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Juninho invite Aulas à « prendre la meilleure décision » sur Sylvinho

OL-FC Nantes : « C’est au président Aulas de prendre la meilleure décision », Juninho ne tranche pas le sort de Sylvinho

FOOTBALLLe directeur sportif lyonnais ne s’est pas caché, ce samedi après le nouveau couac subi par l’OL (0-1 contre le FC Nantes)
Au Parc OL à Décines, Jérémy Laugier

Au Parc OL à Décines, Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’OL n’a pas remporté le moindre match depuis le 16 août (6-0 contre Angers), et sa nouvelle contre-performance, ce samedi face à Nantes (0-1) a plongé pour de bon le club dans la crise.
  • Pour la première fois depuis le début de la saison, Juninho s’est présenté devant les médias pour évoquer avec franchise cet inquiétant début de saison.
  • Au sujet de son compatriote brésilien Sylvinho, un jeune entraîneur qu’il a choisi, « Juni » assure que son maintien ou non à la tête de l’OL ne dépend que de Jean-Michel Aulas.

Dire que vendredi, Juninho est rentré « beaucoup plus serein et tranquille » chez lui, après avoir échangé pendant plus d’une heure avec les joueurs au moment de l’entraînement. « Je pensais qu’on allait voir un autre visage contre Nantes », avoue le nouveau directeur sportif de l’OL. Certes, les Lyonnais ont obtenu nettement plus d’occasions ce samedi que face au Zénith, au PSG ou encore à Brest. Mais l’ensemble reste très insuffisant et un grand Alban Lafont (six arrêts majeurs) tout comme un csc gag de Fernando Marçal (59e) ont entraîné un nouveau couac (0-1).

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Dans une vidéo de 20 secondes publiée la veille sur Twitter, l’ancien maestro de l’intouchable OL des années 2000 avait déjà mieux cerné les maux de son équipe que Sylvinho dans l’intégralité de ses conférences de presse. Alors en s’arrêtant pendant dix minutes après le revers contre Nantes, et ce pour la première fois de la saison, « Juni » a dressé un bilan sans concession de ce Lyon en crise (aucun succès depuis sept matchs).

« Notre envie au début était d’amener plus de pression sur les adversaires, d’être plus haut et de jouer avec plus d’envie physique. Mais on n’a pas réussi à le faire à part sur les deux premiers matchs. Ce qu’on fait avec le ballon est très très pauvre. Et quand on n’a pas le ballon, j’ai la sensation que n’importe quel adversaire, quel que soit son niveau, est capable de nous faire mal à chaque fois. C’est très dur d’accepter cela. » »

« Malheureusement, le message de Sylvinho ne passe pas à 100 % »

Il faut l’avouer, on n’aurait pas été plus dur que lui pour juger cette équipe, si souvent perdue depuis ses coups d’éclat initiaux à Monaco (0-3) et surtout contre Angers (6-0). Une série calamiteuse ne pouvant que fragiliser Sylvinho, qui a semblé joué son va-tout en fin de partie samedi avec un improbable 3-3-4, dont deux latéraux (Dubois et Marçal) dans les trois défenseurs axiaux. « C’est un bosseur attaché à tous les détails, mais malheureusement son message ne passe pas à 100 %, concède Juninho. Le seul reproche que je fais au coach, c’est d’avoir mis un peu de temps à faire tourner l’équipe, à donner un peu plus d’opportunités à certains joueurs. »

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La veille, il avait reconnu sur OLTV « des petites embrouilles » avec son compatriote, qui a surtout validé la « situation de crise » pour son club lors de sa conférence de presse d’après-match ce samedi. Mais pas question pour Juninho de se désolidariser d’un jeune entraîneur (45 ans) dont c’est la première expérience en tant qu’entraîneur principal. « C’est moi qui ai choisi le coach donc je prends bien sûr mes responsabilités, rappelle-t-il de lui-même. Je ne dis pas qu’il faut changer [d’entraîneur]. » Car s’il y a pile quatre mois, lors de la présentation du binôme do Brasil devant la presse, Jean-Michel Aulas avait clairement annoncé que son directeur sportif providentiel avait « tous les pouvoirs sportifs », ce dernier a placé samedi l’avenir de Sylvinho totalement entre les mains de JMA.

« Même si j’ai une histoire avec le club, j’ai déjà dit au président que c’est à lui, en tant que patron, de prendre la meilleure décision pour l’institution. Il n’est pas content non plus, bien sûr, et on verra quelle décision il va prendre. » »

« L’attitude du groupe en général n’est pas bonne »

Celle-ci pourrait néanmoins être influencée par « les discussions en tête à tête » qu’il prépare avec « Juni » à partir de ce samedi soir, autant que par un calendrier bien serré, avec un enchaînement des plus costauds, entre un match de Ligue des champions à Leipzig mercredi puis le derby dans le Chaudron dimanche. Un licenciement de Sylvinho est-il donc vraiment dans l’air selon lui ?

Juninho s'est pour la première fois de la saison présenté devant les médias juste après un match de l'OL, ce samedi.
Juninho s'est pour la première fois de la saison présenté devant les médias juste après un match de l'OL, ce samedi. - Jérémy Laugier/20 Minutes

« Je ne peux pas dire à 100 % que oui mais quand tu es sur une série où tu ne gagnes pas, où tu ne produis pas de jeu et où tu ne donnes pas satisfaction à tes supporters… Mais je ne pense pas que ce soit seulement la faute du coach. On fait partie d’un staff. C’est vrai que le coach est en première ligne car c’est la loi du foot. Mais ça ne serait pas juste de ne pas penser à tout un staff qui est là depuis un bon moment et qui doit assumer son rôle. Nous sommes tous ensemble. » D’ailleurs, irait-il jusqu’à lier son avenir à celui de Sylvinho ? C’est à cette question qu’il a mis plusieurs secondes avant de lâcher : « Pas à 100 % ». Et ce avant de poursuivre son diagnostic sans filtre de ses troupes, ce qui nous change sacrément de l’ère Bruno Genesio. Jugez plutôt :

« On ne voit pas de tacle ni de partenaires faisant des efforts ensemble. Là, un joueur presse et l’autre arrive avec un temps de retard. On n’arrive pas à contrôler un match pendant trois minutes pour faire reculer l’adversaire. On a l’habitude d’avoir un groupe avec des joueurs qui réclament souvent [du temps de jeu]. L’attitude du groupe en général n’est pas bonne quand des choix sont faits. A nous tous de nous remettre en question. » »

« C’est un moment où les joueurs doivent prendre leurs responsabilités »

Autant vous dire que pour « Juni », qui n’imagine pas déjà « lâcher », cette remise en question n’a pas attendu le nouveau fiasco contre Nantes pour être faite. Si seulement un joueur, la recrue de 21 ans Jeff Reine-Adélaïde, a accepté de s’arrêter devant la presse après la rencontre, Memphis Depay s’est exprimé au micro de Canal +. « La chance n’est pas de notre côté, pointe l’attaquant néerlandais, malheureux face à Alban Lafont. Cela n’a rien à voir avec le staff ou le coach. C’est un moment où les joueurs doivent prendre leurs responsabilités. On s’est parlé vendredi, nous sommes restés soudés et nous avons essayé de faire ce qu’il fallait. Mais aujourd’hui, c’est un résultat invraisemblable. »

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Plusieurs joueurs comme Memphis Depay, mais aussi Anthony Lopes, Houssem Aouar, Léo Dubois, Lucas Tousart et Fernando Marçal sont allés assumer pendant quelques minutes leur faillite collective du moment auprès des deux virages du Parc OL. Les groupes de supporters cherchent jusqu’ici davantage à les soutenir qu’à les enfoncer. Mais Juninho s’est livré à un dernier constat implacable : « Est-ce qu’on a un leader sur le terrain ? Je cherche… » Nous aussi, « Juni ».