qui pouvait les faire douter, assure l’ancien milieu du PSG Adil Aouchiche. Ce n’est pas une excuse, c’est la réalité : ça nous a vraiment mis dedans. Face à des joueurs spectaculaires comme ça, c’est difficile de défendre à 11 contre 11, alors à 10 contre 11… »

On a en effet eu droit à un autre match après la pause, avec une attaque-défense quasi-intégrale, et Etienne Green a fini par craquer face à Angel Di Maria (1-2, 79e) puis Marquinhos (1-3, 90e+1). « C’est évident que l’expulsion a bouleversé le visage de cette rencontre, soupire Claude Puel. C’est dommage car cette expulsion très sévère gâche le match qu’on aurait pu faire. » A ce propos, on peut compter sur « Kolo » pour en remettre une couche.

On faisait une grosse première période, on menait et l’arbitre en a décidé autrement, ce fait de jeu est frustrant. C’est le tournant du match. L’arbitre a été très sévère et a favorisé Paris. Mais on ne va pas polémiquer… »

« Les kops nous auraient aidés à nous lâcher ou à tenir un peu plus »

Too late « Kolo ». On peut volontiers se mettre à sa place, puisque ce PSG, visiblement secoué entre la défaite à Manchester City (2-1) et les rumeurs persistantes autour d’un départ de  Mauricio Pochettino, semblait prenable.

« On s’est battus avec nos armes et j’aurais aimé voir ce match à 11 contre 11 jusqu’à la 90e minute, conclut Wahbi Khazri. Déjà que je me dis que la présence des deux kops nous aurait aidés à nous lâcher ou à tenir un peu plus. » Finalement, l’ASSE (20e de Ligue 1) s’est surprise à avoir des regrets à la pelle après ce que tout le groupe a abordé comme « un match bonus » dans son opération maintien.