Equipe de France :« C’est un choix de carrière et un choix de vie »… En signant en MLS, Blaise Matuidi a-t-il dit adieu aux Bleus ?

FOOTBALL Blaise Matuidi n'a plus joué avec l'équipe de France depuis le mois d'octobre 2019

Aymeric Le Gall

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Blaise Matuidi n'a plus joué avec l'équipe de France depuis le 14 octobre 2019.
Blaise Matuidi n'a plus joué avec l'équipe de France depuis le 14 octobre 2019. — LOIC VENANCE / AFP
  • Blaise Matuidi est à nouveau absent de la liste de Didier Deschamps. 
  • Le dernier match de l'ancien Parisien remonte au 14 octobre 2019 à l'occasion d'un France-Turquie à Saint-Denis. 
  • En signant à l'Inter Miami cet été, le milieu de terrain a semble-t-il tiré un trait sur ses ambitions internationales. 

Et voilà, il est parti comme il était arrivé : sans faire de bruit. En ne voyant pas s’afficher le blase de Blaise Matuidi sur l’écran d’annonce de la liste de Didier Deschamps jeudi, on a bien compris que l’ancien Parisien avait probablement acté que son histoire en bleu s’écrirait désormais au passé. En choisissant l’été dernier de rejoindre l’Inter Miami, ses plages de sable fin et ses corps sculptés à la protéine animale, la pieuvre savait bien que ses chances de retrouver l ’équipe de France étaient minces.

Peut-être a-t-il pensé que le moment était venu, deux ans après un titre de champion du monde auquel il aura largement contribué. Peut-être s’est-il dit aussi qu’à 33 ans il était temps de laisser la place aux jeunes. D’ailleurs, pas sûr que même s’il était resté en Europe il aurait pu suivre le rythme des gamins qui poussent derrière. On pense notamment à l’explosion d’Eduardo Camavinga au plus haut niveau, qui n’est pas du genre à laisser sa part aux chiens du haut de ses 17 ans. Ce qui est sûr, c’est que le joueur a pris sa décision en toute connaissance de cause.

Loin des yeux…

Pour le savoir, on a posé la question à Didier Deschamps lors de la conférence de presse d'annonce de sa liste des 23 pour affonter l'Ukraine, le Portugal et la Croatie à partir de mercredi. Mais, connaissant l’animal et sa propension à épingler au mur tout journaliste qui oserait lui demander de justifier l’absence de Pierre, Paul ou Jacques de sa liste, on a dû filouter. Voyez plutôt : « Monsieur Deschamps, que pensez-vous du niveau de la MLS et pouvez-vous nous dire si, en décidant de rejoindre ce championnat, un joueur aurait forcément moins de chance de postuler à une place en équipe de France ? ». Hop, double salto, pirouette et réception parfaite, ni-vu-ni-connu-j’t’embrouille.

Il a eu beau nous voir arriver avec nos gros sabots, Deschamps a fait le job : « Ça peut être d’un bon niveau, euh… Vous savez, sincèrement, je regarde les matchs de Ligue 1, de tous les grands championnats européens, je ne vais pas vous citer tous les matchs, mais des fois je me dis "ouf, aujourd’hui, c’est pas que du plaisir et le ballon ne rigole pas tout le temps". Bon ben là-bas aussi ça arrive », a-t-il amené en préambule. Une manière élégante de dire que même la Ligue 1 mange la MLS au petit-déjeuner et, par extension, que les joueurs qui souhaiteraient y émigrer passeraient fatalement dans son esprit derrière ceux évoluant en Europe. « Je pense que vous faites référence à Blaise Matuidi », embraya alors Deschamps. C’est pas faux. Et alors ? Alors « c’est un choix de carrière, un choix de vie aussi. Il l’assume et je peux le comprendre vu son âge », poursuit le sélectionneur.

Pas un non catégorique, mais…

Tout était d’ailleurs très clair entre les deux hommes. « Je vais répéter ce que je lui ai dit quand on en a discuté. Il sait très bien qu’en prenant cette décision c’est plus compliqué pour lui par rapport au groupe France. Je ne lui ai pas dit un non catégorique, déjà par rapport à ce qu’il a fait [en équipe de France] et ce qu’il est encore capable de faire [en club], mais il sait qu’il y a de la concurrence, qu’il y a des jeunes qui poussent. »

Ce qui ne veut pas dire que le staff des Bleus ne gardera pas un œil sur les aventures du Parisien à Miami. Deschamps toujours : « Il reste à un bon niveau, à lui maintenant de s’adapter là-bas à ce nouveau football. C’est un autre championnat, un autre continent, mais il y en a d’autres qui sont partis comme lui, je prends l’exemple de Dédé Gignac qui était au Mexique. Je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup de chez vous qui ont dû voir beaucoup de matchs mexicains [pan sur le bec, c’est de bonne guerre] mais nous, ça ne nous a pas empêchés avec mon staff de le suivre ». A ceci près que l’ex-Marseillais collait but de loco sur but de loco, ce que Matuidi aura sûrement plus de mal à faire, MLS ou pas.