Bordeaux : Cette « Academy » du PSG qui fait beaucoup parler au pays des Girondins (et pas qu’en mal)

FOOTBALL Le club de la capitale profite du terrain abandonné par des Girondins en pleine restructuration pour se développer en province. Et ça ne fait pas que des heureux.

Clément Carpentier

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Pauleta avec les enfants de l'académie du PSG à Mérignac.
Pauleta avec les enfants de l'académie du PSG à Mérignac. — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • Le PSG a ouvert l’une de ses académies à Mérignac près de Bordeaux il y a un an. Elle accueille 120 jeunes à l’année.
  • Cette implantation révolte certains supporters qui regrettent l’absence des Girondins sur ce terrain et le manque de culture club autour des Marine et Blanc.
  • La direction bordelaise après avoir restructuré l’académie du club espère maintenant nouer des partenariats avec des clubs de la région.

Sourire jusqu’aux oreilles, Pedro Miguel Pauleta s’amuse comme un gamin à l’image de ses coéquipiers du jour : 120 enfants de « Academy » du Paris Saint-Germain installé dans la région bordelaise. Depuis l’année dernière, l’Urban Soccer de Mérignac en partenariat avec le PSG a en effet ouvert sa propre structure.

« On a une vingtaine d’académies en France dont neuf en province (Grenoble, Montpellier, Dijon, Lille, Clermont, Angers, Strasbourg, Toulouse et Bordeaux) et dans le monde, nous sommes implantés dans 14 pays », explique Fabien Allègre, le directeur de la « diversification » de la marque PSG. Lancé en 2010, le projet dont l’ancien attaquant bordelais et parisien est aujourd’hui l’ambassadeur accueille plus de 10.000 jeunes chaque saison dans l’Hexagone.

Une expérience et un coup d’œil

Il a pour grand objectif de « faire vivre une expérience PSG aux jeunes fans du club » et certains peuvent donc la vivre avec Pauleta l’espace d’une journée : « Même si ça fait bizarre d’être ici à Bordeaux avec ce maillot, ça me fait énormément plaisir de partager ces moments avec les enfants. C’est un honneur pour moi. Tous les grands clubs ont ce genre de structure. Il faut développer et faire grandir Paris. »

Et puis qui sait, peut-être qu’un jour le jour le futur Messi, Ronaldo ou Mbappé sera passé par là. Julien Bacinello, le responsable du centre de Mérignac, rappelle tout de même que « ce n’est pas priorité mais c’est vrai qu’il y a parfois des joueurs qui intègrent les équipes de jeunes du club et certains sont même devenus pros comme Alec Georgen et Lorenzo Callegeri. » Filles, garçons, personnes en situation de handicap… L’académie accueille tous les enfants de 5 à 15 ans pour environ 300 euros l’année (32 entraînements).

Où sont les Girondins dans cette affaire ?

Une académie qui fait évidemment pas mal parler d’elle au pays des Girondins. Le tribunal Twitter s’en est emparé depuis quelques semaines. Certains supporters bordelais allant jusqu’à demander le boycott de l’Urban Soccer alors que d’autres en appelle au club. Mais la parole la plus sage et peut-être la plus juste est sûrement celle de Romain Manci, l’un des leaders historiques des Ultramarines :

Moi ce qui me choque là-dedans, c’est pourquoi les Girondins ne le font pas ? Le PSG profite du terrain abandonné par le club car c’est comme ça qu’on développe un sentiment d’appartenance à une équipe dès le plus jeune âge. Le club ne fait plus grand-chose pour créer une culture autour des Girondins. Regardez, il n’y a même pas un bar partenaire du club en ville et les vitrines des commerces s’affichent aux couleurs des adversaires. »

Si les nouveaux dirigeants ont lancé un plan RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), cela reste beaucoup trop insuffisant pour les supporters. « Il y a un manque d’implication pour exporter le club. Il s’est renfermé sur lui-même ces dernières années. On avait par exemple émis l’idée avec Stéphane Martin (ancien président des Girondins), il y a quelques années, de départs en bus dans les grandes villes de la région pour vivre voir les matchs… », ajoute Romain Manci. De son côté, l’Urban Soccer de Mérignac avait sollicité les Girondins avant de se tourner vers le PSG selon nos informations.

Le club tente de rattraper son retard comme il peut

Il faut dire que Bordeaux part de loin, de très loin. Le club a inauguré sa propre « Academy » il y a seulement un an au moment du rachat. Depuis, les nouveaux propriétaires américains ont décidé de repartir de zéro à tous les étages. Et en premier au niveau du sportif avec beaucoup de nouvelles têtes : « Nous avons restructuré notre académie sous la direction de Souleymane Cissé (le directeur technique). Avec Ollie Waldron (responsable du scouting et du recrutement), ils coordonnent nos réseaux de surveillance pour les jeunes joueurs. On a aussi mis en place tout un nouveau processus aligné sur la façon dont évolue l’équipe professionnelle », souligne Eduardo Macia, le directeur du football.

Reste maintenant à (re) partir à la conquête d’un immense terrain trop souvent abandonné hors du Haillan comme le montre l’implantation de cette académie du PSG. A ce sujet, la direction du club négocie pour conclure des partenariats avec d’autres clubs de la région, mais « nous n’avons pas encore décidé » précise un proche du dossier à 20 Minutes. Pourtant, il serait peut-être temps car du retard, les Girondins en ont déjà pris. Et beaucoup.