RC Strasbourg: Et si la bonne surprise de la saison s'appelait Simakan ?

FOOTBALL Le jeune défenseur, passé par l'Olympique de Marseille avant de lui tourner le dos, a débuté les deux premiers matches de la saison du Racing. Et il a été bon

Thibaut Gagnepain

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Mohamed Simakan a joué les deux matches contre le Maccabi Haïfa. Ses deux premiers avec le groupe pro du Racing.
Mohamed Simakan a joué les deux matches contre le Maccabi Haïfa. Ses deux premiers avec le groupe pro du Racing. — PATRICK HERTZOG / AFP
  • Mohamed Simakan, 19 ans, est la bonne surprise du début de saison du RC Strasbourg. Il a été titularisé lors des deux premiers matches des Alsaciens cette saison, en Ligue Europa.
  • Le joueur, qui a débuté le foot attaquant, revient de loin. L'an dernier, il a vécu une saison blanche, marquée par deux blessures.
  • Plus jeune, il est passé par l'Olympique de Marseille, où l'aventure s'est mal terminée. Sans contrat aspirant.

Sera-t-il titulaire jeudi à Plovdiv ? Il y a quelques semaines, la question ne se serait même pas posée. Mohamed Simakan était un jeune joueur prometteur parmi d’autres au RC Strasbourg. Depuis, le défenseur a débuté les deux premiers matchs de la saison du Racing. Dans l’axe au match aller du deuxième tour qualificatif de la Ligue Europa contre le Maccabi Haïfa (3-1). Puis comme latéral droit au retour en Israël (1-2).

Résultats ? Deux prestations sérieuses, malgré une erreur de placement sur un but à Haïfa. « Oui, je crois que ç’a été », s’amuse modestement le gaillard d’1,90 m pour 82 kg. Sans trop vouloir se projeter. « Moi, tout le temps de jeu qu’on me donnera, je le prendrai avec plaisir. » Le natif de Marseille, 19 ans, sait d’où il revient. D’une « saison blanche ». L’an dernier à la même époque, il avait été victime d’une rupture des ligaments croisés en plein match amical fin juillet contre La Gantoise. Puis en avril, à peine de retour en compétition, il se blessait à l’épaule.

Demi-frère d’Ismaël Bangoura

« Tout ça est arrivé au pire moment car je sentais que le coach avait confiance en moi et je voulais lui rendre », rembobine-t-il. « J’ai eu des passages où je me disais que ma chance était passée mais ma famille m’a aidé. » Dont le fils de sa mère, un certain… Ismaël Bangoura. L’ancien avant-centre du Mans (2005-2007), Rennes (09-10) ou Nantes (12-16), aujourd'hui en Arabie Saoudite, a toujours été « un modèle » pour Mohamed Simakan.

Malgré leurs quinze ans de différence, les deux échangent beaucoup. « On s’est eu après le match à Haifa et il m’a appelé Lilian Thuram parce que j’avais joué à droite ! », rigole le benjamin, qui avait débuté le foot comme attaquant. « C’est à l’OM qu’on m’a repositionné derrière. On m’a dit que je défendais bien et que j’étais capable de faire des bonnes passes. Je me suis habitué. »

L’OM, une histoire mal finie

Après quatre années d’apprentissage, son passage au sein du club phare marseillais s’est mal terminé en 2014. Sans contrat d’aspirant. « Il y a eu des détails, des promesses qui avaient été faites et ça n’a pas mené à ce qu’on voulait donc je suis parti », justifie-t-il, sans regret.

La suite lui a donné raison, avec deux belles saisons au SC Air Bel, club formateur reconnu dans la cité phocéenne. « En U17 Nationaux, on a fini troisième derrière Toulouse et Monaco, j’étais capitaine, c’est ce qui a fait que je suis venu ici », poursuit l’actuel n°2 du Racing. Cette arrivée à l’été 2017, le directeur du centre de formation du club, François Keller, s’en souvient bien.

« Le nouveau Varane »

« Il avait fait des essais moyens ici mais on l’avait pris en faisant une confiance aveugle à ses formateurs », détaille le technicien. « On a vite compris qu’on avait affaire à un phénomène. Il cassait la baraque ! Je l’ai mis en Nationale 3 et même là, je trouvais que c’était trop petit pour lui. Bon, j’aime bien comparer mais je me suis dit qu’on tenait le nouveau Varane. Il était athlétique, dégageait de la puissance et de la sécurité tout en étant dans la décontraction. »

Avec une qualité supplémentaire qui a marqué François Keller : son leadership. Qu’il n’a pas perdu chez les pros. « Oui, j’aime bien communiquer sur le terrain, confirme l’intéressé. C’est aussi pour ça que j’aime bien jouer défenseur central parce que tu vois un peu tout le jeu et tu peux parler. » Même quand tes partenaires s’appelent Lamine Koné ou Stefan Mitrovic et ont beaucoup plus d’expérience que toi ? « Quand je vois quelqu’un qui n’a pas son joueur, je lui dis », répond avec le sourire Mohamed Simakan. « Les anciens du vestiaire me disent que c’est bien. »

Avec les retours d’Anthony Caci et de Kenny Lala, tous les deux à l’entraînement mardi matin, il pourrait bientôt retrouver le banc ou la tribune. Sous contrat pro jusqu’en juin 2022, le joueur ne s’en inquiète pas. D’autres ont déjà débuté la saison avec son statut avant d’en changer, à l’instar de Caci. « J’espère avoir le plus de temps de jeu possible pour montrer mes capacités, conclut-il. Moi, je travaillerai et je verrai ce que le coach me réservera. » Peut-être une troisième titularisation d’affilée, jeudi soir en Bulgarie.