PSG : Sorties médiatiques et rumeur de départ à MU… Pochettino rêve-t-il de quitter sa prison dorée parisienne ?

FOOTBALL Les récents propos de Mauricio Pochettino dans L’Equipe et le Guardian ne transpirent pas une envie folle de s’éterniser au Paris Saint-Germain

Aymeric Le Gall
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Mauricio Pochettino est allé saluer le virage Auteuil, samedi, après la victoire contre Nantes.
Mauricio Pochettino est allé saluer le virage Auteuil, samedi, après la victoire contre Nantes. — FRANCK FIFE / AFP
  • Alors que le PSG se déplace à City, mercredi, de nombreux médias britanniques affirment que Pochettino veut à tout prix rejoindre Manchester United dès cette saison.
  • En parallèle, dans les interviews qu’il a accordées récemment à L’Equipe et au Guardian, celui-ci ne laisse pas transparaître un profond attachement au projet du club parisien.

D’un Manchester, l’autre. Si le PSG est attendu cette semaine dans le nord-est de l’Angleterre pour y affronter City en Ligue des champions, c’est bien des Red Devils dont il est de plus en plus question ces dernières heures dans l’actualité du club parisien. En effet, de nombreuses sources – et pas des moindres, le Times, la BBC et The Athletic notamment – indiquent que Mauricio Pochettino n’attendrait qu’une chose : que le board mancunien décroche son téléphone pour lui proposer le job laissé vacant après le renvoi d’Ole Gunnar Solskjaer, dimanche, après une nouvelle déroute à Watford.

Hasard ou coïncidence, au même moment, l’ancien manager de Tottenham, pourtant si discret dans les médias depuis son arrivée au PSG, a accordé coup sur coup deux interviews (à L’Equipe et au Guardian) dans lesquelles il se cache à peine pour dire tout le mal qu’il pense de la manière dont est géré le Paris Saint-Germain. Au point qu’on se demande si l’ancien défenseur parisien n’a pas décidé de faire tapis pour forcer son départ du club en cours de saison. Il voudrait le faire qu’il ne s’y prendrait pas autrement en tout cas.

Des critiques à peine masquées

Sa plus grosse saillie, il l’a offerte à nos confrères de L’Equipe la semaine dernière. « On n’est pas venus nous chercher pour bâtir un projet, en nous demandant de quoi on avait besoin pour développer nos idées, ou ce qu’on aime. On est arrivés ici pour nous adapter et pour gagner, avec la structure et les caractéristiques des joueurs qui sont là, a-t-il expliqué. C’est très différent. On est là pour développer les idées du PSG, pas pour développer nos idées définies, lesquelles nécessiteraient de bâtir avec les éléments selon nous nécessaires à ces idées. »

En gros, en plus du distinguo clair qu’il fait entre son staff et le club (il n’est jamais question de « nous »), Pochettino affirme qu’il n’a jamais eu son mot à dire dans la politique sportive du club. Il ne serait que le simple exécutant d’un projet bling-bling qu’il ne semble pas franchement porter dans son cœur. L’Emir Al-Thani, qui lui a offert sur le papier l’une des plus belles triplettes offensives de l’histoire du football, appréciera.

Au fond, le propos de Pochette n’a rien de loufoque. Il ressemble d’ailleurs en tout point à celui de Thomas Tuchel, qui n’avait pas hésité à dégommer publiquement le recrutement de Leonardo, quelques semaines avant de se voir indiquer la porte de sortie. Mais ce n’est pas aujourd’hui que l’on découvre qu’à Paris, plus qu’ailleurs, les dirigeants alignent les stars et les zéros qui vont avec sur le chèque tandis que les entraîneurs sont priés de trouver la bonne recette sans moufter. En bon diplomate, le natif de Rosario prend tout de même soin de ménager la chèvre et le chou en affirmant que « ce n’est pas une tâche facile mais c’est un défi incroyable que nous apprécions ».

Il n’empêche, Mauricio Pochettino ne manque pas une occasion de se rappeler aux bons souvenirs de sa vie outre-Manche. « Aujourd’hui, nous sommes le 17 novembre. Et dans deux jours, c’est l’anniversaire des deux ans depuis que nous avons quitté Tottenham, a-t-il cru bon de rappeler au Guardian. C’est dans ma tête. Quand je regarde les matchs maintenant, c’est toujours avec le sourire et en essayant de les soutenir parce que quand tu aimes un club et que tu te sens chez toi, tu souhaites toujours le meilleur pour les gens que tu connais. »

En fin de saison dernière, des rumeurs persistantes faisaient d’ailleurs état de son envie de rentrer au bercail, chez les Spurs, sans que celui-ci n’ait jamais cru bon de démentir officiellement. Son explication ? « Quand tu ne crées pas la chose [la rumeur], pourquoi dire quelque chose ? Je n’ai pas besoin de clarifier les choses. Mais bien sûr, j’ai tout écouté. »

Zidane ouvrirait la porte au PSG en cas de départ de Pochettino

Il n’a pas semblé non plus très enthousiaste au moment d’évoquer le contrat qui le lie au PSG jusqu’en juin 2023. Quand le journaliste lui fait remarquer qu’il a tout de même fini par prolonger son bail avec Paris, Pochettino rectifie : « Non, nous n’avons pas prolongé. Quand j’ai signé en janvier, c’était pour un an et demi, plus une année supplémentaire en option. C’est le club qui a activé l’option. » Une manière à peine déguisée de dire qu’il n’aurait peut-être pas étendu son aventure parisienne si ça n’avait tenu qu’à lui.

Voilà un message de nature à conforter les dirigeants de Manchester United dans leur souhait d’exfiltrer l’ancien coach de l’Espanyol et de Southampton. Ce qui est sûr, c’est que si cela devait arriver, celui-ci n’aurait aucun mal à rempaqueter son bazar, lui qui vit toujours à l’hôtel depuis son arrivée en France. La faute au Coronavirus, paraît-il. Sa femme, quant à elle, n’a jamais fait le voyage dans l’hexagone et vit toujours à Londres avec Sansa, leur chienne bien aimé, selon les indiscrétions du Guardian.

Officiellement, si l’on en croit la BBC, le PSG n’a aucune intention de se séparer de Pochettino en cours de saison mais, dans le même temps, le média annonce que Zinédine Zidane pourrait être intéressé par le job si jamais l’Argentin venait à partir. Or, on sait que les dirigeants qataris rêvent depuis toujours de faire venir le ballon d’Or 98 au Parc des Princes. Ça tombe bien, Pochettino semble parfaitement disposé à lui laisser la place.