OL-AS Monaco : Pourquoi Rudi Garcia juge-t-il Stéphanie Frappart « pas au niveau » après l’élimination lyonnaise ?

FOOTBALL Extrêmement frustrés par leur élimination, mercredi, en quart de finale de Coupe de France contre l'AS Monaco (0-2), les Lyonnais pointent l'arbitrage de Stéphanie Frappart

Jérémy Laugier

— 

Coupe de France: Le débrief express d'OL-AS Monaco (0-2) — 20 Minutes
  • Malgré une grosse première période, conclue par 10 tirs à 0, dont trois montants touchés en cinq minutes, l’OL s’est incliné mercredi contre l’AS Monaco (0-2), en quart de finale de Coupe de France.
  • Cette élimination, notamment causée par l’expulsion et le penalty concédé par Sinaly Diomande (51e), est marquée par les critiques envers l’arbitrage de Stéphanie Frappart.
  • Mais finalement, que reprochent-ils exactement, Rudi Garcia en première ligne, à la première femme arbitre sélectionnée pour un Euro de football masculin ?

Au Parc OL,

« Comment peut-on jouer alors que l’arbitre donne tout pour Monaco ? C’est impossible de jouer comme ça. Ça ne devrait pas arriver au haut niveau. » Le quart de finale de Coupe de France entre l’OL et l’AS Monaco (0-2) vient tout juste de se conclure, qu’au micro de France 2, le défenseur lyonnais Marcelo ne masque pas sa frustration, directement dirigée contre Stéphanie Frappart.

Pas étonnant, après cette sortie médiatique susceptible d’intéresser la commission de discipline de la LFP, que l’OL n’ait ensuite envoyé aucun joueur en conférence de presse, ce qui n’est pas dans ses habitudes. Pourquoi Stéphanie Frappart, devenue quelques heures plus tôt la première femme arbitre sélectionnée pour une compétition internationale masculine (l’Euro 2020), a-t-elle cristallisé à ce point la nervosité lyonnaise durant toute la rencontre de mercredi soir ?

Pas d’erreur manifeste, mais une pluie de cartons

Aucun supporter lyonnais n’oserait remettre en cause le penalty, avec expulsion en bonus, sifflé contre Sinaly Diomande pour un pied extrêmement haut et dangereux sur le crâne de Fodé Ballo-Touré. Cette action de la 51e minute de jeu (0-1), qui a totalement changé la tournure de ce quart de finale ultra tendu (sorte de revival de la demie de l’an passé contre le PSG, d’un emballant 1-1 à l’heure de jeu à un impitoyable 1-5 après l’expulsion de Marçal) a immédiatement été bien évaluée par Stéphanie Frappart. Difficile de ne pas comprendre sur le coup la frustration des Lyonnais, qui fêtaient quelques secondes plus tôt l’ouverture du score méritée de Maxwel Cornet, après avoir frappé les montants de l’ASM à trois reprises en cinq minutes (31e, 33e et 35e). Mais l’international ivoirien était hors-jeu d’une épaule, au niveau de la ligne médiane, lorsque Memphis Depay l’a lancé, poussant le VAR à annuler ce but.

Non, les reproches faits tout au long de la rencontre par les joueurs de l’OL concernent surtout les cartons distribués à tout va par l’arbitre de 37 ans, avec huit avertissements au total pour les joueurs, dont six pour Lyon. Ce match électrique a en effet parfois semblé lui échapper, même si à sa décharge, ce n’est pas sa faute si Kevin Volland, surexcité dès l’entame, a posé une énorme balayette à Lucas Paqueta… après 10 secondes de jeu ! Plus globalement, les Lyonnais ont eu le tort de faire une fixette sur des erreurs sans gravité comme des touches et corners accordés à tort aux Monégasques. Sur l’un d’entre eux, on a par exemple entendu Rudi Garcia enchaîner des remarques du type « il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour voir ça quand même ».

Une expulsion très rapide de Rudi Garcia

Niko Kovac a dû s’estimer lésé de prendre un carton jaune (58e) alors qu’il entrait sur la pelouse pour calmer ses joueurs après une embrouille entre Paqueta et Ballo-Touré. Mais seul Rudi Garcia a mis à peine plus de temps à évoquer l’arbitrage en conférence qu’il n’en a fallu à Stéphanie Frappart pour « cartonner » Kevin Volland. Morceaux choisis.

C’est une élimination qui n’est pas du tout méritée. On a eu trop de faits de jeu contraires. En fait, je pense que l’arbitrage ce soir n’était pas au niveau des deux équipes. Mais ça arrive, des fois les coachs ne sont pas bons, des fois les joueurs ne sont pas bons, et des fois les arbitres ne sont pas bons. Quand c’est trop contraire comme ça… »

Vexé par son expulsion, dès la 23e minute de jeu, qui n’a pas changé grand-chose à son match puisqu’il a toujours pu hurler ses consignes, mais quelques mètres plus haut dans la tribune, il explique : « Je préférais avant quand il n’y avait pas de 4e arbitre parce qu’on bougonnait tout seul dans son coin, et on n’était pas menacé d’expulsion comme ça a été mon cas. C’est dommage, quand vous n’êtes pas irrespectueux, de vous retrouver avec un carton jaune d’abord, puis un rouge. Il y a quand même des enjeux et des tensions, alors un peu de discussions peut faire du bien sur le bord de la touche ». Stéphanie Frappart n’avait visiblement guère envie d’en avoir avec lui.

Deux précédents que l’OL n’avait pas digérés

S’il y a vite eu un ras-le-bol de l’arbitrage, mercredi, de la part de joueurs comme Marcelo, Léo Dubois, Lucas Paqueta, et le capitaine Memphis Depay, ce n’est pas qu’à cause de ce match de Stéphanie Frappart. Non, tous semblaient avoir en tête deux précédents matchs qui ont coûté cher à l’OL, potentiellement cinq points, en octobre contre l’OM (1-1) puis en janvier face au FC Metz (0-1).

Stéphanie Frappart avait refusé dans le money time un but à Houssem Aouar pour un mystérieux pied haut (lors de Lyon-Marseille), tandis que Karl Toko Ekambi avait lui aussi fêté un but avant de déchanter, en raison d’un litigieux hors-jeu passif sifflé contre Aouar (à 0-0 contre les Messins). « Malheureusement, avec cette arbitre-là, ça n’est pas la première fois qu’on a des résultats qui ne sont pas conformes à ce qu’on aurait dû avoir », a ainsi balancé Rudi Garcia en conférence de presse.

Memphis Depay privé d’un match clé en Ligue 1 ?

S’il y a bien un joueur dont l’OL (4e) ne peut pas se passer pour ses cinq dernières journées de Ligue 1, c’est Memphis Depay et son combo 18 buts-9 passes décisives en championnat cette saison. L’attaquant néerlandais était prévenu qu’il était sous le coup d’une suspension en cas de nouveau carton jaune mercredi. A la 68e minute, après avoir été accroché loin du ballon par Youssouf Fofana, Memphis Depay s’est écroulé dans la surface monégasque. Réclamant un penalty, celui-ci n’a hérité que d’un avertissement lourd de conséquences. Pour simulation ou contestation ?

Rudi Garcia, qui refuse de qualifier son groupe de « nerveux » sur ce match, digère là aussi très mal ce fait de jeu : « Ce qui est sûr, c’est qu’il a été sanctionné pour une simulation qui n’en était pas une. Il y a faute de Fofana sur lui. Qu’on ne siffle pas penalty, ce n’est pas un problème. Mais il ne faut pas le taxer de simulation alors que ce n’était pas le cas. Voir Memphis suspendu [contre Lorient ou pour le choc à Monaco] pour ce carton jaune là, ça serait très injuste. Il s’agirait des répercussions des erreurs de ce soir. J’espère bien que ce carton va être retiré, car quand on se trompe autant, il faut au moins reconnaître qu’on s’est trompé. » Finalement, des joueurs n’auraient-ils pas été plus softs que leur coach face aux médias ?