Bordeaux-Nice : « Se remettre en question », le nouveau défi de Rémi Oudin avec les Girondins

FOOTBALL Absent à Paris en raison d’une petite blessure, le milieu de terrain fera son retour contre les Aiglons dimanche

Clément Carpentier

— 

Rémi Oudin sous le maillot des Girondins.
Rémi Oudin sous le maillot des Girondins. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Les Girondins reçoivent Nice au Matmut Atlantique dimanche (17h) à l’occasion de la 27e journée de Ligue 1.
  • Pour rester dans la course à l’Europe, les Bordelais pourront de nouveau compter sur leur recrue phare de l’hiver, Rémi Oudin, qui reste sur une passe décisive et un but.
  • Après s’être fait un nom en Ligue 1 avec Reims, le milieu de terrain de 23 ans va tenter de passer un nouveau cap avec les Marine et Blanc.

Sa petite passe lobée en une touche de balle parfaitement dosée dans la course de Jimmy Briand contre Dijon (2-2) il y a deux semaines n’a peut-être eu l’air de rien pour certains. Sauf qu’elle fut bien l’un des seuls gestes techniques réussi avec justesse par un Bordelais ce jour-là dans un triste match nul. Et surtout, elle permit à Briand d’inscrire son 99e but en Ligue 1 et de redonner l’avantage à son équipe à ce moment-là.

Rémi Oudin, n’est pas un joueur « flashy », ce n’est pas Ronaldo (le vrai) ou Lionel Messi. Mais son jeu en mouvement et son « sens du but » comme le souligne régulièrement Paulo Sousa lui donnent aujourd’hui un potentiel au-dessus de la moyenne. Sa très bonne saison dernière à Reims est là pour le prouver (11 buts et 4 passes décisives) alors qu’il effectuait ses grands débuts en Ligue 1. Un exercice qui a forcément attiré l’œil sur le nouveau milieu de terrain des Girondins.

Le contrecoup d’un été mouvementé

Au point qu’il va vivre l’été dernier une journée comme seul le mercato peut en réserver. Sollicité par de nombreux clubs dont Lille, Newcastle, le Hertha Berlin ou encore Bordeaux qui le suit depuis ses années Ligue 2 par l’intermédiaire d’Eduardo Macia le directeur du football du club, Rémi Oudin s’apprête à rester finalement en Champagne. Mais dans les dernières heures, rebondissement : « La Fiorentina nous relance, la veille de la fermeture du mercato tout est pratiquement OK, on nous demande d’organiser le voyage et d’aller à l’aéroport pour se tenir prêt, on attend là-bas toute la journée le feu vert mais il n’arrivera jamais… », se rappelle Sylvain Chavanon, son agent.

Un épisode que le milieu de terrain a dû digérer même s’il refuse de se cacher derrière cela pour expliquer sa première partie de saison moyenne avec le Stade de Reims. Malgré ce petit contrecoup, les Girondins ne perdent pas de vue Rémi Oudin : ils reviennent à la charge dès novembre et tout est bouclé fin décembre. « Il a demandé quelques jours de réflexion. Pas à cause du choix de Bordeaux mais car il ne se voyait pas partir au milieu de saison », explique aujourd’hui l’un de ses proches. Paulo Sousa, qui le considère comme sa priorité, propose alors d’appeler le joueur pour finir de le convaincre. Finalement, il n’aura pas besoin de le faire.

Prêt à assumer son prix

Mi-janvier, Rémi Oudin débarque au château du Haillan. Avec une étiquette dans son dos. Son prix. Certains considérant que le club a payé trop cher : « C’est simple, c’est le même prix que Samuel Kalu (8.5 millions d’euros) », se défend aujourd’hui un dirigeant bordelais. Selon les informations de 20 Minutes, ce serait un peu plus : 9 millions d’euros (un million versé cet hiver au club rémois et les huit autres l’été prochain).

Un sujet que n’esquive pas Rémi Oudin comme les questions d’après-match où il est l’un des rares avec Benoit Costil à venir toujours répondre : « J’y pense forcément, oui, car c’est mon premier transfert. Maintenant, il faut mettre ça de côté : c’est passé. C’est à moi de prouver sur le terrain ce dont je suis capable. » Après les paroles, les actes.

Déjà comme un poisson dans l’eau ?

Si ses premiers pas furent assez timides dans une équipe girondine en difficulté, le milieu de terrain reste sur un but et une passe décisive lors de ses deux derniers matchs avant de faire son retour dimanche contre Nice (17h) après une petite blessure aux ischios la semaine dernière. De nature assez discrète, Rémi Oudin a été « très bien accueilli notamment par Benoit Costil qui a joué plus que son rôle de capitaine et aujourd’hui, il se sent déjà comme à la maison aux Girondins », confie un ami.

« De toute manière, il fallait qu’il parte de Reims. Il avait fait le tour là-bas et il avait besoin de se remettre en question. C’est une nouvelle étape dans un club d’un autre standing avec une autre pression. A lui de montrer qu’il peut encore aller plus haut… », lance Sylvain Chavanon.

Les Girondins n’en espèrent pas moins. Et en premier lieu Paulo Sousa qui peut compter sur un joueur « qui sait marquer des buts notamment en faisant de très bons appels de balle dans la profondeur et qui a une bonne maîtrise avec le ballon, il peut le garder et défensivement, il presse très bien », détaille l’entraîneur portugais. Si Rémi Oudin reste un joueur polyvalent, Eduardo Macia le trouve « meilleur au poste d’ailier ou en meneur de jeu ». C’est d’ailleurs dans cette position à l’intérieur du jeu qu’il a délivré cette très belle passe à Jimmy Briand…