RC Strasbourg: Thierry Laurey est-il indéboulonnable ?

FOOTBALL Sept mois après le triomphe en Coupe de la Ligue, l’entraîneur vit une crise de résultats avec le Racing. Au point d’être menacé ?

Thibaut Gagnepain

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Thierry Laurey.
Thierry Laurey. — JOHN SPENCER/SIPA
  • Arrivé à l’été 2016, Thierry Laurey a rarement été autant en difficulté à Strasbourg.
  • Pour le moment, son historique avec le club alsacien le préserve d’un possible licenciement ; Mais pas sûr que ça dure encore très longtemps.
  • Des sifflets pourraient tomber des gradins de la Meinau, samedi en cas de contre-performance face à Nice.

« Les grands connaisseurs du football vont faire des critiques, je l’entends bien. » Après la défaite à Marseille dimanche (2-0), Thierry Laurey a ouvert de lui-même le parapluie. Le coach du RC Strasbourg pouvait difficilement faire autrement : son équipe est dernière de Ligue 1 avant d’accueillir Nice samedi (20h).

Finis les joies du printemps et de l’été. Le triomphe en Coupe de la Ligue puis la campagne de qualifications à la Ligue Europa, achevée avec les honneurs à Francfort, sont loin. L’automne est rude pour les partenaires de Stefan Mitrovic, avec neuf points pris en dix journées. Leur bilan est encore pire quand on le regarde de près : six buts inscrits, douze encaissés et un parcours chaotique à l’extérieur où ils n’ont décroché qu’un petit match nul en cinq sorties. Sans jamais marquer !

Beaucoup d’entraîneurs n’auraient pas résisté à ça. Trois ont déjà sauté cette saison en Ligue 1 : Ghislain Printant, Alain Casanova et Sylvinho. Le quatrième peut-il être Thierry Laurey ? La question commence doucement à affleurer en Alsace. Très doucement.

« Les temps ont bien changé », rigole l’ancien titulaire du poste, Jacky Duguépéroux. « Je me souviens que même en National, quand on n’était pas bon, on était critiqué. Là, je suis surpris par la passivité de la presse régionale. Pour l’instant, il y a un vrai blanc-seing. Tant mieux pour ceux qui bossent au club, c’est plus facile ! »

« Il n’y a pas de raison de paniquer »

La pression ne vient pas non plus des supporters. Des « Laurey démission » circulent bien sur les réseaux sociaux mais sont loin d’être majoritaires. « On n’a pas la volonté de le voir partir », confirme Philippe Wolff, le président de la Fédération des supporters du RCS, qui regroupe près de 2.500 fans. « Son bilan est plus que positif depuis son arrivée en 2016, avec une montée, un titre et deux maintiens. Thierry Laurey a déjà eu des soucis et a toujours su trouver des solutions. Il n’y a pas de raison de paniquer, on n’est pas décroché au classement. »

Un avis partagé par un représentant d’un autre groupe, « ABC », pour « Allez les Bleus, champions ». « Il n’y a pas si longtemps, le club était mort. On revient de tellement loin qu’on a appris à relativiser, explique-t-il, en référence à la relégation administrative du RCS en CFA 2 (5e division) à l’été 2012. « Mais c’est sûr qu’il va maintenant falloir vite gagner sinon… »

Sinon les sifflets pourraient tomber des gradins de la Meinau dès samedi contre Nice. Pour le moment, ils ont été rares voire inexistants puisque le Racing reste sur deux victoires d’affilée dans son antre. En cas de fronde, que ferait alors le président Marc Keller ? Impossible de lui poser la question cette semaine, il n’est « pas disponible ».

« Il n’y aura pas de coup dans le dos »

« Le binôme qu’il forme avec son entraîneur me semble très solidaire. C’est bien, c’est la clé de la réussite, réagit Jacky Duguépéroux. Mais si Marc doit prendre une décision forte, il le fera. Il l’a déjà fait avec son frère (François) en 2014. Mais je suis sûr qu’il n’y aura pas de coup dans le dos. »

Le technicien sait de quoi il parle. En 1998 et 2005, il avait dû quitter le Racing. A chaque fois moins d’un an après avoir soulevé… la Coupe de la Ligue.