City - PSG : Zéro repli, un coach perdu et la Verratti-dépendance… On a noté les carences du PSG

FOOTBALL Le PSG s'est montré défaillant dans tellement de domaines qu'on a décidé de vous en faire une compilation 

Aymeric Le Gall
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Messi et le PSG ont affiché trop de lacunes pour espérer quoi que ce soit, mercredi, contre City.
Messi et le PSG ont affiché trop de lacunes pour espérer quoi que ce soit, mercredi, contre City. — Paul ELLIS / AFP
  • Paris a sombré (malgré un score plutôt flatteur), mercredi, sur la pelouse de Manchester City.
  • Comme depuis le début de la saison, le PSG a montré des lacunes à tous les niveaux.
  • On a décidé de vous en sélectionner quelques-unes (liste non exhaustive) et de les noter en fonction de leur gravité.

A l’Etihad Stadium,

La déroute du PSG contre Manchester City, mercredi soir, a une nouvelle fois mis en évidence un nombre incroyable de problèmes dans une équipe pourtant sensée – au moins sur le papier – rouler sur l’Europe du football. On aurait pu consacrer un article entier à chacun de ces manques, mais il y en a tellement qu’on a préféré opter pour un petit condensé version notation au doigt mouillé, vous ne nous en voudrez pas.

  • Une équipe coupée en deux

En relisant nos notes, on est tombé sur cette phrase gribouillée à la va-vite : « 3 devant, tout le reste derrière et inch’Allah les frères ! ». De mémoire, c’était en tout début de rencontre, quand le PSG s’est offert l’une de ses rares contre-attaques du match. Après une récupération de balle devant la défense, le ballon est vite remonté par Neymar, qui combine avec Messi, qui combine avec Mbappé. Problème, quand celui-ci a voulu chercher du soutien en retrait, il n’y avait pas âme qui vive. C’est bien là tout le malheur de ce PSG : avec trois joueurs du calibre de la MNM, Paris semble croire qu’il suffit de leur balancer le ballon loin devant pour que la foudre s’abatte sur les adversaires.

Gravité de la situation : 3/10. On va être sympa pour commencer. D’abord parce que ce ne sera pas tous les jours Manchester City (et son pressing de fou furieux) en face, et ensuite parce qu’avec des joueurs de la qualité d’Hakimi et Nuno Mendes sur les côtés, sans parler de Verratti qui finira bien un jour par revenir sur un terrain, Paris devrait tout de même être en mesure de se projeter en nombre quand les occasions se présentent.

  • Un trio d’attaque qui refuse de défendre

Maintenant, prenons le problème à l’envers. Si le trio de tête n’est pas beaucoup soutenu en phase offensive, que dire du soutien défensif des trois pépères de devant… Mercredi soir, tandis que les vagues déferlaient sur les buts de Navas, que faisait la MNM ? Elle ne trottinait pas, non, elle marchait. C’est tout juste s’ils daignaient jeter un œil à ce qui se passait dans leur dos. Que Neymar, Mbappé et Messi ne se fassent pas mal pour venir aider au repli contre Angers, Metz ou Bordeaux passe encore, mais là on parle de Manchester City. Après la rencontre, Marquinhos a haussé le ton : « On a essayé de bien défendre mais ils étaient en supériorité sur les côtés. L’aspect défensif c’est un aspect collectif, il faut que tout le monde fasse mieux. »

Gravité de la situation : 9/10. Pourquoi une telle crainte ? C’est ce qu’on disait plus haut : si les trois de devant ne jugent pas bon de venir gêner les relances adverses dans un match d’une telle importance, contre une équipe du calibre de Manchester City, comment imaginer qu’ils décident de changer quoi que ce soit à l’avenir ? Impossible. Paris semble donc condamner à devoir défendre à 7, et donc à dire adieu à ses rêves d’équipe collectif qui fait bloc ensemble. Seul point positif : ils l’avaient à peu près fait au match aller (enfin, surtout Neymar), c’est donc qu’ils en sont capables les salopiauds.

  • Une équipe méconnaissable sans Verratti au milieu

Le match contre City et la manière dont le PSG a été incapable de ressortir proprement le ballon sous pression nous ont rappelé à quel point il y avait un Paris avec Verratti et un Paris sans. Mercredi, pas un joueur des trois du milieu (Gueye, Paredes, Herrera) n’est parvenu à libérer proprement le ballon pour se défaire de la pression mancunienne. En vérité, si le trio d’attaque accapare toute la lumière à lui, le véritable maître à jouer, le métronome, celui qui dicte le tempo et te sort de la mouise quand l’adversaire est au pressing, c’est le Petit Hibou.

Gravité de la situation : 6/10. Jusqu’ici, on s’était habitué à ne voir Verratti et son corps en papier crépon qu’environ un match sur deux. La faute à des blessures à répétition et une hygiène de vie pas toujours propice au foot de haut niveau. Dorénavant, l’Italien se fait encore plus rare et on se demande un jour s’il réussira à faire une saison complète sans se péter. Présent la veille du match en conf, celui-ci expliquait le bonheur qui était le sien à jouer une telle rencontre de C1. Sauf qu’entre-temps Verratti a repris un pète à l’entraînement, la suite on la connaît. A l’avenir, le PSG ferait bien d’investir dans un profil similaire au sien sous peine de devoir galérer au milieu les 3/4 de la saison.

  • Toujours pas d’identité collective

On ne va pas épiloguer bien longtemps sur ce sujet puisqu’on ne cesse d’en parler depuis le début de la saison, voire depuis le début de l’année, voire depuis le départ de Laurent Blanc. Le PSG souffre d’un mal profond, celui de ne pas être une équipe de football mais une addition d’individualités. Pas de circuits préférentiels dans le jeu, aucune cohérence tactique, un manque criant de créativité collective. Mercredi, la différence avec l’horloge parfaitement réglée qu’est le Manchester City de Pep Guardiola faisait peur à voir. Une équipe de foot contre des joueurs de foot, c’est con mais ça fait toute la différence.

Gravité de la situation : Au secouuuuuurs/10. On pourrait accabler Mauricio Pochettino – et on va le faire – mais il n’est pas interdit d’attendre des joueurs qu’ils trouvent eux aussi la solution. Or, les semaines passent et aucun progrès à l’horizon, ce qui commence à être légèrement inquiétant. La vérité, c’est qu’on ne voit pas comment les choses pourraient changer avec le coach argentin sur le banc. Et c’est quoi cette manie de refuser de jouer en 3-5-2 quand l’effectif parisien paraît taillé pour être à trois derrière ?

Il n’y a qu’à relire les différentes interviews que Pochettino a données récemment pour comprendre que celui-ci n’est pas heureux à Paris. Et si on devait aller plus loin, on pourrait même remonter jusqu’à Doha. C’est bien beau de sans cesse tenter des coups sur le marché des entraîneurs, mais si à un moment tu ne leur donnes pas un tant soit peu de pouvoir décisionnel sur la politique sportive, il ne faut pas espérer que les choses évoluent dans le bon sens.