OL-FC Metz : Les Lyonnais ont-ils été lésés par l’annulation « incompréhensible » du but de Karl Toko Ekambi ?

FOOTBALL Les joueurs de Rudi Garcia ne sont pas près d’oublier la 74e minute de cette étrange défaite (0-1) concédée dimanche contre Metz

Jérémy Laugier

— 

Karl Toko Ekambi a bien cru avoir inscrit un but essentiel, dimanche à 0-0 contre Metz. Mais ça, c'était avant l'intervention du VAR. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Karl Toko Ekambi a bien cru avoir inscrit un but essentiel, dimanche à 0-0 contre Metz. Mais ça, c'était avant l'intervention du VAR. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK — AFP
  • Pour la première fois depuis quatre mois, l’OL s’est incliné en Ligue 1, dimanche face au FC Metz (0-1).
  • Cette rencontre aussi accrochée que parfois débridée a été marquée par une décision arbitrale aux allures de tournant, à 0-0 à la 74e minute de jeu, avec un but étrangement refusé à Karl Toko Ekambi.
  • Contrairement à sa légende, Rudi Garcia est resté très soft en après-match face à ce hors-jeu sifflé contre Houssem Aouar.

Au Parc OL,

On ne pensait jamais écrire cela un jour. Ce 17 janvier restera un moment-clé dans l’histoire de la Ligue 1 : Rudi Garcia s’est montré pondéré devant la presse après une décision arbitrale pour le moins litigieuse. On joue la 74e minute d’un OL-FC Metz plus accroché que prévu, les Lyonnais poussent à 0-0 et Thiago Mendes se retrouve décalé par Memphis Depay sur le côté droit. Sa frappe dans un angle fermé est freinée par Alexandre Oukidja.

Mais le gardien lorrain détourne le ballon sur sa transversale. L’action folle (à 17'' sur la vidéo ci-dessous) se poursuit avec le latéral grenat Fabien Centonze, qui remet de la tête, surpris, le ballon derrière lui. Karl Toko Ekambi conclut tranquillement de volée dans les six mètres et célèbre ce but sans le moindre doute sur sa validation. Stéphanie Frappart, qui avait refusé en octobre le but de la victoire à Houssem Aouar contre l’OM (1-1) pour un pied haut très discutable, est alors avisée par l’arbitre assistant vidéo du soir François Letexier que les images sont décortiquées.

« Une défaite au goût amer »

Et après cette longue utilisation du VAR, celui-ci estime qu’Houssem Aouar, légèrement hors-jeu sur l’action, aurait fait action de jeu et donc eu un rôle dans le renvoi approximatif de Fabien Centonze. Même si ce dernier n’a rien réclamé du tout, Stéphanie Frappart annule donc de manière très sévère ce but qui était virtuellement synonyme de retour en tête de la Ligue 1 pour la bande à Memphis Depay. Quand un quart d’heure plus tard, un contre parfait Boulaya-Leya Iseka met fin (1-0) à une série d’invincibilité de 16 rencontres, on vous laisse imaginer le coup derrière la tête.

« C’est une défaite au goût amer, ne nie pas Rudi Garcia. Bien évidemment, elle n’est pas méritée au vu de ce qu’on a produit. On ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes parce qu’il faut faire un peu plus, et un peu mieux surtout. Quand on cadre 20 % de nos tirs, on ne s’étonne pas de ne pas marquer. » On sent alors venir la transition toute trouvée pour se plaindre de l’arbitrage. Mais pas tant, en vrai, vu l'historique du coach du côté de l’AS Roma puis de l’OM.

« On ne perd évidemment pas ce match-là qu’à cause de ça »

« Les faits de jeu ne nous ont pas été favorables car honnêtement, on pensait avoir fait le plus dur en ouvrant le score avec Karl. Malheureusement, le but a été refusé. C’est juste incompréhensible pour moi. Chacun peut avoir son avis, on va respecter ça, on ne perd évidemment pas ce match-là qu’à cause de ça. » On l’avoue, on a réécouté nos bandes plusieurs fois pour être certains de cette chute mesurée comme jamais de la part de coach Rudi.

Dans le camp d’en face, Frédéric Antonetti savoure la décision du duo Letexier-Frappart, avec une pique lancée l’air de rien au club de Jean-Michel Aulas : « Le VAR n’est pas là pour rendre service mais pour juger objectivement des images. Ça n’est pas l’arme absolue, il y aura toujours 20 % de difficultés dans l’arbitrage, mais il a la faculté de corriger 80 % des fautes. Ça fait des années que je viens ici, et s’il y avait eu le VAR… ». Mieux vaut VAR que jamais, Fredo, non ?