RC Strasbourg : Quelle est la défense centrale idéale ? Thierry Laurey tâtonne depuis le début de la saison

FOOTBALL L’éclosion du jeune Mohamed Simakan a bouleversé les plans du Racing

Thibaut Gagnepain

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Mohamed Simakan (au premier plan) avait été aligné avec Lamine Koné à Marseille.
Mohamed Simakan (au premier plan) avait été aligné avec Lamine Koné à Marseille. — Daniel Cole/AP/SIPA
  • L’entraîneur du RC Strasbourg a aligné 4 défenses centrales différentes lors des cinq derniers matchs de son équipe. Pourquoi n’a-t-il pas encore trouvé son duo idéal ?
  • Quatre joueurs postulent aujourd’hui pour deux places disponibles : Stefan Mitrovic, Alexander Djiku, Lamine Koné et Mohamed Simakan. Ce dernier n’était pas attendu à un tel niveau de performance en début de saison.
  • Aujourd’hui, Simakan semble avoir une longueur d’avance, peut-être avec Djiku si ce dernier venait à redescendre du poste de milieu défensif où il dépanne actuellement.

Thierry Laurey s’en est énervé quand la question lui a été posée. Mais pourquoi avoir laissé sur le banc son capitaine Stefan Mitrovic, samedi dernier contre Toulouse (4-2) ? « Pourquoi pas ?, a d’abord esquivé l’entraîneur du RC Strasbourg, avant de hausser le ton. « Et Thiago Silva, vous ne l’avez jamais vu en tribunes en train de siroter un coca ? »

Pas en train de consommer, non, mais sur un siège du Parc des Princes, oui. La rotation en défense centrale existe bien ailleurs qu’au Racing. Surtout depuis que le 5-3-2 (ou 3-5-2) de début de saison a été abandonné, au profit du 4-4-2. Sur ses cinq derniers matchs de Ligue 1, l’équipe alsacienne s’est appuyée sur quatre duos différents ! Avec quatre joueurs en concurrence pour les deux postes de la charnière : Stefan Mitrovic donc, Lamine Koné, Alexandre Djiku et… Mohamed Simakan.

« On n’avait pas prévu que Momo allait exploser comme ça »

C’est l’émergence de ce dernier qui a « redistribué les cartes », dixit son entraîneur. « Je vais être honnête : on en est très heureux mais on n’avait pas prévu que Momo allait exploser comme ça. Aujourd’hui, il fait des matchs qu’on peut presque qualifier d’indiscutables », ajoute-t-il, comme pour signifier qu’il tient certainement là son premier titulaire.

Avec qui ? Pour le moment, Alexander Dijku semble hors course. Depuis le déplacement à Amiens le 23 novembre, l’ancien Caennais a été replacé milieu défensif. Où il plaît au staff strasbourgeois. « Il dépanne très bien. Si vous avez besoin d’un dépannage chez vous, appelez-le », confirme Thierry Laurey, avant vite de parler « d’une expérience limitée dans le temps. »

Pourquoi ne pas la prolonger si elle est si convaincante ? « J’ai des accords avec mes joueurs. On fait des deals et je m’y tiens », répond encore le technicien de manière à ménager la susceptibilité de son monde. « Mais je suis persuadé qu’Alex a un avenir à ce poste. Mon rôle n’est pas le convaincre mais qu’il arrive à se convaincre lui-même et qu’il y prenne du plaisir. »

Pour l’instant, ce n’est pas évident. « Moi, je suis défenseur central. J’espère donc jouer à mon poste. Je ne suis pas du tout milieu de terrain, je ne m’y sens pas bien », avait clamé l'intéressé à peine la première expérience tentée. Il n’a pour le moment pas été entendu par son coach. Jusqu’à quand ?

Le naufrage à Brest, c’était avec la paire Mitrovic-Koné

En attendant, la deuxième place semble se jouer entre Mitrovic et Koné. Le Serbe a pour lui sa lecture du jeu et son expérience, quand Koné brille par sa vitesse et ses qualités physiques. Mais leurs dernières apparitions n’ont pas été très rassurantes. Ils étaient par exemple associés lors du naufrage 5-0 à Brest…

« Moi je mettrais Koné avec Simakan, c’est la charnière qui me semble apporter le plus de sérénité », choisit l’ancien défenseur du Racing Cédric Kanté. « Koné vient de marquer contre Toulouse, il est en confiance. Et Simakan semble avoir une autoroute devant lui. »

Celui qui est aujourd’hui consultant pour Canal+ international insiste : il serait temps pour le RC Strasbourg d’installer sur la durée les deux mêmes défenseurs centraux. « Pour qu’une mécanique se crée, que des automatismes naissent, c’est important. » Thierry Laurey aura le dernier mot, dimanche à Bordeaux.