ASSE-OL : Pourquoi ce séduisant Lyon version Peter Bosz végète-t-il en milieu de tableau ?

FOOTBALL Les idées de Peter Bosz plaisent à la Ligue 1 mais elles ne sont jusque-là pas synonymes de bilan satisfaisant au classement, après le nul (1-1) ramené du Chaudron dimanche

Jérémy Laugier
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Houssem Aouar n'a pas manqué de chambrer le kop sud ce dimanche. PHILIPPE DESMAZES
Houssem Aouar n'a pas manqué de chambrer le kop sud ce dimanche. PHILIPPE DESMAZES — AFP
  • Tenu en échec dans le temps additionnel, dimanche au stade Geoffroy-Guichard (1-1), l'OL stagne à la 10e place en Ligue 1 derrière des équipes à maigres moyens comme Angers, Lorient et Nantes.
  • Si les décisions arbitrales et notamment le recours au VAR tournent clairement en défaveur des Lyonnais jusque-là, ils estiment « ne s’en prendre qu’à eux-mêmes » après le nul (1-1) face à l’ASSE dimanche.

Au stade Geoffroy-Guichard,

Notre Ligue 1 s’est tellement métamorphosée cet été qu’on peut s’attirer des louanges de toutes parts pour le jeu proposé tout en étant classé derrière Angers, Lorient et Nantes ? C’est l’étrange paradoxe cultivé jusque-là par l’OL, qui prend peu à peu la mesure du jeu souhaité par son nouvel entraîneur Peter Bosz. Quasiment au quart de la saison, Lyon n’est ainsi classé que 10e, avec un maigre total de 13 points en 9 journées, et même un goal-average de +1 aux allures d’équipe moyenne. « On n’est pas à notre place, assure Maxence Caqueret. On se doit d’être sur le podium. On va se remobiliser après la trêve internationale pour retourner en haut. »

A deux minutes près, l’OL aurait bouclé son week-end à la 5e place en L1, mais ce 123e derby de l’histoire n’a pas tourné dans son sens. Après Clermont (de 3-1 à 3-3) et le choc à Paris (de 1-1 à 2-1), les Lyonnais en sont déjà à cinq points perdus dans le temps additionnel en championnat. Dans le Chaudron dimanche, ça s’est joué sur un penalty évitable concédé de la main par Jason Denayer, et transformé par Wahbi Khazri (1-1, 90e+5), ainsi que sur une autre main là aussi repérée par le VAR, celle d’Anthony Lopes sorti bizarrement de sa surface pour enrayer le contre de Denis Bouanga (1-0, 74e).

« On ne se cache pas derrière des erreurs d’arbitrage »

Peu verni par les décisions arbitrales depuis la défaite contre le PSG (2-1), l'OL y est allé de petits tacles à l’encontre de François Letexier. « J’ai vu que maintenant, en France, il y avait heureusement le VAR », a ainsi lâché avec ironie Peter Bosz. Jérôme Boateng s’est montré plus virulent, juste après le coup de sifflet final au micro d’Amazon Prime : « L’arbitre n’a pas gardé le match sous contrôle. Il aurait dû prendre de meilleures décisions ».

C’est donc aussi le cas d’Anthony Lopes, expulsé pour la première fois de sa carrière après 289 matchs sous le maillot lyonnais. « On n’aurait pas parlé du carton rouge si on avait fait la différence avant, rappelle Peter Bosz. Malheureusement on a perdu deux points ce soir. » Difficile de lui donner tort tant la mainmise technique de l’OL a pu sembler évidente sur ce match. « C’est possible d’être énervés sur le coup mais on ne se cache pas derrière des erreurs d’arbitrage, indique Maxence Caqueret. On aurait dû concrétiser nos occasions pour se mettre à l’abri, donc on ne s’en prend qu’à nous-mêmes, on est frustrés. »

Il y a de quoi, avec le manque de réalisme criant d’Houssem Aouar dans la zone de vérité (18e, 36e) et des changements parfois moins inspirés de Peter Bosz, comme cette entrée en jeu tardive de Jason Denayer pour Jérôme Boateng. L’ancien coach de l’Ajax et du Bayer Leverkusen reste évidemment optimiste quant à la montée en puissance de son groupe, leader de sa poule en Ligue Europa.

C’était un match très ouvert et le plus important, c’est d’être l’équipe qui se crée les occasions. J’étais très content de notre jeu de possession en première période, mais il faut conclure. »

« Lucas Paqueta a été « incroyable » pour garder le ballon en pointe »

Une conclusion défaillante même si, en l’absence de Moussa Dembélé et Islam Slimani encore blessés devant, « Lucas Paqueta a été incroyable et très costaud en pointe pour garder le ballon », comme apprécie Peter Bosz. Passeur décisif pour Houssem Aouar dimanche (1-0, 42e), il incarne le changement de dimension pris par certains depuis le départ de Rudi Garcia.

Volontiers chambreur devant le kop sud pour fêter son but contre le voisin stéphanois, le pur produit de la formation lyonnaise Houssem Aouar rappelle toute la confiance que peuvent dégager ces joueurs. Le gros programme à venir en Ligue 1 (Monaco, Nice, Lens, Rennes et Marseille) permettra à l’OL d’y voir plus clair sur son évolution et ses ambitions. Ce ventre mou du championnat, à déjà 11 points du PSG, n’est clairement pas fait pour lui.