FC Nantes : Dans les coulisses du transfert raté d’Islam Slimani chez les Canaris

FOOTBALL Le FCN accueille Monaco, vendredi, à la Beaujoire. Une formation de la Principauté dans laquelle brille Islam Slimani, un attaquant qui a vraiment failli être Nantais

David Phelippeau

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Islam Slimani.
Islam Slimani. — Elyxandro CEGARRA/SIPA
  • Vendredi soir, à la Beaujoire, le FC Nantes va affronter Monaco avec dans ses rangs Islam Slimani, un attaquant qui avait failli signer chez les Canaris en 2013.
  • « 20 Minutes » a enquêté sur les raisons de l’échec des négociations avec le clan du buteur algérien en 2013.

Témoignages anonymes, versions divergentes sur les faits et les chiffres… Il n’est pas simple de démêler le vrai du faux de l’épisode de 2013 de la non venue au FCN d’ Islam Slimani, qui sera à la Beaujoire vendredi (20h45) avec Monaco.

Mercato estival 2013, le FC Nantes, qui remonte dans l’élite, s’est mis en quête d’un buteur pour renforcer son attaque dans l’optique de la Ligue 1. Islam Slimani, irrésistible en L1 en ce moment (cinq buts et sept passes décisives), est très vite LA priorité de l’entraîneur nantais de l’époque Michel Der Zakarian. « Tout le monde avait validé en interne ce joueur », se souvient un ancien salarié du FCN. A 25 ans, Slimani brille non seulement avec son club algérien du CR Bélouizdad, mais surtout avec les Fennecs [il finira meilleur buteur de la zone Afrique des éliminatoires du Mondial 2014]. Au point que  Vahid Halilhodzic, alors sélectionneur de l’Algérie, le recommande au FCN. La direction décide alors de passer la vitesse supérieure au niveau des négociations.

Une grande délégation se pointe au bureau de Waldemar Kita

Après avoir obtenu difficilement son visa pour pénétrer sur le sol français, l’Algérien débarque le lundi 29 juillet dans les bureaux parisiens du FCN. Le président Waldemar Kita et son fils Franck, directeur général délégué, ont la drôle de surprise de voir arriver une délégation plus importante que prévu. Slimani est accompagné de son agent Youssef Chouckri. Sont aussi présents entre autres un duo franco-algérien, Jean-Louis Bérenguier (ancien joueur) et Yahia Hamri, défendant les intérêts du club du joueur, et le président de la ligue professionnelle algérienne, Mahfoud Kerbadj.

Les discussions portent surtout sur le statut contractuel du joueur. Libre ou pas libre ? L’agent aurait affirmé à la direction du FCN que son poulain n’était plus lié au club de Bélouizdad. Ce que démentent formellement à l’époque les représentants du club et le président de la ligue pro algérienne. Pour s’offrir Slimani, Nantes doit en fait régler 300.000 euros. « Le président Kita a proposé 100.000 euros payables en deux fois pour l’année de contrat qu’il restait au joueur, se souvient Mahfoud Kerbadj. Mais, de toute façon, les dirigeants nantais ne croyaient pas aux qualités de Slimani. Ils ne croyaient pas en son niveau international. » Une autre source présente à la réunion confirme qu’au fil des heures de discussion les dirigeants du FCN auraient freiné des quatre fers sur ce dossier.

L’affaire Bangoura quelques semaines avant

Une attitude peut-être provoquée et justifiée par l’affaire Bangoura qui avait secoué le club quelques mois auparavant. A l’époque, le FCN voit juste le bout du tunnel d’une interdiction de recrutement de deux ans pour avoir recruté l’attaquant Ismaël Bangoura alors qu’il était encore officiellement sous contrat avec une autre formation. L’incertitude quant à la situation contractuelle de Slimani rappelle le passé tumultueux récent et refroidit le clan Kita.

Sur le salaire proposé, les versions diffèrent. Mahfoud Kerbadj parle « d’un salaire minable de 10.000 euros » alors qu’une autre source assure que le joueur avait fait le déplacement pour rencontrer Nantes parce qu’il était « tombé d’accord avec les Kita sur le plan salarial, un salaire très correct même.». Selon nos informations, WK aurait proposé à l'époque 35.000 euros.

Personne au rendez-vous le lendemain

Après des longues heures de palabres, le camp algérien aurait prétexté en fin de journée un gros coup de pompe dû au décalage horaire et au ramadan pour aller se reposer à l’hôtel. « Non, c’est le FCN qui a mis fin aux négociations car le président Kita voulait aller dîner avec sa femme », affirme de son côté un témoin de la scène. Les différentes parties se donnent toutefois rendez-vous le lendemain matin au même endroit. Mais, dans la nuit, rebondissement : le Sporting Lisbonne passe à l’offensive pour Slimani. Sans prévenir, l’Algérien ne se présente pas au deuxième rendez-vous avec les Kita et prend la direction du Portugal pour s’y engager quelques jours plus tard pour quatre ans.

Non convaincu par l’offre portugaise à ses prémices, « le joueur était pourtant prêt à revenir à Nantes», raconte toujours cet acteur majeur des négociations. Lequel se souvient avoir même relancé le président Kita au téléphone. « Il m’avait répondu que c’était fini… » Définitivement fini.